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Voxan : une production artisanale Relever Voxan : un défi familial

Développer de nouveaux produits
Selon Pierre-Laurent Chauvet, ex-PDG de Honda France, la collaboration entre les deux entreprises ne s’arrêtera pas à une simple structure commerciale. Elle porterait aussi sur le « développement de produits nouveaux et accessoires ». Les dirigeants de Sidam laissent également entendre que, d’énormes progrès ayant été effectués par les Chinois et les Espagnols en matière de fabrication de pièces détachées, les nombreux contacts de la Sidam sur ces marchés pourraient être utiles au constructeur français pour la sous-traitance. Un point sur lequel Voxan était jusque-là financièrement pénalisé par rapport aux autres constructeurs, du fait de volumes de commandes assez faibles. « À coût des pièces et volume de vente équivalents, les prix client des motos Voxan sont d’ailleurs peu élevés », indique Jérôme Rémy, responsable des relations presse de Voxan, qui compare avec les tarifs Bimota.

Une comparaison assez juste car, pour l’instant, les chiffres de production de l’usine relèvent plus de l’artisanat que de l’industrie. Selon un des responsables de l’usine, « il y a actuellement en montage 7 Charade avec seulement 3 monteurs ». Or, le seuil de rentabilité de l’usine d’Issoire avait été jadis fixé à plus de 1000 unités par an ! Sur les dix premiers mois de 2006, seules 91 Voxan ont trouvé acquéreur. La Sidam espère plus que doubler ce chiffre en 2007.

Nouveau départ pour l’unité de fabrication d’Issoire ?
On se rappelle qu’au lendemain du licenciement des deux tiers du personnel, les dirigeants de Voxan avaient déjà promis de faire de l’usine un « véritable centre d’ingénierie ». Les résultats n’ont jusqu’ici guère été probants.

Pour digne d’intérêt qu’elle soit, l’annonce de la collaboration de la SIDAM avec Voxan ne doit donc pas faire illusion. « Nous ne nous cachons pas que rien ne sera facile, reconnaît Pierre-Laurent Chauvet, mais défendre le prestige d’une moto française de cette qualité, mérite vraiment cet effort ».
Ce qui est certain, c’est que Pierre-Laurent Chauvet et Didier Cazeaux sont en négociation avec plusieurs groupes industriels chinois. « Mais rien n’a encore aboutit », nous confie un des responsables de l’usine. Le service presse se refusant à donner la moindre piste quant à la nature des tractations et au rôle exact que pourraient jouer ces éventuels partenaires et équipementiers dans le nouveau projet de développement industriel.

Au vu de l’effectif de l’unité de fabrication, on doute que des industriels chinois investissent massivement pour sauver une marque française. Leur tendance la plus connue étant plutôt la récupération des savoir-faire technologiques et des machines-outils, quitte à les payer au prix fort. Mais on a aussi vu, ces derniers temps, des industriels asiatiques s’assurer la collaboration de bureaux d’études européens pour adapter leur production aux goûts de la clientèle occidentale. Des échanges rentrent donc dans le domaine des possibilités. Selon les dirigeants de Voxan et de Sidam, tout ceci devrait être clarifié lors de la présentation du plan de développement industriel. Présentation prévue en principe dans le courant du premier trimestre 2007. Qui vivra, verra.

Avec la collaboration d’Alain Coroller et Thierry Leconte

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