Entre 2016 et 2017, l’État projette 25 % d’amendes forfaitaires supplémentaires issues du contrôle de vitesse par les radars automatiques. Le montant de 844 millions d’euros est indiqué dans une annexe du projet de loi de finances pour 2017. Ce montant s’élevait à 672,3 M€ en 2016. Et il grimpe à 991 M€ si l’on inclut les amendes majorées suite à un non-paiement.

L’explication à cette inflation ? C’est très simple : le parc des radars automatiques en France va passer de 4 450 à 4 600 appareils fin 2017, puis à 4 700 fin 2018, afin de permettre « de couvrir la grande majorité des zones les plus dangereuses et les plus accidentogènes du territoire », selon le gouvernement.

Et les appareils sont de plus en plus performants :
- les radars autonomes, ou de chantier, seront portés à 250 unités fin 2016 et 500 fin 2018. Redoutables car mobiles, ils ne restent que quelques semaines dans des zones où la limitation de vitesse est abaissée provisoirement. De quoi déstabiliser les conducteurs…
- Les radars double face et discriminants remplaceront progressivement les cabines fixes traditionnelles.
- Le projet de confier à des conducteurs du privé les véhicules banalisés intégrant un radar « mobile mobile » à infrarouge (qui ne flashe pas) est également maintenu.
- Le contrôle automatique des véhicules immatriculés à l’étranger devrait être plus rentable, la France signant des conventions de coopération avec un nombre toujours croissant de pays européens.
- Le gouvernement souhaite installer 10 000 emplacements de faux contrôles signalés par panneaux leurres.

Pour justifier une telle politique, nos gouvernants se drapent derrière la sécurité routière et l’impérative nécessité de sauver des vies. Il n’empêche, à flirter ainsi avec le milliard d’euros de chiffre d’affaires, la sécurité routière n’est pas loin de confirmer la désagréable sensation qu’elle n’est rien d’autre que de la sécurité rentière.

Des marchés bien fermés…
Impression confirmée par une autre information, tombée début octobre : certains industriels profiteraient de cette manne sans hésiter à flirter avec l’illégalité. C’est ce qu’expliquait Lefigaro.fr le 3 octobre, relayant une dépêche de l’Agence France presse (AFP).

On apprend qu’une enquête a été ouverte en mars dernier par le Parc national financier (PNF), sur les conditions d’attribution de plusieurs marchés publics concernant les radars automatiques. Elle a été confiée aux policiers de l’Office central de lutte contre la corruption (OCLCIFF) et concerne la société Atos, « bénéficiaire de quatre marchés publics faramineux » contractés entre 2003 et 2011 avec l’État. Elle « a été choisie en dehors du respect des règles du code des marchés publics », estime l’association anticorruption Anticor.

Certains dirigeants de l’entreprise ont occupé des fonctions ministérielles et auraient pu influer sur la signature de contrats qui portent sur un montant cumulé de plus d’un milliard d’euros. Alors, sécurité routière ou sécurité rentière ?

Les radars ne sauvent plus des vies…
Ces révélations tombent d’autant plus mal que la multiplication et la sophistication des radars n’aboutit plus à une baisse du nombre de tués sur la route.

L’usage des « distracteurs » au volant semble croître dans la hiérarchie des causes essentielles d’accidents mortels. Tout comme la conduite sous addiction. Mais ces comportements ne pourront jamais être contrôlés aveuglément par des machines, même opérationnelles 24h sur 24…

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