Dire qu’Aprilia a la passion de la compétition chevillée au corps est un doux euphémisme. Il suffit de franchir la porte du service course situé à Noale, à 30 kilomètres au nord de Venise, pour s’en convaincre. Dans le hall d’entrée trônent une partie des machines 2T championnes du monde qui ont raflé pas moins de 38 titres mondiaux en vitesse ainsi que les Superbike 2014. Et sur un immense tableau « Aprilia the school of champions » résonne le nom de leurs prestigieux pilotes : Biaggi, Capirossi, Rossi, Lorenzo… Aprilia aimerait bien en refaire son leitmotiv.

Concentré sur le MotoGP
Pour autant, Romano Albesiano, le directeur du service course d’Aprilia, ne souhaite pas se disperser. Il n’envisage pas de se lancer en Moto3 et son service, qui compte environ 70 personnes, mettra la pédale douce sur le Superbike pour se concentrer sur le MotoGP, avec un an d’avance sur le programme initial.

Ceux qui ont suivi les essais privés auront remarqué la présence des deux Aprilia de GP à Jerez, fin novembre, aux mains de Marco Melandri et Alvaro Bautista.

Romano laisse entendre qu’il n’a pas essayé de débaucher un pilote d’exception durant la phase de mise au point de la machine. Il a choisi Marco pour son expérience et Alvaro pour sa connaissance d’autres machines de GP récentes (Suzuki et Honda, deux autres motorisations V4). Et qui fut aussi champion du monde 125 sur Aprilia. Max Biaggi devrait, lui, endosser le rôle de pilote de développement. « Sûr à 90 % », nous précise-t-il sourire en coin.

Des choix mécaniques bien considérés
Les conceptions mécaniques des machines de Superbike et de MotoGP sont suffisamment proches aujourd’hui pour qu’Aprilia ait osé se lancer dans le grand bain. Le V4 selon Romano Albesiano représente la meilleure solution en matière de ratio efficacité/encombrement. Ce nouveau moteur bénéficie d’une distribution entraînée par cascade de pignons (plus précise et déjà éprouvée en Superbike) ainsi que du rappel pneumatique des soupapes, via des linguets. Aprilia fut d’ailleurs le premier constructeur moto à expérimenter cette technologie sur son 990 3-cylindres de GP, le RS3 (prononcer « cube ») entre 2002 et 2004, lequel fut confié à un certain Régis Laconi.

Concernant la boîte de vitesses, le mécanisme seamless (qui accompagne la descente des rapports) développé pour les RSV4 du commerce, pourrait faire son apparition à la mi-saison, nous confie-t-on.

Dernier point fort de la marque : elle développe depuis longtemps elle-même son électronique sur la base ECU Magnetti-Marelli, électronique dont on connaît la prépondérance, notamment pour la gestion de la motricité et l’usure des pneus…

Un avenir radieux ?
Romano Albesiano est un homme lucide. Il vise le top 10 l’an prochain et le podium en 2017. Et il n’aime pas les comparaisons avec le rival Ducati. Le service course d’Aprilia a sa propre culture en matière de compétition et depuis son rachat en 2004 par le groupe Piaggio, avec à sa tête Roberto Colaninno, il dispose des moyens du premier constructeur de 2-roues européen.

Il ne s’agit pourtant pas de dépenser sans compter, rappelle Romano, mais de placer les bonnes compétences aux bons endroits. Et que les hommes soient passionnés. La visite des différents services nous a prouvé qu’ils l’étaient bien. Nous cachant ici un moteur, nous empêchant de rentrer là, pour finalement nous laisser tourner autour de la machine de Bautista avec la flamme dans les yeux.

Dans la boutiq’
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