Le Français Mike Di Meglio est au jour de notre entretien en tête du championnat du monde 125 cm3 en ayant remporté deux victoires, dont une de prestige au Mans. Le voici depuis sacré champion du monde. Retour sur un itinéraire souvent chaotique qui n’en est que plus méritoire…
C’est l’année ou jamais pour le Français Mike Di Meglio, qui a réuni en 2008 toutes les cartes en mains pour enfin réussir, après six ans dans la catégorie.
Il dispose d’une bonne moto, une Derbi qui est en fait une Aprilia RSA, réplique de la machine d’usine de Gabor Talmacsi, le champion 2007.
Il est entouré d’un team prestigieux, Ajo Motorsport, qui a révélé Mika Kallio en 2002 (deux fois vice-champion du monde en 125 en 2005 et 2006), et d’une équipe avec laquelle le courant passe plutôt bien.
Pourtant, cet environnement favorable ne suffit pas toujours. On le vérifie en observant le parcours de Mike.
Le Toulousain est doué, qui en douterait ? À peine sorti du Challenge de l’Avenir, fin 2002, il est repéré par Olivier Liégeois, qui lui fait disputer la dernière manche du championnat d’Espagne (CEV). Surprise, le petit Français termine troisième !
C’est encore le préparateur belge qui l’embauche l’année suivante en GP 125. Pour d’obscures raisons financières, le jeune pilote est débarqué en milieu de saison et termine chez RS Meta System, team équipé d’une Honda standard. Dur, dur de se retrouver à pied quand on a 15 ans, dépassé par des enjeux financiers que l’on ne maîtrise pas.
Le reportage dans Moto Magazine
Notre rubrique sur le championnat du monde 2008
En 2004 et 2005, Mike exerce ses talents chez Gino Borsoi (Aprilia), puis chez Kopron team Scott (Honda).
Ses résultats sont en dents de scie, alliant le meilleur avec une victoire au GP de Turquie en 2005 et le pire avec des successions de chutes incompréhensibles.
Pour cause, Mike est un peu en manque de repères. « On a bien senti à cette époque que Mike, perdu, ne savait pas sur qui il pouvait compter », souligne Alain Bronec, l’entraîneur mis à sa disposition par la Fédération française de moto (FFM) depuis ses débuts.
On le voit, l’entourage d’un pilote joue un grand rôle, et doit notamment lui éviter de tomber sous la coupe de personnes intéressées…
Le dernier obstacle demeure bien entendu l’argent : une saison en Mondial 125 coûtant au bas mot un million d’euros, l’as du guidon doit aligner les sponsors.
Malgré son statut d’« officiel », Mike est dans l’obligation d’apporter son budget pneumatiques, de quelques dizaines de milliers d’euros.
Depuis sa victoire au GP de Fance, Di Meglio a reçu des aides qui couvrent en grande partie ses besoins et lui ont permis de remporter le titre 2008.
Un statut à confirmer, évidemment, l’année suivante en 2009…
François Barrois, Thierry Leconte - 10/09/2008
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