Est-on face à une opération ponctuelle ?
Rien de nouveau n’a été décidé.

Est-ce que ce sera le lot quotidien sur le périphérique, à l’avenir ?
Cette verbalisation s’est toujours faite. Je constate qu’il y a de plus en plus d’infractions au Code de la route, de la part des deux, quatre roues et des poids-lourds. Des mesures sont prises pour lutter contre ces infractions. J’ai 1,3 million de véhicules qui circulent par jour sur le périphérique. Je n’ai pas à me plaindre de gros accidents, si on considère que moins de 6 accidents par jour, ce n’est pas beaucoup. Le périphérique est un axe relativement sûr. Avant, il y avait des chocs entre deux-roues et quatre-roues. Aujourd’hui, nous observons des accidents de deux-roues entre eux. L’un ne va pas assez vite selon la volonté du suivant, qui le dépasse dans des circonstances hasardeuses. Nous veillons à ce qu’aucun véhicule n’ait l’impunité.

Avez-vous des directives du préfet de police de Paris pour verbaliser les deux-roues ?
Que les conducteurs se rassurent, en aucun cas nous n’avons de directive, et en aucun cas je n’en donne. Il est temps de s’apercevoir qu’il existe un Code de la route, et qu’il y a lieu de le respecter. Je vais émailler mon propos de quatre chiffres : si on prend l’ensemble des accidents sur le périphérique, les deux-roues étaient impliqués dans 14 % accidents matériels, dans 70 % des sinistres corporels légers, dans 80 % des accidents corporels graves et dans 100 % des décès.

Vous avez dit avant qu’il n’y avait pas beaucoup d’accidents sur le périphérique en regard de sa fréquentation…
C’est exact, mais les deux-roues sont majoritairement concernés par les sinistres corporels. Conduire un deux-roues sur le périphérique est dangereux. L’essentiel, pour les conducteurs de motos et de scooters, c’est de rentrer vivants chez eux.

Les conducteurs savent qu’ils prennent des risques, ils sont les premiers concernés ! Quel lien faites-vous entre dangerosité du mode de circulation, et le fait de le verbaliser ?
Le Code de la route interdit de dépasser par la droite, de ne pas respecter une distance de sécurité, et il impose de respecter une vitesse adaptée aux circonstances de circulation. Il ne s’agit pas de rouler à moins de 80 km/h. Combien d’accidents avons-nous évité en procédant à ces actions, dont certains de vos lecteurs se sont plaints ?

Cette logique vous pousse à recourir à des dispositifs si particuliers ?
Je crois vous avoir déjà répondu que je suivais les règles édictées par le Code de la route. Il indique que nous devons avoir un véhicule qui circule par voie matérialisée. Pouvez-vous m’expliquer, en dehors d’arguments subjectifs et contradictoires, pourquoi un deux-roues s’estime en droit d’aller à l’encontre de ces règles en circulant entre les files ?

Des réflexions sont menées, au ministère de l’Intérieur, sur l’autorisation de la circulation inter-files. Pourquoi, alors, poursuit-on la verbalisation ?
En France, il y a séparation des pouvoirs entre le législatif et l’exécutif. En ma qualité de fonctionnaire de police, je représente le pouvoir exécutif. Je suis chargé d’appliquer les lois que le pouvoir législatif a votées. Aujourd’hui, je n’ai pas de texte qui autorise la circulation entre les files. Je n’ai aucun état d’âme. Le jour où le Code de la route acceptera qu’il puisse y avoir deux véhicules qui circulent sur la même voie, je le respecterai.

Quelle est votre opinion personnelle sur l’opportunité d’une telle légalisation ?
J’ai un doute. Aujourd’hui, je me plains d’une incivilité des usagers de la route en général. Partant de ce principe, je suis dubitatif sur les conséquences d’un élargissement du Code de la route. C’est mon opinion. Croyez-vous qu’il soit agréable à mon personnel de solliciter les pompiers pour aller relever des blessés ?

Ces opérations sont la seule réponse que peuvent apporter les autorités au problème de la circulation des motos entre les files de voiture ?
Je vous répète mon leitmotiv : le Code de la route interdit la circulation entre les files. Je vous ai dit que je n’avais aucun état d’âme. Pourquoi accorderait-on aux seuls conducteurs de deux-roues de pouvoir rouler plus vite ? Pourquoi gêneraient-ils les conducteurs de voiture et de camions, qui seraient obligés de laisser passer des files de chenilles processionnaires ? Même des conducteurs de deux-roues disent qu’il est de plus en plus difficile de circuler, à cause d’autres conducteurs qui commettent encore plus d’infractions qu’eux. Je souhaite qu’il y ait plus de conscience collective en matière de circulation.

Ce type d’opération va donc se reproduire sur le périphérique parisien ?
Est-ce que vous avez un scoop, est-ce que vous allez me dire que le Code de la route va évoluer ? Alors, vous pouvez en tirer les conséquences que cela entraîne. Un jour, un motard m’a reproché un accident parce que je l’avais laissé circuler entre les files. Je ne souhaite pas que ma responsabilité personnelle puisse être engagée de la sorte.

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