La Route Centre Europe Atlantique (RCEA), ou RN 79 : une priorité nationale, voire européenne, depuis le milieu du siècle dernier. Un trafic important, de nombreux poids lourds en transit, implique sa mise à 2 fois 2 voies. Président du Conseil général du département, Arnaud Montebourg propose une alternative au péage pour financer les 75 km qui restent à doubler.
Si certains tronçons ont été mis 2 fois 2 voies, il en reste d’autres, les plus accidentogènes, restés à l’état de route nationale à 2 voies. De plus, ces dernières années les choses n’ont guère bougé. Terminer la RCEA demande de l’argent, c’est bien là le problème. Un partenariat public privé (ou PPP*) a d’abord été envisagé mais écarté.
L’État a finalement tranché en faveur de la mise en concession avec péage : c’est le ça ou la route ne se fera pas avant 20 voire 40 ans. La décision a été publiée au Journal officiel le 28 juin 2011. Ce qui n’a pas manqué d’amplifier un mécontentement déjà fort des citoyens et plus particulièrement en Saône-et-Loire. On le comprend au vu des 100 euros évoqués qu’il en couterait par mois pour celui qui emprunte, chaque jour, une route actuellement gratuite.
Signalons également qu’après que l’État a « offert » nombre de routes nationales aux départements, à charge à eux de les entretenir, la RCEA reste l’une des rares routes nationales de Saône-et-Loire.
Utilisateur fréquent de ce tronçon (me rendant souvent de Creuse jusque dans l’Ain), il est évident que je refuse de payer un péage pour une route qui "à la base" est gratuite car "Nationale". Certes, la gratuité se paie autrement, visible ou pas ... Cependant, je vois très souvent des conneries (...)
Sur un total de 150 km en Saône-et-Loire, il en reste 75 à doubler. Président du Conseil général du département, Arnaud Montebourg (PS), soutenu par les élus représentant le département, propose une écotaxe pour les poids lourds comme alternative au péage pour financer les travaux.
Après une attente de 4 mois, une délégation du département a été reçue par Mme Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l’Écologie, du développement durable, des transports et du Logement. La ministre restant sur ses positions, Arnaud Montebourg proposa alors l’organisation d’un référendum local. Prévu le 4 septembre il fut refusé par le préfet.
Afin que « les citoyens ne soient pas bâillonnés », Arnaud Montebourg organisera, le 20 novembre, une votation citoyenne sur le sujet (financement par péage ou écotaxe) sur les 152 communes concernées du département.
Souhaitons que la participation soit forte, il est rare qu’on demande leur avis aux citoyens concernés. L’occasion pour nos lecteurs de ces communes de s’exprimer à ce sujet.
(*) PPP : les travaux sont payés par financement privé et l’État rembourse en payant un loyer annuel.
Bernard Lavandier - Correspondant 42 - 04/11/2011
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