Connaissez-vous le Mirabell ? Il s’agit du tout premier scooter lancé par KTM, en 1955. Une dénomination pas choisie au hasard puisqu’elle rendait hommage au « Mirabell Palace », l’un des hauts lieux touristiques de Salzbourg, en Autriche. On reste « en famille », puisque KTM n’est implanté qu’à une quarantaine de kilomètres au nord de la ville qui a vu naître Mozart.

À l’époque, la marque vient tout juste de lancer son activité. En 1955, elle n’a que quelques motos en portefeuille, la R 100 - sa toute première production - et ses déclinaisons Tourist et Grand Tourist. Le Mirabell est donc le quatrième 2-roues produit à Mattighofen, et il ne va pas compter pour des prunes dans l’histoire de l’entreprise.

Dix ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, la reconstruction de l’Europe dévastée bat son plein. Avec le Mirabell, KTM emboîte le pas à d’autres constructeurs, notamment Piaggio qui a lancé sa Vespa en 1946 pour répondre aux besoins de mobilité de tous cette partie de la population qui ne peut pas accéder au luxe de l’automobile.

Le remplissage d’essence… par le phare !
Le scooter KTM Mirabell est équipé de roues de 12 pouces. Son moteur est un monocylindre Rotax 2-temps de 124 cm3 à boîte 3 vitesses également utilisé sur les motos Tourist. Manquant un peu d’air derrière le carénage, il est refroidi par un ventilateur monté sur l’alternateur. Autre particularité, l’orifice de remplissage du réservoir de 8 litres était intégré au… gros capotage de phare, comme on le voit sur la photo !

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Quelques années plus tard, le KTM Mirabell est revu, offrant le choix aux clients entre un 125 et un 150 cm3 avec boîte 4 rapports et silencieux « Frankfurter Topf », dont la forme spécifique réduit sérieusement le bruit. Le châssis, lui, est quasi inchangé, mais le Mirabell reçoit les roues et le système de suspension du Mecky, un autre scooter KTM apparu entre-temps (lire ci-dessous).

D’autres modèles dès 1957
En 1957, le Mecky fait son apparition. Il est le premier de la marque à utiliser un moteur 100 % maison, conçu et fabriqué à Mattighofen, à la place des Rotax utilisés jusqu’alors.

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Côté look, le KTM Mecky, plus « léger » que le Mirabell, se situe à mi-chemin entre un scooter et un cyclo. Les jolies roues pleines sont en fonte d’aluminium et les suspensions reviennent à un système de torsion en caoutchouc. Le réservoir, quant à lui, est implanté sous le guidon, derrière le tablier dont il épouse la forme.

Le succès du Ponny
À la fin des années 50, rien ne va plus dans une Europe fortement touchée par la crise. Alors que d’autres constructeurs se lancent dans la fabrication de petites voitures, KTM, dont les ventes s’effondrent, continue à croire au 2-roues motorisé et dévoile le Ponny en 1960. Ce scooter fait référence aux voitures américaines avec ses pneus à flancs blancs, son aileron arrière et son double phare à l’avant (photo ci-dessous).

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Avec sa selle biplace très prisée, le Ponny fait le plein de ventes. Un an seulement après son lancement, il est leader sur le marché allemand avec 14 000 ventes. Après une production de 40 000 unités, il est remplacé par le Ponny II (photo ci-dessous).

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Lui aussi rencontra un immense succès. Il a même été vendu par d’autres fabricants sous leur propre nom.

En 2013, un proto E-Speed électrique
La dernière tentative en date de KTM sur le segment des scooters date de 2013. Un proto électrique baptisé E-Speed.

Capable d’atteindre 85 km/h en pointe avec son moteur équivalent à un 125 cm3 thermique, il n’a jamais été produit en série.

Scooters KTM, le retour dès 2022 ?
En revanche, KTM prévoit de produire des scooters électriques à partir de 2022 en partenariat avec le constructeur indien Bajaj (qui détient près de la moitié du capital de KTM). Selon le rapport financier pour l’année 2019, récemment publié par la marque autrichienne, plusieurs modèles seraient dans les tuyaux avec des plages de puissance allant de 3 à 10 kW. Ils seraient vendus sous les marques des deux partenaires.

Au fait, KTM produisit, un temps aussi, des cyclos. Mais ça, c’est une autre histoire… à suivre prochainement.

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