Le député socialiste de Seine-et-Marne, Olivier Faure, s’oppose à la maire de Paris, Anne Hidalgo, sur la fermeture des voies sur berges et les restrictions de circulation qu’elle a décidées dans le périmètre de la capitale. Dans une tribune diffusée sur Lemonde.fr le 24 septembre, il dénonce des décisions qui privilégient les résidents de Paris intra-muros au détriment des banlieusards.

Calendrier intenable
Il s’en prend à un calendrier de mesures intenable pour les résidents d’Ile-de-France : « L’annonce de la piétonisation du centre de Paris, celle du bannissement du diesel ont favorisé un changement d’orientation des constructeurs et accéléré les prises de décision des opérateurs de transports. Qui s’en plaindra ? Mais l’agenda volontariste de Paris est-il soutenable ? Les transports alternatifs seront-ils en service à l’échéance ? Les transporteurs publics auront-ils les moyens de se conformer à la règle dans des délais aussi brefs ? »

Le député PS ne voit une possibilité d’évolution qu’à moyen terme : « qu’il s’agisse des travaux sur le réseau, de l’arrivée des RER nouvelle génération, des nouvelles lignes de métro, de la mise en place du plan bus, de la capacité de l’industrie automobile à mettre sur le marché les nouveaux véhicules électriques ou hybrides, de la conversion de toute la flotte publique à des énergies propres, la montée sera progressive entre 2021 et 2025 ».

Pas avant 2020
Selon lui, la solution pour réduire les émissions polluantes liées au transport en Ile-de-France est d’adopter : « un phasage qui permette de mettre en face de chaque évolution une alternative crédible de mobilité. La fermeture des voies sur berges doit être testée et 2020 ne peut ni être une année blanche ni une année noire. Je suggère que ce soit l’année où tous les véhicules diesel entrant à Paris seraient équipés d’un filtre à particules. Ce serait là une première étape permettant de diminuer de 50 % l’émission de polluants.

Dans d’autres capitales européennes, ce filtre fait l’objet d’une prise en charge sous forme de crédit d’impôt, permettant ainsi de soulager pour moitié les automobilistes de cette contrainte financière de l’ordre de 400 euros aujourd’hui. L’année 2025 pourrait constituer une seconde phase puisque, à cette étape, les alternatives en matière de transport collectif seront opérationnelles et qu’il est vraisemblable que les usages automobiles auront muté (autopartage, véhicules autonomes…) ».

Concertation régionale
Et Olivier Faure de demander une concertation à l’échelle régionale : « Il est indispensable de penser à l’échelle régionale à un nouveau plan de déplacement. Créer des parkings relais qui soient aussi des espaces de service (drive, pressing, crèches…) en très grande couronne, créer des lignes de cars qui rabattent sur les gares de la grande couronne. Organiser le cabotage de bus entre lignes de RER pour mailler mieux le territoire et éviter le passage par le centre de Paris. Boucler la Francilienne à l’ouest, mettre en place des voies consacrées aux cars et aux covoitureurs et faciliter le transport de banlieue à banlieue… »

Le député demande donc l’organisation d’un « Grenelle de la circulation » en Ile-de-France. On regrettera qu’il ne soit pas question des deux-roues motorisés dans cette tribune. Mais c’est logique : Olivier Faure s’attache en premier lieu à réduire la pollution par le diesel. Motos et scooters sont peu concernés. On peut se demander pourquoi ils sont en revanche concernés par l’interdiction de circulation à Paris…

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