Le décès d’un gendarme le 4 février a suscité l’émoi dans la presse et sur le web. L’homme, sur sa moto de service, a été percuté par une voiture à un stop en Charente. Une situation hélas trop fréquente, à cause d’un défaut de la formation automobile.
La mort d’un gendarme motocycliste, le 4 février dernier sur une route de Charente, a été largement relayée sur le web et dans la presse quotidienne. Jean-Claude Aubert, 44 ans, a été percuté par une automobiliste en Renault Mégane qui semblerait avoir démarré trop vite en franchissant un stop, sur la RD 951 entre Saint-Claud et Confolens, d’après le site de La Charente Libre.
Une enquête est en cours, comme à chaque accident mortel. Gageons que les collègues de Jean-Claude Aubert apporteront un soin particulier à identifier les causes de ce décès. Et qu’ils ne se contenteront pas de stipuler que « le motard roulait trop vite », comme c’est hélas trop souvent le cas dans de nombreux formulaires d’enquêtes post-accidents mortels…
Situation trop banale. En 2008, six motocyclistes sont morts sur les routes de Charente. Les départementales y sont particulièrement dangereuses, 25 personnes ayant trouvé la mort sur ce type de chaussée en 2008, sur un total de 45 décès tous véhicules confondus (source : Préfecture de Charente). Au plan national, 108 usagers en deux-roues motorisés ont été tués à une intersection en 2008.
Un beau dimanche matin bien triste à lire certains commentaires peu agréables... quel dommage, le droit d’expression ne veut pas dire se laisser aller à des commentaires déplacés ou pire, limite ignobles pour certains...merci pour la famille... Quoi qu’il en soit un motard est mort, gendarme (qui (...)
Or, dans les accidents corporels automobile contre moto, les conducteurs de voitures de tourisme sont présumés plus souvent responsables que les motocyclistes (46 % contre 29 %, source : Observatoire national de sécurité routière). Que nous inspire cette litanie de chiffres que d’aucuns estimeront non sans raison morbides ? Ils prouvent un manque de perception des motos par les autos. Cette situation devient critique aux intersections, et surtout en rase campagne.
Prise de conscience ? Souhaitons, espérons, prions que la médiatisation de cet accident impliquant un gendarme fasse prendre conscience aux autorités (gouvernement, préfectures, forces de police et de gendarmerie) que les motocyclistes ne sont pas seulement de dangereux abrutis assoiffés de vitesse. Qu’ils sont également victimes d’un défaut de perception par les automobilistes, lié à un apprentissage déficient de la conduite.
L’institut de recherche public Inrets l’a d’ailleurs mis en avant, dans des travaux présentés en mars 2009 : il est urgent d’apprendre aux automobilistes à prendre en compte les usagers vulnérables que sont les 2RM dans la circulation, à maîtriser les spécificités de leur ergonomie notamment. La FFMC demande depuis longtemps qu’on intègre les 2RM aux cours de conduite automobile. Et si cet accident regrettable permettait d’avancer sur ce besoin essentiel de sécurité ?
Nicolas Grumel - 11/02/2010
Fin février 2012, la Sécurité routière remettra sa feuille de route sur la mise en place des limiteurs s’adaptant à la vitesse autorisée (Lavia) à Nicolas Sarkozy. Un mois avant la remise de ce rapport, la polémique gronde déjà...
On le redoutait, et on avait raison : l’obligation de porter un brassard rétro-réfléchissant est annoncée, ce 4 janvier par le ministre de l’Intérieur. Un arrêté daté du 3 janvier 2012 précise que son port sera obligatoire pour les conducteurs de 2-roues à moteur à partir du 1er janvier 2013.
C’est en ces termes que l’antenne de la Fédération française des motards en colère (FFMC) de la Nièvre titre son dernier communiqué de presse, en date du 23 novembre 2011. Les militants ont souhaité réagir face au mauvais traitement dont les motards accidentés font souvent l’objet dans les médias locaux et de la part des pouvoirs publics.
Le brassard fluo obligatoire dès le 1er janvier 2012 ! C’est ce qu’annonçait le dossier de presse sur la sécurité routière, publié le 30 novembre par l’Élysée… Le monsieur SR du gouvernement, Jean-Luc Névache, a rectifié le tir, le lendemain sur le stand de la FFMC au salon de la moto.
Les motards du Vaucluse se sont donnés rendez-vous à Cavaillon, le samedi 29 octobre, à l’appel de la FFMC 84 pour des opérations coup de poing contre des radars automatiques, symboles de la politique spectacle en matière de sécurité routière.