Dans un documentaire intitulé « Enquêtes et révélations : les français au volant, les nouveaux délinquants de la route », le téléspectateur a encore eu droit à un florilège de comportements déviants : conduite en état d’ivresse ou sous l’emprise de stupéfiants, parents de victimes, récidivistes passant de la garde-à-vue au tribunal, adolescents « trafiquant » leurs cyclos, motards roulant sur des engins non-conformes, remontées de file sur le périphérique parisien et cyclistes urbains grillant des feux rouges, ce fut un étalage complet de conduites à risques…

Heureusement, la police veille et fait preuve de fermeté, appliquant la sacro-sainte devise de Nicolas Ier : tolérance zéro !
La prévention ? Une fonctionnaire de police chargé de distribuer des PV à la volée est catégorique : « ça ne marche pas ! ».

Dans la partie consacrée aux 2RM, une voix off assène des « vérités » qui ne sont autres que l’argumentation de la Direction de la sécurité et de la circulation routière (DSCR) : « en dix ans, le nombre de tués à moto n’a pas baissé », « en moto on a vingt fois plus de risque d’être tué qu’en voiture », « les accidents de deux-roues sont la première cause de mortalité des jeunes », « les motards sont le point noir de la Sécurité », « ils se croient intouchables… ».
Bref, on retrouve les arguments du Rapport Guyot publié l’été dernier sur les 2RM, seule étude importante qui s’avère être la feuille de route de la DSCR pour les années à venir.

Quelques moments d’apaisement avec des chercheurs de l’Institut national de recherche sur les transports et leur sécurité (Inrets), sociologue travaillant sur les conduites à risque chez les jeunes, traumatologues étudiant les impacts lors de crash-test… Comme par hasard, ces spécialistes sont les mêmes qui vont intervenir jeudi 5 et vendredi 6 mars à Marseille à l’occasion d’une conférence consacrée au 2RM sous l’égide de… l’Inrets.

Évidemment, pas un mot sur la formation, le partage de la route et l’action de la FFMC en faveur d’une pratique citoyenne et responsable. Au contraire, ce genre de reportage à sensation conforte l’usager que « l’autre » est au mieux un danger, au pire un ennemi… mais il vrai que quand on veut tuer son chien, on commence par dire qu’il a la rage.
Alors restons vigilants, mobilisés et déterminés… c’est la base de notre légitime colère.

Marc Bertrand, chargé de mission Sécurité routière au Bureau national de la FFMC

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