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Cylindrée
La Multistrada veut rester polyvalente mais devient aussi plus sportive en passant à 1200 cm 3 : elle emprunte le twin, revisité, de la sportive 1198 et se pare d’un look plus agressif que sa devancière. Proposée en 4 déclinaisons, elle peut de plus disposer d’un inédit système de suspensions "actives" couplé à la gestion du moteur.
Exit donc le 1100 Desmodue refroidi par air, benvenuta le « Testastretta Evoluzione » de la sportive 1198. Mais la puissance et la brutalité du twin refroidi par eau n’aurait pas convenu à la Multistrada 1200, qui veut rester une moto polyvalente. Les ingénieurs de Borgo Panigale ont donc retravaillé le bloc en profondeur, en modifiant le calage du vilebrequin, mais surtout l’injection et l’allumage.
Bon, le bouilleur n’en devient pas pour autant anémique, bien sûr : il développe tout de même 150 étalons à 9.250 tr/mn et le couple s’établit à 11.8 m.kg à 7.500 tr/mn. Pour aider à passer la puissance au sol sans risquer de « glissouiller », l’antipatinage DTC veillera au grain.
Là où les modifications deviennent intéressantes, c’est qu’elles entraînent une diminution de la consommation. Ducati dit s’être particulièrement penché sur le rendement du moteur et annonce une baisse de l’ordre de 15 % de carburant englouti comparé à la 1198, et une réduction des hydrocarbures imbrûlés. Calé à 120 km/h, la marque promet une autonomie de 400 km avec un plein, le réservoir contenant 20 litres. L’embrayage aurait été adouci et bénéficie de plus de l’anti-dribble équipant la sportive. La moto reçoit aussi une commande des gaz « ride by wire ».
Une moto vraiment polyvalente qui s’adapte suivant la route, les 4 modes sont vraiment super ca change le comportement de la moto, j’ai essayé j’ai adopté, je ne suis vraiment pas déçu, en plus de ca le moteur est vraiment là ! même si en France nous sommes bridés. Bravo a Ducati. Au passage nous avons (...)
Pour rester dans le « high tech » et les assistances électroniques, passons à l’équipement inédit de la Multistrada 1200 : le « Ducati Electronic Suspension », uniquement disponible sur les versions S et Touring. Un système de gestion global du comportement de la moto, au gré des envies du pilote : en pressant un bouton situé au commodo gauche, il modifiera non seulement la manière dont le moteur délivrera sa puissance, mais aussi les réglages de suspension, en compression et détente hydraulique et précontrainte des ressorts. Du mode « Sport » au plus paisible « Urban », en passant par le « Touring ».
Autant on peut se demander si le choix d’un moteur si puissant est judicieux sur ce type de moto, autant le « DES » semble correspondre à l’esprit polyvalent de la Multistrada. Il est toutefois fort à craindre que le système perde grandement de son intérêt dans la version française bridée à 100 ch. L’essai nous le dira.
Quatre niveaux de finition seront disponible, de la Multistrada 1200 de base (sans ABS, sans suspensions Ölhins, sans DES), à la version S « Touring » (tout ce qui manque à la version de base + valises, poignées chauffantes et béquille centrale), pour des prix qui s’échelonneront de 14.900 à 18.900 euros.
La Multistrada 1100, peinant à trouver son public et malgré des qualités indéniables, a fait une carrière timide. Du fait qu’elle était trop à part, ni trail, ni supermotard, ni routière, n’entrant en concurrence réelle avec aucune autre moto ? Peut-être aussi à cause de son esthétique, elle aussi « à part »…
Avec cette version 1200 de la Multistrada, toujours à usages multiples mais dotée d’un bouilleur bien plus performant que l’ancien 1100 cm3, Ducati semble clairement concurrencer les ténors de la catégorie gros trails, voire gros supermotards : Triumph 1050 Tiger, KTM 990 SMR et SMT, Moto Guzzi Stelvio, etc.
Mais celle qui semble particulièrement visée, vu le côté « haute technologie » de la nouvelle Bolognaise, c’est la BMW R 1200 GS et sa suspension pilotée ESA. Son esthétique, originale mais plus consensuelle que celle qu’elle remplace, devrait aider la Multistrada 1200 à séduire son monde et à connaître une meilleure carrière commerciale.
Grégoire Acerra - 13/11/2009
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