Malgré les attentats du 13 novembre 2015 à Paris et la déclaration d’état d’urgence, le salon Moto Légende s’est bien tenu ce week-end au Parc Floral, à l’orée du bois de Vincennes comme chaque année.

Outre l’exposition centrale consacrée à Suzuki, dès le vendredi 20 novembre au soir des milliers d’amateurs de machines anciennes ont ainsi pu admirer les expositions des clubs, dont la plus remarquable était consacrée aux motos à six cylindres rassemblées par les Z1300, 1000 CBX et Benelli clubs de France.

Précautions
« Mesdames et Messieurs soyez compréhensif, restez derrière les barrières, il n’y a qu’une entrée, la préfecture a autorisé la manifestation il y a 48 heures au prix de certaines précautions ». Blouson rouge, talkie-walkie, stature de judoka grand format, ce samedi 21 novembre à 9h45, l’employé du Parc Floral chargé de la sécurité remonte une longue file de visiteurs impatients et s’époumone à expliquer aux groupes les plus lointains qu’ils doivent attendre une heure dans le froid avant d’entrer au salon Moto Légende.

Comme la veille, le vendredi en fin de journée, très vite, les allées se remplissent. Très vite, le petit pavillon des Chênes, qui abrite les stands de certains clubs après la billetterie atteint son niveau de saturation. Il faut de la patience pour arriver à la bourse extérieure et dans le hall central.

Suzuki, Jack, Lucky et Sert
Là, le visiteur est accueilli par l’expo consacrée à Suzuki. Parmi les premiers bicylindres 2-temps importés dont la fameuse T 500, paradent sous les néons des machines de course comme la TR 750 pilotée en 1972 par Jack Findlay (héros du film « Continental Circus ») ou la RG 500 pilotée en 1976 par Marco Luchinelli (dit Lucky). Fêtant leurs trente ans, les premiers 750 et 1100 GSX-R sont bien sûr aussi de la fête. Sur le stand du Suzuki Endurance Racing Team (Sert), trône la machine d’endurance conçue par Dominique Méliand et son équipe à la fin des années 1970, et qui leur servi de prototype.

Brelan de six
Honda 1000 CBX, Benelli 750 et 900 SEI, Kawasaki Z 1300… L’autre expo marquante de ce salon Moto Légende 2015 est organisée par les Z1300, 1000 CBX et Benelli clubs de France. Elle est consacrée aux motos mythiques à moteur 6-cylindres, et offrait un panorama de quinze machines des marques ayant tenté ce défi.

Il s’y trouvait tout autant des modèles d’origine que de très belles préparations de style divers. D’autres machines préparées, à base de 6-cylindres, étaient aussi exposée ailleurs, dont une 1000 « Dream » sur le stand Honda officiel. Le plus amusant est que ce superbe café racer est la réplique d’une sportive d’origine, la Honda Dream DOHC dont le moteur cube en tout et pour tout… 50 cm3.

Côté constructeurs
Parmi les constructeurs, l’absence de Triumph se fait remarquer, et si Mash et Royal Enfield sont au-rendez vous, ni Indian, ni Harley ne sont présents cette année.
Yamaha fait son show avec quelques racers mythiques mais surtout des prépa réalisées à partir de V-Max ou de XV 950 et autre SR 400 par des « maîtres » du genre. L’incontournable BMW exhibait à propos sa nineT café racer et quelques prépa de choc aux côtés de quelques anciennes.

C’est chouette les clubs !
Club Bimota, Moto Morini, Club 11 R (GSXR), Yamaha AS3, Gnome Rhône. L’an passé, le commissaire de ce salon nous décrivait les clubs comme « les gardiens du temple ». Cette année encore, tous ceux qui exposaient ont fait d’énormes efforts avec des moyens pourtant très justes pour présenter des machines originale ou peu connues, de belle réalisations de particuliers à partir de machines anciennes.

Le Motobécane Club de France montrait cet étonnant racer Motobécane à base de 350 3-cylindres 2 temps en tribut au 125 cm3 GP des années 1970. Les incontournables Tontons Scooteurs mettaient en scène parmi d’impeccables restaurations de Bernardet, un Vespa aux couleurs britanniques bardé de phares et de rétroviseurs digne de figurer dans le film « Quadrophenia ».

La bourse c’est la vie
Comme chaque année, malgré un nombre de visiteurs sensiblement moindre que les éditions précédentes, les vrais passionnés étaient au rendez-vous pour chiner, dans la bourse de pièces détachées, qui la pièce manquante d’occasion ou neuve, qui pour améliorer son outillage, découvrir un réparateur.

Il n’en reste pas moins vrai que les stands « techniques » laissent désormais beaucoup plus de place aux revendeurs de machines restaurées et bichonnées « prêtes à collectionner » et surtout utilisables dans la circulation actuelle. Comme sur une neuve, il n’y a rien à faire pour rouler vintage, sinon dépenser le prix d’une occasion récente (5.000 à 20.000 €) voir d’une moto neuve pour pouvoir chevaucher une moto de légende.

Crise et spéculation
On note que de plus en plus de spécialistes de l’auto de collection, marché un peu plus difficile en ces temps de crise, s’intéressent au créneau la moto ancienne. La spéculation, de plus en plus pressante ces dernières années, n’est donc pas prête de marquer le pas.

Tendance prépa
Autre constat, même parmi les clubs, les motos pionnières des décennies précédant la seconde guerre mondiale, qu’elles soient complètes ou en pièces, deviennent très rares sur ce salon qui, quoiqu’en aient dit les organisateurs l’an passé, laisse de plus en plus de place à la préparation, une tendance visible chez les vendeurs comme dans les clubs.
Avec le temps, le milieu des amateurs de moto ancienne évolue. Quels que soient les regrets des uns et des autres, cela est sans doute nécessaire pour que la passion perdure.

À lire l’article de Frico : faire de la piste en ancienne

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