Le commandant Daniel Wadoux, affecté à la Direction de l’ordre public et de la circulation à la Préfecture de Police de Paris, nous éclaire sur l’enlèvement des deux-roues motorisés, place de la Bourse à Paris, lors des Etats Généraux de la Sécurité Routière le 20 octobre dernier. Les propriétaires des machines peuvent réclamer un remboursement de leur antivol.
J’habite ce quartier, j’y laise ma moto tous les jours, je parcours ce quartier tous les jours ; j’ai eu une belle surprise en asortant de chez moi pour aller bosser : ils avaient déplacé une centaine de moto , pour les entasser (le mot n’est pas faible) 50 mètres plus loin (je ne vois pas la notion (...)

Jérôme, un lecteur roulant en Harley 883 Sporster, nous indiquait qu’il avait vu ce jour-là les fonctionnaires de la Préfecture « enlever une centaine de motos et scooters », n’hésitant pas à « découper des antivols à la disqueuse ». Pour recouper ce témoignage, nous avons adressé un mail à la Préfecture pour lui demander des informations plus précises sur cette opération. La réponse n’est arrivée que début novembre.
Daniel Wadoux nous a donc précisé le contexte de cette opération : « Plusieurs ministres, dont le premier d’entre eux, assistaient le 20 octobre aux Etats Généraux de la Sécurité Routière, au Palais Brogniart sur la place de la Bourse à Paris. Ce genre d’événement implique des déplacements sensibles et nous devions libérer la place pour des questions de sécurité. Mais nous avons informé les riverains 48 heures à l’avance à l’aide de panneaux fixés sur le mobilier urbain de l’interdiction de stationner. »
Ces panneaux, Jérôme affirmait que les policiers les avaient installés le matin-même... « Votre témoin ne les a pas vus avant, comme d’autres ne voient pas les feux rouges » , répond Daniel Wadoux. « Il y en a eu pourtant une vingtaine placardés sur la place. Et durant toute la matinée, des fonctionnaires formulaient aux usagers l’interdiction de stationner. »
Concernant les véhicules enlevés, Daniel Wadoux en a recensé « 27, dont 11 ont été détachés d’un mobilier urbain ». Onze antivols découpés... « Ils ont été décrochés au chalumeau. Les usagers ayant subi un préjudice peuvent contacter le service contentieux de la Préfecture de Police de Paris, avec une facture d’achat de l’antivol, afin de demander son remboursement. Par contre, aucune machine n’a été verbalisée. » Daniel Wadoux insiste : « il est interdit de s’accrocher à du mobilier urbain. »
Mais si on lui objecte la difficulté de trouver un emplacement de stationnement dédié, il n’a pas de réponse...
Nicolas Grumel - 18/11/2005
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