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Scission des Millevaches : Jean, fidèle entre les fidèles Scission des Millevaches : Philippe, un temps déboussolé Scission des Millevaches : Jacques change de route Scission des Millevaches : polémique autour du nom

D’un côté la concentration officielle, organisée sur le plateau de Millevaches, en Corrèze, par le moto-club de Meymac. De l’autre l’Authentic, initiée par le moto-club pirate « Les Millevaches », en un lieu encore tenu secret du parc naturel des volcans d’Auvergne…

Inutile d’insister sur les raisons de cette scission, détaillées en page 8 de Moto Magazine n°302 (novembre 2013). Intéressons-nous plutôt aux réactions des principaux intéressés : les quelque 4 000 motards prêts à braver le froid pour se rendre cette année encore sur cette fameuse hivernale. Oui, mais laquelle ?

En mai dernier a commencé à circuler sur Internet l’affiche de la nouvelle manifestation, semant le trouble dans les esprits. La réaction enthousiaste des uns n’a pas manqué d’agacer les autres, ouvertement indignés de l’exploitation jugée abusive du nom « Millevaches ».

Puis les esprits se sont carrément échauffés sur les forums et les réseaux sociaux, où l’on a même pu lire une correspondance privée manifestement détournée de son contexte. Mais à ce moment-là, beaucoup avaient de toute façon déjà choisi leur (feu de) camp.

Fidèles

Pour Jean par exemple, le choix a été d’autant plus facile… qu’il n’était au courant de rien : « J’ai découvert ce pataquès récemment et je dois avouer que vu de l’extérieur, il reste incompréhensible. Mais il ne faut pas se faire de nœuds à la tête avec des problèmes de personnes, aussi je retournerai à Meymac comme je le fais depuis 2009. Il y règne une ambiance formidable, réellement motarde, et tout est très bien organisé. Pour une fois que quelqu’un se donne du mal, ne crachons pas dans la soupe ! »

Pour Philippe en revanche, l’inscription a été un parcours semé d’embûches. « J’ai reçu les deux affiches à 48 h d’intervalle, et je me suis fourvoyé en renvoyant mon règlement et celui de trois copains à la mauvaise adresse. Ce que j’ai fini par comprendre en ne voyant pas nos noms apparaître sur la liste du MC 19. Il y a tellement de similitudes entre les bulletins d’engagement que d’autres se sont sans doute fait avoir !  » Même si son chèque lui a très vite été retourné, notre Girondin a juré qu’il ne mettrait jamais les pieds à l’Authentic.

Une manifestation alternative que juge assez durement un autre Philippe, plus connu sous le pseudo de PhiZo. « Objectivement, la récupération de la symbolique du nom est volontairement conflictuelle et me choque. De même que la concordance de date oblige à prendre position, et divise au lieu de rassembler. Enfin, je ne vois pas ce qu’il y a de plus authentique à camper dans un champ plutôt qu’un autre !? »

De fait, cette scission perturbe l’amicale Dniepr-Oural de France, traditionnellement très représentée sur les hivernales. Ses membres se sont dispersés d’un côté et de l’autre, aussi certains se sont carrément inscrits aux deux concentrations. Avec la ferme intention de faire la jonction durant le week-end !

Délocalisés

Jacques, lui, plantera sa tente en Auvergne. « Lorsque j’ai eu vent de cette nouvelle concentre, je me suis d’abord réjoui qu’il en ait une de plus. Avant de regretter qu’elle ait lieu en même temps et qu’elle déclenche cette guéguerre. Étant déjà allé deux fois aux Millevaches, j’ai choisi l’Authentic pour le plaisir de découvrir un nouveau site et une nouvelle route. Être moins nombreux ne sera pas non plus pour me déplaire. »

« Personnellement, je n’ai aucun reproche à adresser au moto-club de Meymac » renchérit Laurent. « Mais il est vrai qu’on y croise maintenant des types venus avec leur moto en remorque, qui dorment dans des gîtes proches et viennent juste se montrer pendant la journée au campement. À l’Authentic on devrait être plus entre soi. D’autant qu’il est question d’un site à 1.300 m d’altitude, donc plus haut et avec plus de chance d’y trouver de la neige. »

Aussi incroyable que cela puisse paraître, la principale motivation d’une majorité de « déviants » tient à la seule personnalité de l’organisateur de l’Authentic : Jean-Louis Costes, alias La Fourme. « Je les croise, lui et sa femme, à longueur d’hiver et sur quantité d’hivernales », s’enthousiasme Fabrice, lui-même grand amateur du genre. « Ce sont d’authentiques passionnés comme on n’en fait plus guère. Aussi quand ils m’ont fait part de leur projet d’organisation, je les ai suivi les yeux fermés ! »

Jean-Louis Costes sera-t-il aussi fédérateur qu’un Michel Perdrix, l’initiateur des Millevaches, l’a été en 1969 ? Cela semble parti pour, même si la pratique de la moto a bien changé depuis ce temps-là. Et que l’organisation des hivernales n’est plus le pré carré des seuls moto-clubs pirates, comme l’a si bien prouvé – et continuera à le faire – le MC 19 de Meymac.

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