Le contrôle technique "moto" annoncé ce jeudi 18 février par le Premier ministre, François Fillon, ne concerne pour l’instant que les cyclomoteurs et scooters de 50 cm3. Pour l’instant…
« Nous souhaitons lutter contre le débridage des cyclomoteurs, qui est généralisé et met en danger les conducteurs, souvent de jeunes adolescents », justifiait, le
18 février à Matignon, Michèle Merli, déléguée interministérielle à la sécurité routière. Quelques minutes plus tôt, le Premier ministre François Fillon annonçait la création d’un contrôle technique bisannuel sur les 2-roues de 50 cm3. Ce, deux ans jour pour jour après avoir évacué le contrôle technique deux-roues en raison d’un dossier mal préparé !
Cette initiative intervient dans le volet « sécuriser l’usage du deux-roues motorisé » du dossier préparé par le Conseil interministériel de sécurité routière (CISR) qui s’est tenu ce jeudi.
Au prétexte qu’en 2009, les deux-roues motorisés (2RM) ont représenté 28 % des tués sur les routes de France, et qu’en 2008, 313 personnes tuées sur la route étaient des usagers en 50 cm3, le gouvernement accroît encore son arsenal répressif en touchant les plus jeunes au porte-monnaie.
Mais ces messieurs ils s’en foutent de la sécurité des gamins, s’ils ne proposent que le CT pour eux : s’ils y faisaient vraiment attention, ils oeuvreraient pour une meilleure formation, en partenariat avec les principaux intéressés parmi les partenaires existants, comme les motards assureurs de (...)

Il n’a pas été donné plus de détails sur l’application d’une telle mesure ; la Direction à la circulation et à la sécurité routières (DSCR) précise seulement que le contrôle sera effectué dans les centre de CT automobile. Son coût avoisinerait les 30 euros, et sa périodicité serait bisannuelle.
Autre mesure annoncée, prévue celle-là : la confiscation des véhicules en cas de « très grand délit routier » (très grand excès de vitesse, très grande alcoolémie…) pourra être ordonnée par le préfet de département. Le procureur de la République, donc le système judiciaire, est court-circuité.
Cette mesure de confiscation est intégrée au projet de loi de sécurité intérieure Loppsi 2, qui est actuellement en discussion entre Assemblée nationale et Sénat. Elle sera applicable très rapidement si aucun groupe d’élus ne souhaite la retirer.
Les panneaux indiquant les radars automatiques fixes ne seront plus à 400 mètres en amont, mais à près d’un kilomètre de la boîte grise. Dès 2011, le panneau indiquera une zone de contrôle radar (avec peut être un dispositif mobile en aval du fixe) et incitera donc le conducteur à conserver une vitesse moyenne respectueuse de la limitation, plutôt que d’effectuer un freinage au droit de la boîte flasheuse.
On n’ose imaginer les incompréhensions dans les zones fortement urbanisées où les limitations de vitesse changent tous les 500 mètres… Du pain bénit pour les caisses de l’État ! Cette notion de zone de contrôle prépare le terrain aux « radars tronçons », qui apparaîtront en 2011 et contrôleront la vitesse moyenne des véhicules sur plusieurs kilomètres de distance…
Derrière ce très fort volet lucrativo-répressif, le gouvernement a pris certaines mesures qui vont dans le sens de la formation. Il sera bientôt obligatoire à un automobiliste de suivre sept heures de cours avant de conduire un 125 cm3, sans examen final. Le stage actuel n’est que de trois heures. Cette disposition était évoquée par la FFMC lors de la concertation autour des 2RM en 2009.
Le gouvernement envisage également « l’utilisation de matériaux moins rigides pour les supports de signalisation, d’éclairage routier ou de feux tricolores ». Cela permettra, en cas d’accident, « d’amortir le choc et de réduire la gravité des conséquences ». La mesure, dont le déploiement est prévu en 2011, est annoncée comme favorable à la sécurité des 2RM.
À notre connaissance, aucun dispositif de panneautage n’est encore capable de céder en cas de choc avec un motocycliste. Nous doutons donc d’une application de cette mesure en 2011, compte tenu des délais liés aux travaux de recherche nécessaires.
Verdict. Ces premiers pas vers une prise en compte des deux-roues à moteur dans la sécurité routière n’occulte toutefois pas la tonalité répressive des mesures. Moins de signalisation des radars, la confiscation des véhicules, un accroissement des sanctions et un contrôle technique cyclo… De quoi remplir encore les caisses de l’État au prétexte de la sécurité routière.
Nicolas Grumel - 18/02/2010
Depuis le 1er février, le tarif autoroutier augmente de 2,5 %, en moyenne dans l’Hexagone. Les exploitants privés expliquent que c’est l’administration qui fixe le barème. Mais ils profitent aussi de la situation…
Le député UMP de la Loire, Yves Nicolin, vient de proposer un contrôle technique pour le deux-roues à moteurs de plus de 50 cm3. Et bien non ! c’est pas une blague ! Une simple proposition de loi qui intervient dans le cadre de la lutte contre le bruit.
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Fin février 2012, la Sécurité routière remettra sa feuille de route sur la mise en place des limiteurs s’adaptant à la vitesse autorisée (Lavia) à Nicolas Sarkozy. Un mois avant la remise de ce rapport, la polémique gronde déjà...