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Les élus en selle avec la FFMC Adloint au maire : sensation Vice président de conseil général au guidon Mr Moto DDE 54

Au programme : une balade à moto d’une demi-heure autour de l’agglomération pour montrer les spécificités de la conduite moto, puis une présentation du Manifeste de la FFMC pour qu’une discussion entre élus et motards se fasse sur la base de propositions concrètes.

Le circuit parcouru est d’abord destiné à montrer des infrastructures dangereuses ou inadaptées : peintures au sol, chaussées dégradées, plots rigides de séparation des voies... Mais la balade a aussi permis de montrer la fragilité des deux-roues dans la circulation. Mathieu Klein, vice-président du Conseil général, dont ce fut le baptême à moto, salue l’initiative : « En moto, on a une attention à l’environnement immédiat qui n’est absolument pas la même qu’en voiture. Pour les infrastructures, la balade vous confronte à des choses dont on entend parler d’un point de vue totalement théorique. Mais, de les vivre, ça donne un tout autre point de vue. »

Les échanges post balades ont été très enrichissants. C’est d’ailleurs la grande satisfaction de cette journée. En dehors de Monsieur Moto 54 et du délégué départemental à la sécurité routière, seuls quatre élus avaient répondu présent à cette invitation. C’est peu, mais encourageant pour une première expérience qui devrait être renouvelée l’an prochain.

Le point de vue de Jean-Claude Ripoll adjoint au maire de Malzéville - banlieue de Nancy

Moto Magazine : Quelles sont vos impressions suite à cette balade ?

JCR : Je me rends compte qu’en moto il faut toujours être méfiant : on n’a pas le droit à l’erreur, il faut constamment être attentif à l’environnement et anticiper. Les voitures ne se rendent pas compte à quel point on ressent leur présence sur le côté. Elles ne voient pas qu’un petit écart peut s’avérer extrêmement dangereux pour le motard. Il faut que chacun fasse attention aux autres. Il faut développer une compréhension mutuelle, créer un état d’esprit pour rouler en bonne intelligence.

Moto Magazine : Quels enseignements tirez-vous par rapport aux infrastructures ?

JCR : C’est-à-dire que les élus ne comprennent pas tout parce qu’il leur manque certains éléments. Quand ils doivent refaire des aménagements, les élus vont penser aux piétons, aux gens qui amènent leurs enfants à l’école, etc. Mais ils vont oublier certaines catégories d’usagers, en l’occurrence les 2RM et... sincèrement, je ne pensais pas qu’il y avait autant d’aspérités sur les routes qui pouvaient gêner à ce point les motards. Car, à la différence de la voiture, vous ressentez tout. Dans un virage, quand vous avez une plaque d’égout qui est mal située ou une fosse de travaux qui a été mal rebouchée, vous ressentez le danger. Alors s’il pleut et qu’il fait nuit, vous avez une triple surprise.

Moto Magazine : Suite à cette action, qu’est-ce qui pourrait être rapidement mis en place au niveau des communes ?

JCR : Lorsque des aménagements doivent être faits sur les infrastructures, que ce soit au niveau de la route ou du mobilier urbain, il faudrait que tout le monde se réunisse autour d’une table. Si les élus peuvent profiter de l’expérience de chacun, ça évitera qu’on crée un danger pour les motards en pensant assurer la sécurité d’une autre catégorie d’usagers.

Mathieu Klein vice-président du conseil général

Conseillé général sous un angle nouveau
Mathieu Klein, conseiller général, qui est ici passager, a pu voir la route sous un autre angle

Moto Magazine  : Quels enseignements tirez-vous de cette balade à moto ?

MK : C’était assez amusant car on vient de traverser le canton de Nancy dont je suis conseiller général et, du coup, ça m’a donné une perspective très différente de mon canton. C’est vrai qu’on voit beaucoup de choses en moto : on se rend compte de la qualité du revêtement de la route, on a une attention à l’environnement immédiat, aux cyclistes, aux voitures... qui n’est absolument pas la même qu’en voiture. Pour tout vous dire, j’ai découvert une priorité à droite que je ne connaissais pas. Je ne l’avais jamais remarquée alors que je passe souvent là en voiture.
Pour les infrastructures, la balade permet de vivre des choses dont on a entendu parler d’un point de vue totalement théorique. Mais de les vivre, ça donne un tout autre point de vue.

Jean-Marie Uhlrich conseiller général en charge des infrastructures routières - adhérent de la FFMC

Moto Magazine  : En quoi le fait d’être motard guide votre action au conseil général ?

JMU : Ca me guide depuis toujours. Les services en charge de l’aménagement et de l’entretien des routes savent que je suis motard et, de ce fait, on ne fait pas n’importe quoi sur les routes : on pense systématiquement aux motards. Mais ça ne tient pas qu’à moi : l’ingénieur qui s’occupe des routes dans le département est également motard, il ne m’avait pas attendu pour agir dans ce sens. De toute façon, que je sache, il n’y a pas de problèmes majeurs entre les revendications de la FFMC et ce que fait le conseil général. Et si c’était le cas, je le saurais et ce serait déjà arrangé.

Moto Magazine : Que pensez-vous de cette initiative en direction des élus ?

JMU : Le faire en direction des élus c’est une très bonne chose puisque ce sont des décideurs et aussi des vecteurs vis-à-vis de la population. Mais il faudrait le faire vis-à-vis de tout le monde car les motards n’ont pas toujours bonne presse, ce qui est complètement injustifié dans la plupart des cas. C’est cette oeuvre d’éducation, d’explication qu’il faut constamment renouveler. Et c’est à nous, Fédération et élus, d’être à la tête de cette œuvre d’éducation pour que, sur la route, tout se passe en harmonie entre les motos, les voitures, les camions...

Gilles Parisse Monsieur Moto - DDE 54

Moto Magazine  : Qu’est-ce qui intéresse Monsieur Moto dans cette initiative en direction des élus ?

GP : Cette initiative permet de montrer ce qu’est le monde des motards, loin du monde du Moto GP auquel certains s’identifient, car ce sont de vrais motards qui montrent aux élus qu’être motard, c’est savoir être civique sur un domaine public qui doit être partagé par tous.
Le côté intéressant de la journée, c’est qu’on ne parle pas d’accident. Aujourd’hui, on parle directement de la vie des motards. Plutôt que d’évoquer quelque chose de malheureux, on se réfère à quelque chose qu’on veut vivre.

Moto Magazine  : Vous pensez que ça vient renforcer le discours que vous pouvez tenir au quotidien ?

GP  : Oui, c’est un autre discours qui va permettre aux élus de savoir, en fonction de leur balade, quels sont les équipements qui sont réellement nécessaires et de comprendre les requêtes des motards en matière de sécurité et en besoin d’équipements routiers.

Propos recueillis pas Raphaël Bary correspondant 54

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