À partir du 20 novembre 2016, ne pas protéger ses mains en portant des gants lorsqu’on circule sur un deux-roues motorisé (2RM, moto et scooter) sera passible d’une amende de 68 € et du retrait d’un point sur le permis de conduire.

La Direction à la sécurité et circulation routières (DSCR) du ministère de l’Intérieur justifie cette mesure par la gravité des accidents de la route, avec un slogan bien senti : « Le jour où on pourra changer de mains on pourra se passer de gants ». Et publie un dépliant à l’illustration effroyable, n’hésitant pas à couper les mains des motardes et motards…

Loi du talion ?
Cette image évoque plus la boucherie que les risques encourus à moto. Le port de gants homologués évite au motard des brûlures graves par friction, des doigts cassés, mais très rarement des mains sectionnées à la manière d’intégristes religieux pratiquant la charia…

Quand elle publie de tels documents, la Sécurité routière impose un choc aboutissant invariablement à l’impression qu’elle est anti-moto, dans le sens où elle colporte l’opinion que faire de la moto, c’est dangereux et mieux vaut s’en passer.

Surenchère réglementaire
L’association représentant les usagers à moto qu’est la Fédération française des motards en colère (FFMC) déplore cette surenchère, qui est aussi réglementaire.

Dans un communiqué publié le 17 novembre, la FFMC regrette à nouveau que : « le simple bon sens (mettre des gants), adopté naturellement par la majorité des usagers, soit gâché par un énième règlement qui va transformer un peu plus les motards en gibiers de police, tandis que le manque d’entretien du réseau routier qui se dégrade inexorablement n’a jamais été si préoccupant ».

Ce n’est pas contre le port des gants que la FFMC proteste, mais contre le fait qu’ils deviennent obligatoires sous la menace d’une verbalisation et d’un retrait de points sur le permis de conduire, alors que le non port des gants ne menace pas l’intégrité d’autrui.

La FFMC relève ce paradoxe dans la communication ministérielle : « Tout en reconnaissant que les motards sont plutôt bien équipés, le gouvernement prétend que cette mesure va protéger ceux qui sont peu conscients de leur vulnérabilité… »

Avant de brandir à nouveau le bâton de la répression, ne vaudrait-il mieux pas renforcer l’information et la formation en direction des publics les moins bien informés plutôt que de durcir encore la législation ?

« Nous pensons qu’en matière de sécurité routière, il vaut mieux inciter qu’obliger, suivant l’idée qu’une personne convaincue sait ce qu’elle a à faire pour se protéger et qu’elle va également en convaincre d’autres (ce qu’a toujours fait la FFMC), alors qu’une personne contrainte a tendance à refuser la contrainte, surtout quand elle est énoncée par des gens qui décident à notre place sans même écouter nos propositions », poursuit la FFMC.

Rien n’est fait sur le réseau routier

« D’autre part, si le gouvernement se montre si préoccupé par la vulnérabilité des usagers en deux-roues, que fait-il pour infléchir la dégradation du réseau routier », s’interroge la FFMC. « Avant de donner des leçons de sécurité aux gens, l’État ferait bien d’assumer ses propres responsabilités en balayant devant sa porte ! »

En fait, cette obligation du port des gants est surtout une mesure « cosmétique » pour le ministère de l’Intérieur qui veut faire croire qu’il agit pour la sécurité routière.

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