Le 18 septembre se tiendra au siège de la FFM une réunion entre la commission des rallyes routiers et les organisateurs des épreuves du championnat. L’avenir des rallyes est en jeu : la moitié ou presque des organisateurs a décidé, en 2010, de faire bande à part. Quelles en sont les raisons ? Quelle est la position de la fédération ? Dissidents et officiels s’expriment…
est président de l’UM Ain, le club qui organise le rallye de l’Ain. Celui-ci fait partie des clubs dissidents.
motomag.com : Jean-Jacques Guillemoz, pourquoi avez-vous décidé cette année de faire bande à part et de ne pas inscrire votre rallye au Championnat de France ?
Jean-Jacques Guillemoz : Nous nous sommes rencontrés avec d’autres organisateurs en fin d’année dernière pour discuter des difficultés que l’on rencontre à organiser une épreuve tant d’un point de vue administratif que financier. Nous avons ensuite fait part de nos difficultés respectives à la commission fédérale.
mm.com : Comment s’est-elle passée cette rencontre ?
JJG : Assez mal, car nous avons eu le sentiment de ne pas avoir été suffisamment compris. À part les spécificités de chaque rallye, ce qui a été le plus difficile à digérer c’est la décision des chronométreurs de la FFM qui ne veulent plus venir sur les rallyes. Cette situation implique un coût supplémentaire d’au moins 2000 € pour une épreuve. Si vous rajoutez à cela le prix de la location des transpondeurs et toutes les autres contraintes, on en arrive à un budget de presque 25.000 euros. Pour rentrer dans nos frais, il faut au moins 140 engagements…
L’avis d’un pilote concernant les tarifs évoqués pour 2011. Des tarifs à 185 ou 205 €, personnellement je ne suivrais pas. Ce n’est pas une volonté de désavouer qui que ce soit ; organisateurs ou FFM, de ne pas vouloir soutenir les rallyes ou quoi que ce soit d’autres. C’est simplement que (...)
La dissidence de certains organisateurs de rallye a mis à mal le championnat 2010 des rallyes routiers. Seules quatre épreuves étaient inscrites au programme, et même si cela n’enlève rien à la qualité des vainqueurs, c’est un championnat au rabais. À part certaines querelles personnelles, inévitables dans un monde de bénévoles, la vraie cause de la discorde vient des coûts d’organisation qui ne cessent de monter et qui mettent les clubs dans une situation financière délicate.
Ce qui est incompréhensible dans cette histoire, c’est l’attitude des chronométreurs FFM qui refusent d’assurer leur travail sur les rallyes. Ceci génère un surcoût considérable qui pénalise des clubs de bénévoles et des pilotes amateurs. Le rallye est-il une discipline au rabais ? Et comment une fédération peut permettre cette attitude lorsque l’on sait que sa structure est basée sur le bénévolat ? Tout comme les pilotes et les organisateurs, nous aimerions connaître les raisons de leur défaillance. Nous y reviendrons donc…

Ce qui ne fait pas de doute, c’est la nouvelle augmentation des tarifs d’inscription pour un rallye routier. Selon nos informations, l’inscription devrait passer l’année prochaine de 155 à 185 € si l’épreuve compte deux spéciales par boucle, et de 165 à 205 € si elle en compte trois. Cela commence à faire cher aux yeux de certains…
Nous espérons sincèrement qu’organisateurs et membres de la commission, tous passionnés de rallyes par ailleurs, parviennent à un accord et, surtout, qu’ils décident ensemble d’œuvrer en faveur d’une baisse des coûts. Faute de quoi ne risquent de perdurer que des épreuves comme le Moto Tour ou l’Ultimate Rallye. Des belles épreuves certes, mais des épreuves gérées par des sociétés privés, qui n’hésitent pas à avoir recours aux commissaires bénévoles des clubs FFM pour boucler leurs budgets.
mm.com : Comment est-il possible que des chronométreurs de la FFM refusent de venir sur des épreuves d’un championnat de France ?
JJG : Je ne sais pas, mais c’est ainsi ! C’est vrai qu’en rallye il y a une boucle de jour et une de nuit, et aucune autre discipline, à part les endurances de 24 h, ne s’étale sur une période aussi longue. Du coup, on est obligés de recourir à des sociétés privées.
mm.com : Donc, après la réunion, vous avez décidé avec d’autres organisateurs de ne pas inscrire vos épreuves au championnat de France et d’organiser une sorte de challenge à part. Et ça n’a pas fonctionné, pourquoi ?
JJG : Tout d’abord, nous ne voulions pas un affrontement avec la FFM. Dans mon club par exemple, il y a beaucoup de commissaires bénévoles, des élus dans la Ligue, des directeurs de course… Tous tiennent à la Fédé, et l’on se sent partie prenant de la structure ! Ce que nous voulions mettre en évidence par ce refus, ce sont nos difficultés. Si le challenge n’a pas fonctionné c’est tout simplement parce que bon nombre de pilotes n’ont pas compris notre démarche. Peut-être aussi que nous n’avons pas su l’expliquer…
mm.com : Concrètement, en 2010, allez-vous revenir en championnat ?
JJG : Nous avons fait une réunion après le rallye des Volcans, et si l’envie de revenir est unanime pour le bien de la discipline, il faut aussi que la commission soit plus réceptive à nos problèmes. Il faut absolument réduire les coûts et tenir compte des spécificités de chaque rallye.

est président de la commission rallyes routiers à la FFM.
motomag.com : Monsieur Tournier, quelle est votre version des faits sur le divorce entre certains organisateurs et la commission ?
Guy Tournier : En début d’année, nous avons eu une réunion avec les organisateurs. Comme chaque année, on discute et chacun fait part des difficultés propres à son rallye. À la commission, on a cherché à résoudre, au cas par cas, les problèmes des uns et des autres. On avait proposé par exemple de venir en aide financièrement à un club pour le surcoût généré par le chronométrage privé… Mais la volonté de certains n’était peut-être pas à l’apaisement.
mm.com : Les organisateurs se plaignent des coûts qui ne cessent de grimper. Que pensez-vous par exemple des chronométreurs FFM qui ne veulent plus aller sur les rallyes ?
GT : C’est vrai que les coûts montent, surtout avec l’adoption des transpondeurs et l’obligation de recourir à une association (l’AFC, association française de chronométrage). Mais un championnat de France se doit de moderniser son matériel pour faire en sorte que des erreurs ne se produisent plus à ce niveau. Quant au refus des chronométreurs de la FFM, je pense qu’il faut leur demander… Cela dit, il est vrai aussi que l’AFC, qui est une association privée, offre une plus grande souplesse au niveau des horaires. Avec eux, le rallye qui commence par la boucle de nuit ne pose plus de problème, par exemple.
mm.com : Pensez-vous que les divergences vont s’estomper et que cette réunion du 18 septembre aboutira à une réconciliation ?
GT : Non seulement je l’espère, mais je le souhaite. Pour la pérennité du rallye routier et pour tous les pilotes passionnés par la discipline. À la commission en tout cas, on va faire en sorte que tout se passe bien
mm.com : Si pour l’année 2011 c’est une société privée qui assure les chronométrages, il y aura-t-il une augmentation des frais d’inscription pour les pilotes ?
GT : Comment faire autrement ?
Propos recueillis par Francesco Scuderi - 08/09/2010
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