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Moto du futur : alarme anticollision Bosch Moto du futur : Bosch MHC/VHC, immobilisation en pente Moto du futur : Bosch MSC pour freiner sur l’angle Moto du futur : tableau de bord Bosch ICC

Une moto qui avertit de la dangerosité d’un virage, qui alerte les secours en cas d’accident ou qui communique avec les autres usagers de la route pour éviter une collision… pure science-fiction ? Plutôt de l’anticipation, comme l’a démontré l’équipementier Bosch lors d’une journée de démonstrations organisée au sein de son centre d’essai situé à Boxberg (Allemagne), le 30 mai dernier.

Ces innovations répondent à l’ambition de l’entreprise allemande d’augmenter sa présence sur nos motos. Une volonté qui fait écho à la double exigence des pouvoirs publics de réduire la mortalité routière et de lutter contre la pollution.

Pour y parvenir, Bosch a récemment créé une division 2RM (Two wheeler & motosport) basée à Yokohama (Japon), au plus près des constructeurs japonais que sont Yamaha, Honda, Suzuki et Kawasaki.

Pallier l’erreur humaine
Pour contribuer à l’objectif fixé par les Nations-Unies de réduire de moitié le nombre de tués sur les routes d’ici à 2020 — actuellement 3 400 morts/jour dans le monde (tous véhicules confondus) — Bosch souhaite aider les conducteurs à mieux maitriser leur engin, 9 accidents sur 10 étant causés par une erreur humaine.

Entamé dans les années 80 avec les premiers ABS dérivés de l’automobile, le travail de Bosch sur le freinage s’est poursuivi avec le MSC, le contrôle de stabilité des motos.

Cette technologie, déjà présente sur les KTM 1190 Adventure, 1290 Super Adventure ou encore sur la Suzuki DL 1000 V-Strom, limite de risque de chute en virage lors d’un freinage d’urgence, tout en maintenant la moto sur sa trajectoire.

Un aspect essentiel selon Bosch qui avance que 2/3 des accidents survenant en virage sont imputables à des erreurs de pilotage.

Plus anecdotiques, mais pratiques, les fonctions VHC et MHC (Vehicle/Motorcycle Hold Control), dérivées de l’automobile, immobilisent la moto une dizaine de secondes sans qu’il soit nécessaire d’exercer une pression sur les freins.

Des motos connectées
« Un motard averti en vaut deux », tel pourrait être le mot d’ordre de « l’horizon connecté ».

Cette technologie, que Bosch envisage de proposer aux constructeurs d’ici 2 à 3 ans, informe le conducteur via un intercom des caractéristiques des prochains hectomètres (exemple : « virage à gauche, 80 km/h ») et alerte en cas de vitesse inadaptée (« attention, votre vitesse est excessive »).

Le système devrait s’adapter au profil des conducteurs (tranquille ou sportif) et être paramétrable pour éviter tout excès incitant à le désactiver.

Interconnexion entre véhicules
Hélas, maitriser sa moto reste insuffisant pour limiter le risque, souvent fatal, de collision. Bosch travaille, comme d’autres marques (Volkswagen a amorcé le mouvement), à perfectionner son système d’interconnexion entre véhicules (V2V, vehicle to vehicle).

Équipé d’un transmetteur, de la taille d’un paquet de cigarettes pour les motos, chaque véhicule transmet à un cloud des informations sur son type (moto, voiture,…), sa vitesse, sa position…

Ces données permettent à chaque conducteur d’adapter sa conduite à son environnement en étant mieux informé de la présence d’un obstacle invisible car dissimulé (poids-lourd, brouillard, haie…). Des alarmes anticollision sont également en cours de développement.

eCall
Malgré tout, ces technologies n’empêcheront jamais une moto de quitter son fragile point d’équilibre. Ce cas est également envisagé par Bosch qui apporte une réponse nommée eCall (emergency call, appel d’urgence).

En cas de crash, détecté et identifié par la moto, un signal est envoyé à un centre de secours privé qui se chargera de s’assurer de la réalité de l’alerte, si besoin par audio conférence, avant de prévenir les secours d’urgence (SAMU, pompiers).

Des services bCall pour le dépannage ou iCall pour les informations routières seront également proposés.

Gestion de systèmes
Paramètres de la moto, alarmes, navigation, téléphone, applications (météo, communauté…) : le motard se transforme progressivement en un gestionnaire de systèmes et de services !

Pour l’assister dans ces tâches, Bosch a mis au point un tableau de bord ressemblant furieusement à une tablette tactile. L’ICC (Integrated connectivity cluster) intègre toutes ces données tout en affichant des services supplémentaires fournis par un smartphone laissé dans la poche.

La KTM 1290 Super Adventure est la première moto à être dotée de ce tableau de bord de nouvelle génération.

Autre enjeu de taille, la lutte contre la pollution. Celle-ci imposera, dès 2020 et le premier volet de la prochaine norme (Euro 5-1), la présence de nouveaux capteurs d’aide au diagnostique puis, en 2024 (Euro 5-2), le contrôle du vieillissement du catalyseur.

De nouveaux injecteurs sont également à l’étude pour réduire de 50 % les émissions d’hydrocarbures imbrulés lors des démarrages à froid.

Intérêt économique
Dans un marché des technologies appliquées aux deux-roues motorisés (2RM) en plein essor — 20 % de croissance depuis 2012, contre 5 % pour les 2RM —, Bosch entend tirer son épingle du jeu en vendant pour un milliard d’euros d’équipements en 2020.

Une prévision raisonnable au regard aux estimations de la production mondiale annuelle de 2RM, qui devrait dépasser les 160 millions en 2011, soit une progression de 30 %, pour répondre à de multiples usages : loisir premium en Europe, Japon et Amérique du Nord, mobilité urbaine dans des mégalopoles saturées et moyen de transport de masse dans les pays émergents.

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