En France, le ministère du Développement durable vient d’annoncer le remplacement du panneau de signalisation d’un radar fixe par un autre, indiquant une zone de contrôle. Le piège se referme autour des conducteurs.
Sur la route, les ressortissants des différents pays membres de l’Union Européenne ne sont donc pas tous logés à la même enseigne. Tandis qu’en Grande-Bretagne, on supprime les radars automatiques de contrôle de vitesse, en France on va en rajouter jusqu’en 2012, et on va même brouiller les pistes…
Zone de contrôle
Le ministère du Développement durable annonce en effet, ce mercredi 28 juillet, le remplacement du panneau signalant un radar fixe par un autre, indiquant au conducteur qu’il entre « dans une zone de contrôle radar ». La différence ? Dans le premier cas, l’affiche arrivait 400 mètres avant la boîte grise, c’était clair, net et précis ; dans le second, le panneau peut être installé entre 1 à 2 km en amont du premier dispositif de contrôle. Et ledit dispositif, inclure un ou plusieurs radars fixes, mais aussi un éventuel contrôle mobile…
A part Mme Perrichon, je ne vois plus une seule personne qui, en France,croit encore que les radars sont positionnés de façon à réduire le nombre des victimes sur la route. Les pièges, limitations successives et anarchiques, positionnement dans des zones sans danger, font que 90% des radars ne sont (...)
Les trois premiers panneaux de zone de contrôle seront installés à partir du 3 août. Les sites sont les suivants :
Lamonzie-Saint-Martin en Dordogne (24) sur la RD 936 dans le sens Bergerac vers Bordeaux le 3 août ;
Sausheim dans le Haut-Rhin (68) sur l’A36 dans les 2 sens le 4 août ;
Rouffach dans le Haut-Rhin (68) sur la RD 83 dans les 2 sens le 4 août.
Ralentissements
Le but affiché par le ministre du Développement durable, Jean-Louis Borloo, est de contraindre les conducteurs à lever le pied, et non plus de freiner juste avant un radar fixe. Dans cette logique, l’État ne prévoit pas la création d’un panneau de « fin de zone de contrôle ». Le conducteur sera donc en état d’alerte permanent, au risque de n’avoir que son compteur en tête, et de perdre sa concentration sur la route elle-même.
Quid des successions de limitations ?
Dans les zones urbanisées denses, où les radars fixes se succèdent tous les kilomètres, le panneau « zonal » n’aura aucune utilité. Il s’agira d’être constamment vigilant sur sa vitesse, au risque d’une sanction à l’aveugle des petits dépassements. Dans de nombreuses zones, la limitation de vitesse varie de 70 à 110 km/h, en passant par 90 km/h, sur des portions n’excédant pas le kilomètre. Sans signalisation du boîtier fixe, le conducteur éprouvera la sensation d’être piégé. Une clarification des limitations de vitesse eut été plus urgente à mener que ce simple changement de panneau.
Tirelire
Le piège se referme encore un peu plus sur les conducteurs, qui perdaient déjà en masse des points sur leur permis à cause de petits excès de vitesse n’excédant pas 10 à 20 km/h. La politique de sécurité routière française demeure basée sur la ponction financière des usagers de la route. Le système de contrôle-radar ayant trouvé ses limites, on le durcit afin de poursuivre sa rentabilité. Au détriment de l’éducation des conducteurs.
Nicolas Grumel - 28/07/2010
Ils ont pour nom Evolis, Matrice, Métis, I-Care, Viasis, DSD. Ce sont les modèles de radars pédagogiques qui étaient présentés au salon des maires, fin novembre dernier. Un marché particulier, dopé par l’annonce du ministère de l’Intérieur…
Le nouveau système d’immatriculation des véhicules permet à presque tout le monde de fabriquer des plaques minéralogiques, sous réserve de détenir l’agrément du ministère de l’Intérieur. Avec ou sans cette dernière, il est aisé de se procurer des fausses plaques (« doublettes ») par l’intermédiaire de sites Internet spécialisés. Pour l’Andevi, l’État favorise les « doublettes ».
Le gouvernement a tranché : en définitive, il y aura un panneau électronique indiquant sa vitesse au conducteur, en amont de chaque radar fixe de contrôle de vitesse. Autrement écrit, grâce à sa politique au radar, le gouvernement a remplacé un simple panneau indicateur par un panneau à 3 000 euros…
Hier un accord a été trouvé entre le ministre de l’Intérieur et les fabricants d’avertisseurs de radars : les appareils deviendront des "avertisseurs de zone dangereuse". La position exacte des radars ne doit plus être indiquée. Le gouvernement biaise, préserve un marché et conserve l’esprit de ses mesures, répressif.
Le minstre de l’Intérieur, Claude Guéant, a confirmé, mercredi 25 mai après-midi à l’Assemblée nationale, la suppression des panneaux annonçant les radars automatiques fixes. Il répondait à une question du député socialiste du Bas-Rhin Armand Jung.