En 2014, la Fédération européenne des associations motardes (Fema) a mené l’enquête auprès des motards sur les Systèmes de transport intelligents, ou STI, dans le cadre de son projet Riderscan. Elle a récidivé en 2019 pour savoir « comment les motards perçoivent les innovations technologiques et comment leur avis a pu changer alors que ces innovations deviennent plus courantes ». Les plus de 2000 motards européens qui ont répondu au long questionnaire de la Fema sont essentiellement des hommes (93 %), âgés de plus de 50 ans et expérimentés (voire très expérimentés). Presque 50 % d’entre eux ont deux motos ou plus, et plus de 36 % des réponses sont venues de France, très loin devant la Grande-Bretagne, l’Allemagne et la Suède.

Des technologies souvent jugées inutiles
Les résultats obtenus sont clairs : « Les motards ne jugent pas très positivement la plupart de ces technologies. Elles sont même souvent jugées inutiles, voire dangereuses, quand elles interfèrent avec la conduite ou donnent des informations considérées comme pas vraiment essentielles », constate d’abord la Fema dans le gros rapport (en anglais) qu’elle consacre à l’enquête. Les motards n’attendent pas non plus grand-chose des innovations concernant les casques et les vêtements. Ils ne semblent par ailleurs « pas encore faire confiance aux vestes airbag et les considèrent comme “peut-être utiles” », analyse encore la Fema.

motards et systèmes de transport intelligents STI top 10 2019 {JPEG}

Les 10 technologies essentielles pour la sécurité, par âge du répondant. De gauche à droite : ABS, ABS pour 2RM légers (moins de 125), système eCall, coupe-circuit à l’impact, assistance au freinage, éthylotest anti-démarrage, veste airbag, éclairage d’urgence, système d’amélioration de la visibilité pour casque, système de contrôle de la pression des pneus.

D’importantes réserves
La plupart des motards interrogés sont très réservés quand aux nouvelles technologies. 46,1 % déclarent que les accidents se produisent parce que les conducteurs sont distraits par ces technologies. 34,7 % estiment à l’inverse qu’elles permettent de rendre la route plus sûre, plus “verte” et moins encombrée. Enfin, 19,2 % estiment que nous, motards, n’avons pas le choix de refuser ces technologies déjà présentes.

motards et STI différences appréciations jugements sur la sécurité 2019 vs 2014 statistiques {JPEG}

Jugements sur la sécurité (2019 comparé à 2014) - 1. Les accidents se produisent parce que les conducteurs sont de plus en plus distraits par les technologies au volant. 2. Les usagers n’ont pas le choix, les nouvelles technologies sont là et on ne peut les refuser. 3. Elles permettent un usage routier plus sûr, plus “vert” et moins encombré. C’est la solution à un trafic toujours plus important.

Par rapport à l’enquête de 2014, « les motards semblent avoir moins confiance dans la technologie et jugent négativement la présence de plus de systèmes dans et hors des voitures et des motos », écrit la Fema. Qui précise : « Les motards ne semblent pas aimer les nouvelles technologies, ou une technologie qu’ils ne connaissent pas encore, qui donnent des informations dont ils n’ont pas strictement besoin ou qui communiquent avec l’environnement ».

Par exemple, même le système d’évitement de collision aux intersections est considéré comme inutile par 21,8 % des motards ou "peut-être utile" par 37,5 % d’entre eux. Et 5,1 % seulement des répondants le jugent essentiel pour la sécurité.

motards et STI système évitement collision 2019 schéma {JPEG}

Système d’évitement de collisions aux intersections - De haut en bas : dangereux, inutile, peut-être utile, utile, définitivement utile, essentiel pour la sécurité.

Même jugement, grosso modo, pour le système de détection de motos (les motos transmettent leurs vitesse et position par rapport aux autres véhicules pour alerter les
autres conducteurs lorsque elles sont à proximité). 24,7 % des répondants le jugent inutile et 33,9 % le considère comme peut-être utile.

Comparaison 2019-2014
Plus généralement, les motards semblent être « moins positifs vis-à-vis des systèmes de sécurité qu’ils ne l’étaient en 2019 », constate la Fema. Cela se voit notamment dans le tableau ci-dessous. En 2019, le nombre de qualifications « dangereux » était supérieur de quasi 37 % à celui de 2014, celui de qualifications « inutile » a augmenté de 8,1 %. Dans le même temps, « utile » a diminué de 6,7 %, « certainement utile » a chuté de 23,6 % et « essentiel pour la sécurité » a même reculé de 52,6 %.

motards et STI différences appréciations 2019 statistiques {JPEG}

Différences d’appréciations entre 2019 et 2014 - De gauche à droite : dangereux, inutile, peut-être utile, utile, définitivement utile, essentiel pour la sécurité.

Publicité

Commentaire (0)