Le 11, puis le 20 juin dernier, les militants de la FFMC-PPC ont rencontré Christophe Najdovski, adjoint au maire de Paris chargé des Transports, ainsi que Caroline Daude, conseillère de Paris chargée des déplacements, et Yvan Gieyesse, directeur adjoint de cabinet de C. Najdovski.

Des rencontres importantes : la FFMC-PPC veille au respect de l’engagement de campagne pris par Anne Hidalgo, la création d’au moins 20.000 places non payantes sur la voirie (et non en sous-sol). D’autres sujets ont été abordés, et Jean-Marc Belotti, coordinateur de la FFMC-PPC, fait un tour d’horizon avec Motomag.com.

Le nouvel adjoint au maire de Paris chargé des transports est-il, comme on pourrait le craindre, un écologiste foncièrement anti-moto ?
Je ne l’ai pas perçu ainsi, même si en bon politique, il s’est bien gardé de montrer de tels a priori aux représentants des motards. Il nous a expliqué que le vœu voté en décembre par le Conseil de Paris, à son initiative, n’avait pas pour objet de supprimer le stationnement moto, mais de faire respecter l’espace sur les trottoirs, qui doit être réservé aux piétons.

Cela dit, nous attendons de voir quelle va être la politique de la mairie de Paris en termes de transports. Près d’un million de conducteurs rentrent dans la capitale chaque jour, des Franciliens et pas seulement des Parisiens. La ville doit en tenir compte.

Ces deux réunions avaient pour objet le stationnement des deux-roues. Les 20.000 places, c’est une simple promesse de campagne ou une vraie décision politique ?
Nous avions une proposition précise de création d’emplacements à transmettre aux élus. Nous leur suggérons de matérialiser des places, à la peinture blanche, avant les feux tricolores au niveau des carrefours, mais aussi à la sortie des parkings souterrains.

Cela permettrait d’accroître la sécurité routière, en ouvrant l’angle de visibilité des automobilistes : devant un feu rouge, il vaut mieux que soient stationnées des motos que des camionnettes, qui empêchent les conducteurs de voir la signalisation et le carrefour.

Les élus ont-ils été sensibles à cet argument ?
Oui. Les responsables de la voirie ont même estimé qu’on pourrait ainsi créer très vite les 20.000 emplacements. Une autre possibilité est de matérialiser des places dans les espaces inoccupés sur les voies à contre-allée, mais aussi le long des chaussées, comme la mairie a d’ailleurs commencé à le faire dans certains arrondissements.

La FFMC change de dogme : des places peintes au sol suffisent, pas besoin d’avoir un arceau pour accrocher l’antivol ?
Sur les parkings classiques, si. Mais pour en créer des nouveaux rapidement, il faut être pragmatique. Si on doit attendre l’installation des arceaux, ce ne sera pas fait avant des années.

Certaines motos imposantes ne peuvent pas rentrer entre les arceaux ; et il est difficile de relier la plupart des 2-roues modernes à un arceau fixe via un antivol. Nous le regrettons, mais ce n’est pas de notre fait.

Un autre problème à Paris, c’est la verbalisation généralisée des 2-roues garés sur les trottoirs. Qu’en dit la mairie ?
Nous avons demandé que se tienne, au plus vite, une réunion à trois, avec la Préfecture de Police de Paris, la mairie et nous-mêmes. Les élus nous rétorquent à chaque fois la verbalisation n’est pas de leur ressort. Lors de cette réunion, nous demanderons à la préfecture pourquoi le respect de la tolérance du stationnement sur les trottoirs, de mise depuis 2008, n’est plus d’actualité.

En mars dernier, lors d’un pic de pollution, la circulation alternée a été instaurée à Paris. Motos et scooters étaient concernés. Cela risque-t-il de se reproduire ?
C’était avant les élections municipales. Mais nous avons signalé à la nouvelle équipe municipale qu’il était anormal de considérer les 2RM de la même manière que les automobiles, alors qu’elles contribuent à désengorger le trafic, donc à réduire la pollution. On nous a précisé que ce n’était pas une volonté municipale, mais un règlement relevant du gouvernement. Nous avons proposé notre contribution pour revoir cette mesure.

La sécurité des motards sur les chaussées de la capitale a-t-elle été abordée ?
L’équipe chargée des transports nous a demandé comment réduire les accidents de la route. Nous leur avons proposé de mener une campagne de sensibilisation, à destination de tous les usagers, signalant que les motards étaient vulnérables.

Nous suggérons d’utiliser les panneaux à messages variables du périphérique, en incitant les automobilistes de faire attention aux motards circulant entre les files, et aux motards, d’avoir un comportement adapté quand ils circulent entre les files.

Mais nous avons fait remarquer que l’accidentologie des motos et scooters à Paris était faible, en regard du nombre de véhicules en circulation. Les premiers décès dans les rues parisiennes en 2014 sont des cyclistes, mode de déplacement mis en avant par les élus.

Dans quels délais les nouveaux emplacements de stationnement seront créés à Paris ?
Attendons la rentrée. Il s’agissait d’une prise de contact, elle s’est avérée plutôt bonne et nous nous reverrons en septembre prochain. Nous allons consulter les militants, qui proposeront des emplacements de stationnement dans chaque arrondissement. Charge aux élus d’appliquer ensuite leurs promesses. Nous resterons très vigilants pour qu’il en soit ainsi.

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