Essai

« Attention, ce scooter est une pré-série. Les suspensions sont un peu fermes, les coffres ne ferment pas bien, et le verrouillage électrique du train est un peu tardif, mais ces défauts seront corrigés avant la commercialisation »… Voilà les trois points négatifs abordés par l’attaché de presse Peugeot, au moment de nous remettre la clé du nouveau et très attendu trois-roues « made in France ».

Ces remarques en tête, on s’installe au guidon de ce GT urbain, clé « intelligente » dans la poche, direction les Champs Elysées et les petites rues de la capitale. Premier constat, si l’on fait abstraction de l’amortissement effectivement ferme sur les pavés parisiens, le confort est au rendez-vous. La selle, avec dosseret réglable, est large et confortable, le plancher plat généreux, l’espace pour les genoux suffisant pour les grands gabarits, et le guidon tombe dans les mains. Bref, la position de conduite est sans reproche.

Esprit automobile
Le tableau de bord d’inspiration automobile délivre toutes les infos nécessaires dont un astucieux témoin de pression des pneus en plus de l’ordinateur de bord : bien vu. La bulle réglable manuellement offre une bonne protection pour les conducteurs de moins d’1m90. Au rayon des aspects pratiques, on trouve aussi un large vide poche dans le tablier, une prise 12 volts dans un boîtier à droite, un coffre à deux entrées capable d’accueillir un intégral dans sa partie arrière, mais seulement un demi-jet à l’avant. Un frein de parking électrique et un système d’éclairage de jour favorisent la visibilité du véhicule. Au plan équipement, le Metropolis surclasse d’emblée la concurrence.

Moteur : Un lion sous le coffre
Une sollicitation de l’accélérateur, et le nouveau moteur Peugeot fabriqué à Mandeure (Doubs) nous pousse vers le périphérique. Un peu bruyant, mais capable d’accélérations franches et sans « trous », ce nouveau monocylindre de 37,2 chevaux est une réussite. Sur autoroute, on parvient à tenir un rythme de croisière soutenu et à effectuer des dépassements sécurisants, voire des pointes de vitesses dépassant les 150 km/h compteur. Seul bémol, la consommation : après avoir parcouru plus de 200 km à son guidon en ville et sur voies rapides, nous avons consommé 6,5 litres de carburant pour 100 km, c’est beaucoup.

Partie-cycle : des réactions étranges
Sur parcours périurbain et autoroutier, le comportement de la partie cycle est sans reproche, le trois-roues s’inclinant librement, et enchaînant les grandes courbes avec stabilité et facilité. Le freinage (3 disques) est lui aussi en adéquation avec le poids important de la machine (280 kg, vérifié) même si le feeling des trois leviers couplés (2 au guidon et 1 au pied) reste assez flou.

Dans les manœuvres à basses vitesses, en revanche, où il faut à la fois tourner les roues tout en inclinant la machine, ce scooter a un comportement déconcertant. Sur le dernier tiers de l’inclinaison, lors d’un demi-tour par exemple, le train avant peut arriver en butée. Il faut alors forcer sur le guidon pour maintenir son cap. Déstabilisant ! Un point sur lequel Peugeot travail encore actuellement.

Verdict
Esthétiquement réussi, suffisamment performant et mieux équipé que ses concurrents, le Peugeot Metropolis a de quoi satisfaire les clients près à investir 8890 euros dans un scooter trois-roues. Reste à résoudre les soucis de maniabilité à basse vitesse et les détails de finition liés à la pré-série (serrure de coffre, commande de verrouillage électrique du train avant). Un nouvel essai devrait nous être proposé, avant son arrivée en concession courant juin. Nous vous dirons alors si les efforts de Peugeot sur ces points ont été concluants, et si ce scooter « made in France » peut réellement rivaliser avec la gamme des Piaggio MP3 LT.

Note de la rédaction (MàJ 05/12/13)

Quelques mois après cet essai, nous avons pu prendre en main une version finalisée du Metropolis. Si la motorisation nous est apparue toujours aussi volontaire (et gloutonne), force est de constater que la maniabilité à basse vitesse a été améliorée. Les butées de direction ont été modifiées et permettent désormais de pencher à l’angle maxi sans interférence avec la direction.

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