En définitive, la taxe carbone n’aurait eu d’impact que sur les carburants et les produits de chauffage. Une vraie inégalité pour les citoyens, dénoncée notamment par la FFMC. Les motards en colère appelaient, depuis le 12 novembre 2009, à une mobilisation générale. Ils dénonçaient la création d’un « nouvel impôt qui est principalement supporté par les particuliers dont le pouvoir d’achat est déjà largement affecté par la crise actuelle, et qui ne disposent d’aucunes alternatives crédibles, ni pour se chauffer ni pour se déplacer. »

La taxe est donc purement et simplement annulée. Dans le petit monde politique, les déclarations n’en finissent plus de pleuvoir.

A gauche, on se frotte les mains
La mort prématurée de la taxe carbone a fait des heureux à gauche. Depuis hier soir, l’opposition jubile. Martine Aubry parle d’un « revers majeur pour Nicolas Sarkozy ». Ségolène Royal se réjouit de cette « bonne nouvelle pour le pouvoir d’achat des Français et contre la pression fiscale intolérable exercée par le gouvernement ».

La palme de l’acidité revient à Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale qui, sans remettre en cause la légitimité écologique, en profite pour tacler frénétiquement Nicolas Sarkozy : « La belle idée de construire une fiscalité écologique est aujourd’hui ruinée par la frénésie électoraliste du président de la République. Échec au sommet de Copenhague, échec sur la taxe carbone. C’est un beau gâchis. M Sarkozy parle fort mais enchaîne les revers. »

Au gouvernement, on ne lâche rien
A peine le temps de se retourner, et c’est la droite qui s’éveille ce matin sur les ondes. Le même discours fait échos dans tous les médias : « Le Conseil constitutionnel pense qu’il faudrait qu’il y ait beaucoup moins d’exemptions, eh bien nous suivrons le Conseil constitutionnel », a annoncé Hervé Novelli sur Europe 1.

Luc Chatel, porte-parole du gouvernement, fait aussi passer le message sur LCI : « Le gouvernement va persévérer. C’est un combat difficile mais nécessaire. »

La taxe carbone est donc loin d’être enterrée. François Fillon est monté au créneau dès hier soir. Le Premier ministre a annoncé qu’un nouveau dispositif sera présenté le 20 janvier au Conseil des ministres. Revisitée, avec sans doute moins d’exonérations, la taxe carbone sera la priorité du gouvernement pour ce début d’année.

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