La Traversée de Paris a bien eu lieu, le 8 janvier, dans des conditions climatiques difficiles au début et plus clémentes en fin de matinée. Elles n’ont pas empêché les amateurs d’anciennes, notamment ceux qui circulaient en cabriolet ou deux-roues, de s’offrir une belle balade dans la capitale en ce dimanche matin.

Un agréable moment hors du temps que cet événement organisé par Vincennes en anciennes, volé aux embouteillages et aux interdictions de circulation qui menacent les véhicules d’avant 1997 (pour les autos) et d’avant 2000 (pour les motos) non immatriculés en collection...

La Traversée de Paris fut l’occasion de croiser trois beautés, des machines « anciennes » mais capables de circuler tous les jours, et qui ne coûtent pas si cher à la planète, en dépit de ce panache légèrement bleuté émanant des échappements à contre-cône ou saucisson.

La Bonnie de Niko, #542 du Club Triton
« Ma Triumph Bonneville T120 de 65 est dans sa couleur d’origine, explique Niko, par ailleurs technicien lumière à l’Opéra Bastille. En théorie, le modèle de 65 n’a pas cette couleur-là. Il est paré d’un bleu plus pailleté et foncé, et seuls quelques exemplaires seraient sortis avec ce bleu du millésime 61.

Ma Bonnie roule tous les jours. Elle avait un condensateur à vis platinées et j’ai fait installer un allumage électronique Boyer. Depuis, ça bouge plus. Mais maintenant en hiver j’ai peur du freinage alors je la laisse. C’est un tambour simple came. Il y a dix ans ça ne me faisait rien mais maintenant... J’ai gamélé avec ma 750 Ducati, roue avant bloquée après un freinage, dans une ligne droite. Je me suis fait mal à la clavicule, ceci explique cela.

Cette moto appartenait à mon frère. Avant, je possédais avant un Speed Twin de 51. Il a trouvé une Mike Hailwood et j’ai récupéré la Bonnie ».

Niko ne comprend pas les interdictions de circulation qui menace sa Triumph du garage en semaine (elle n’est pas immatriculée collection) : « J’aimerais qu’il y ait une belle réaction au moins le jour J. Que tout le monde descende dans la rue à moto. Le 2-roues, c’est pas la première cause de pollution. Il nous amène bien plus vite au boulot que le 4-roues.

Ils le savent mais ce qu’ils veulent c’est punir. Je n’aime pas cette approche : punir, aboutir à ce que tout le monde se ressemble... Comme la moto évoque un esprit de liberté, ça les gêne. Ils veulent qu’on consomme, qu’on achète de l’électrique. Mais l’obsolescence programmée ne m’intéresse pas ».

La Norton 750 Commando 1972 de Mimmo
« Elle est équipée d’un moteur Combat, explique Mimmo, lui aussi au Club Triton. Cette machine a brûlé et la motorisation a été refaite en grande partie avec des pièces d’origine. Récemment on l’a dotée d’un arbres à cames PW3 pour qu’elle monte plus facilement dans les tours.

Elle est également équipée d’une fourche Paioli, d’un frein avant à tambour 4 cames Grimeca, de roues de 18 avant et arrière au lieu de 19 d’origine et d’un demi-guidon qui apporte une position confortable ».

La Enfield Bullet 500 de 1992 de Marco
La Enfield Bullet 500 de Marco porte une vignette, mais un peu différente du certificat Crit’air exigé par la Ville de Paris...

Un autocollant destiné à afficher l’opposition de Marc Bertrand, par ailleurs chargé de mission Sécurité routière à la FFMC, à l’interdiction visant les motos mises en circulation avant juin 2000, en semaine dans la capitale. « Le 2-roues est une solution à la pollution puisqu’il contribue à fluidifier la circulation », rappelle, à juste titre, Marco.

Les motards en colère contre ces restrictions en ville, qui visent les conducteurs les plus modestes et ceux dont les véhicules ne polluent pas le plus, appellent à se mobilisern avec la FFMC Paris-Petite Couronne, le jour de l’entrée en vigueur de la verbalisation à Paris : rejoignez-les le 16 janvier, à partir de 14h sur l’esplanade du Château de Vincennes !

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