Conséquence de la baisse d’activité enregistrée en 2008, ou développement plus onéreux que prévu d’une nouvelle gamme de véhicules électriques ? Toujours est-il que lâché par sa principale banque, qui a refusé d’échelonner les encours de ses différents fournisseurs, Scorpa a d’abord vu sa production bloquée faute d’approvisionnement en pièces détachées. Avant d’être finalement contraint, le 16 janvier 2009, de se déclarer en cessation de paiement auprès du Tribunal de commerce de Nîmes.
Placé en redressement judiciaire, le fabricant français de motos de trial dispose désormais d’une période d’observation de six mois, synonyme de reprise d’activité.
Quand bien même il affirme disposer d’un carnet de commandes bien rempli, notamment à l’export où il réalise près de 60 % de son chiffre d’affaire, le conseil d’administration de Scorpa est désormais entré en discussion avec d’autres sociétés du secteur, ainsi que des groupes financiers susceptibles de devenir des actionnaires de référence.
Mais là, il est d’ores et déjà question de transférer la production hors de l’Hexagone, rentabilité maximale oblige ! Un sacré coup dur pour les employés du site de Saint-Martin-de-Valgalgues (Gard), qui grâce à leur sérieux et leur capacité d’innovation bénéficiaient jusque-là du soutien sans faille du motoriste Yamaha.
Tandis que les financiers obtenaient la suspension de la cotation du titre Scorpa sur le marché boursier Nyse Euronext, ces mêmes employés mettaient en place un site Internet pour soutenir leur entreprise.
Didier Bouard (20/01/2009)
Pourquoi ne pas dévoiler le nom du banquier, puisque maintenant il n’y a plus que comme ça que les gens réagissent. La menace d’un boycot de cette banque pourrait l’inciter à revoir sa copie, non ?...