À la demande d’Anne Hildago, maire de Paris depuis mars 2014, Bruno Julliard, son premier adjoint, et Christophe Najdovski, son adjoint en charge des transports, ont reçu, le 11 juin, les représentants des deux-roues motorisés (2RM) : la Fédération Française des Motards en Colère - Paris Petit Couronne (FFMC-PPC), mais aussi Toutes en Moto et une association de scootéristes.

Trois axes de travail ont été déterminés par les différents partis, dont la possibilité de créer 20.000 places de stationnement dédiées aux motards d’ici 2020. On attend de voir…

Les 3 axes de travail

- actualiser la charte des usagers 2RM qui avait été signée en 2007. « Ainsi, les bonnes pratiques permettant d’améliorer la cohabitation entre les deux-roues motorisées et les autres usagers de l’espace public pourront être rappelées », souligne la mairie dans un communiqué daté du 12 juin.
- engager un travail avec les représentants des 2RM afin de définir des emplacements optimisés pour le stationnement des véhicules. « Les emplacements situés aux abords des carrefours permettant d’améliorer la visibilité des conducteurs seront privilégiés », précise la mairie.
- enfin, la ville souhaite associer la Préfecture de police à des réunions communes avec les représentants des 2RM « afin d’engager, arrondissement par arrondissement, une réflexion sur la politique de verbalisation et le discernement qui doit la guider, conformément aux instructions du Préfet de police », concluent les officiels.

Pendant la campagne des élections municipales de Paris, Anne Hildago avait manifesté son attachement aux deux-roues motorisés (2RM). Elle avait même, en tant qu’élue, participé à la manifestation Toutes en moto, à Paris, lors de la journée internationale du droit des femmes. Maintenant qu’elle tient les rênes, cette dernière souhaite, selon ses dires, poursuivre le travail entamé avec les représentants des 2RM.

Pressions politiques

Cet engagement sur le stationnement 2RM n’arrive pas par hasard. Récemment, le groupe UMP au Conseil de Paris, dans l’opposition donc, a renouvelé, via sa candidate malchanceuse au fauteuil de maire, Nathalie Kosciusko-Morizet, son souhait d’augmenter de 50.000 places supplémentaires le stationnement des 2RM. Et celui de voir cesser les verbalisations pour stationnement gênant qui pleuvent sur les motos et scooters garés sur les trottoirs, même s’ils n’obstruent pas le passage des piétons.

Méfiance malgré tout

Si à première vue, tous les partis semblent satisfaits des négociations entamées, il faut tout de même rester vigilant. En nommant Christophe Nadjovski au poste d’adjoint en charge des transports, Anne Hildago véhicule un message plutôt ambigu. Ce dernier est membre du parti politique Europe Ecologie Les Verts (EELV). Et à Paris, les écologistes prônent généralement l’abandon des véhicules thermiques et donc des motos… entre autres.

Dans le communiqué du 12 juin, Anne Hidalgo manifeste toutefois « son attachement aux deux-roues motorisés comme un mode de déplacement essentiel qui vient compléter l’offre alternative à la possession d’un véhicule individuel, les transports collectifs, Autolib’ et Vélib’ ».

« Cet entretien est intéressant, mais tout le travail reste à faire », conclut Jean-Marc Belotti, coordinateur de la FFMC-PPC. « Nous allons rencontrer Christophe Najdovski très prochainement, et nous ne cèderons pas sur la réalisation de nouveaux emplacements de stationnement 2-roues à Paris ».

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