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Téléphoner en conduisant ralentit le cerveau

Contrairement à ce que croient encore trop de conducteurs, téléphoner au volant — ou au guidon, d’ailleurs — n’est absolument pas anodin. Une étude universitaire de neuropsychologie tend, une fois de plus, à prouver les dangers de la pratique. Extrait.

 
 
Téléphoner en conduisant ralentit le cerveau

« Lorsqu’on téléphone en conduisant, le cerveau est placé dans ce qu’on nomme une situation de "tâche double" : il doit effectuer deux actes de décision simultanés. D’une part, il lui faut choisir des mots pour répondre à son interlocuteur, et, d’autre part, sélectionner les gestes adaptés à une signalisation ou à la présence d’autres voitures. Cette double tâche lui est impossible. »

Téléphoner en conduisant est bien dangereux. En cause, la zone du cortex préfrontal latéral postérieur, qui ne peut gérer deux tâches à la fois.

Les informations se bousculent

L’explication est la suivante : les deux flux d’informations (mots de la conversation et signalisation routière) se bousculent à l’entrée d’une zone du cerveau trop étroite pour les accueillir simultanément. Cette zone a été identifiée par une équipe de neuropsychologues de l’Université de Nashville, dans le Tennessee. Elle se nomme cortex préfrontal latéral postérieur (au-dessus des sourcils). Lorsque vous téléphonez en conduisant, les informations sur l’état du trafic et le contenu de votre conversation se retrouvent à l’entrée de cette aire cérébrale, et ne peuvent y entrer en même temps.

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Références :

(P. Dux et al. "Isolation of a central bottleneck of information processing with time-resolved FMRI", in Neuron, vol. 52, p. 1109, 2006 - Cité par Cerveau & Psycho N° 20)

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Sécurité routière - Sécurité
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Paul Dux, l’auteur de cette étude, a identifié ce « goulot d’étranglement » de l’information, en observant l’activité cérébrale de personnes soumises à une double tâche, semblable à celle du portable au volant. Les participants à cette expérience étaient placés devant deux boutons et devaient appuyer sur celui de gauche ou celui de droite, en fonction du son qu’émettrait l’ordinateur.

S’ils entendaient un son de cloche, ils devaient appuyer sur le bouton de gauche. S’ils entendaient un bruit de moteur, ils devaient appuyer sur le bouton de droite. Mais quelques fractions de secondes après l’émission du son, une image apparaissait sur l’écran, représentant par exemple une vache, une maison ou une automobile. Ils devaient dire le plus vite possible ce que représentait l’image.

Cortex préfrontal : une seule chose à la fois, SVP

Comme ils étaient déjà engagés dans la première tâche (appuyer sur un bouton en fonction du son entendu), leur cerveau mettait plus de temps à réaliser la seconde tâche, à savoir, nommer l’image apparaissant sur l’écran.

Les neuropsychologues ont observé l’activation du cortex préfrontal latéral postérieur, et ont constaté que cette activité durait d’autant plus longtemps que les volontaires mettaient plus de temps à réaliser la première tâche. Cela signifiait que leur cortex préfrontal devait attendre la fin de la première tâche pour commencer la seconde : il ne peut pas réaliser deux tâches à la fois.

Voilà pourquoi, lorsque vous êtes en train de parler à quelqu’un au téléphone, votre cerveau doit attendre que vous ayez terminé votre phrase pour prendre la décision de freiner si le feu est rouge… »

On déduira fort logiquement que le fait d’utiliser un « kit main libre » ne change pas grand-chose au problème, le cerveau devant effectuer la même « tâche double » précitée.

Grégoire Acerra - 27/03/2007

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