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Reportage

Mettet : un Guidon d’Or à la belge

Depuis 19 ans, il existe une épreuve en Belgique qui oppose les ténors de la glisse et du tout-terrain aux stars de la vitesse : le Superbiker. Le tout pour le fun !

 
 
Mettet : un Guidon d'Or à la belge

Tous les ans, à la fin de la saison, les stars de la vitesse, du cross et du Supermotard convergent vers un seul et même lieu pour disputer le « Superbiker » de Mettet, non loin de Charleroi en Belgique.

 Cette épreuve est la seule qui rassemble un public aussi nombreux et passionné, soit près de 25.000 personnes l’espace d’un w.e.

Le rendez-vous est toujours le même, aux alentours de la mi-octobre. « C’est une idée qui nous est venu, il y a 19 ans », explique Freddy Tacheny, le responsable de l’organisation. Le principe est simple, opposer des stars de la vitesse aux autres champions de la glisse - à l’image des pilotes de Supermotard ou des crossmen.

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EN IMAGES

Xaxier Siméon : Un talent certain, jusqu’à quand ?

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Xaxier Siméon, l’espoir
Xaxier Siméon (à gauche) est l’un des jeunes espoirs belges en vitesse. Pour sa première participation en 600 Superstock, il termine à la 5ème place du scratch. Il pose ici en compagnie de son chef mécano, Alex Chanterain.

Lors de cette 19ème épreuve du Superbiker, un espoir de la vitesse belge était présent en la personne de Xavier Siméon. Ce jeune pilote est le rejeton de Michel Siméon, vice-champion d’Endurance en 1995 avec Stéphane Mertens et Jean-Michel Mattioli. Michel a aussi été pilote de GP et en a disputé 37 au cours de sa carrière, c’est dire si Xavier est à bonne école.

A 16 ans, Xavier Siméon vit un rêve puisqu’il porte les couleurs officielles du team de Francis Batta : Suzuki Alstare (qui a remporté le titre de Mondial Superbike avec l’Australien Troy Corser). Pour sa première apparition en 600 Superstock européen, Xavier termine 5ème au classement général « c’était l’objectif qui m’était assigné en début de saison », explique cet adolescent au visage encore poupin.

L’année précédente, il avait aussi terminé 5ème de la Suzuki Cup « en ratant deux courses », explique-t-il. Ensuite, c’est son mentor, Didier de Radigues, un ancien champion belge, qui a joué de ses relations auprès de Francis Batta pour faire engager son jeune poulain.

Cela s’est décidé après une batterie de tests en novembre 2004 sur le circuit de Valencia. « J’ai tourné durant deux jours et j’ai réalisé des temps de 1’48, ce qui m’aurait mis dans les 15 premiers en Mondial Supersport », continue Xavier. A l’issue de ces roulages, le jeune belge est embauché dans la prestigieuse équipe pour une durée de 3 ans.

En fait, à son niveau, cela veut dire que courir ne lui coûte pas un centime, tous ses frais étant pris en charge par le team belge. Il n’est pas encore question de salaire le concernant. Mais Xavier vit très bien cette situation, car « cela me permet de vivre pleinement ma passion. » Pour la saison prochaine, il ne sait toujours pas dans quelle catégorie il va courir. Il souhaiterait pouvoir continuer en 600 Superstock « pour finir mon année d’apprentissage et remporter cette catégorie. Je ne me sens pas prêt à passer en 1000. »

Mais courir dans une équipe de renom, et à un tel niveau, demande une auto-discipline que le jeune Xavier a du mal à respecter. « Cela lui est arrivé de faire la fête en boîte la veille d’une course », explique Sonia, une journaliste belge qui le connaît bien. Son ascension aussi rapide dans un team officiel a sans doute lissé les difficultés auquel le jeune Xavier n’a pas été confronté, contrairement à ses petits camarades de jeu.

Alors si Xavier a beaucoup de talent, saura-t-il l’exploiter au mieux durant les années à venir ? On aura un début de réponse en 2006.

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Événements

« On a découvert ce concept aux Etats-Unis et on l’a adapté à la Belgique. »

Le succès est immédiat et ne s’est jamais démenti : des 70 pilotes et des 3000 visiteurs du début, les 150 bénévoles engagés ce jour par le RUMESM doivent canaliser pas moins de 350 pilotes et presque dix fois plus de spectateurs que lors de la première édition.

« Mais ce n’est pas un « Guidon d’Or » comme à Bercy », précise Freddy Tacheny. « Ici à Mettet, on est au grand air, c’est une sorte de Monaco du Supermotard, car les spectateurs peuvent toucher leurs vedettes, au propre comme au figuré. »

Ce qui fait la réussite de ce rendez-vous annuel c’est la conjonction de deux phénomènes, l’envie des pilotes de se « tirer la bourre » pour le fun et le désir du public de voir des vedettes, qu’il n’a pas souvent l’habitude de croiser.

En ce qui concerne les têtes d’affiche, l’organisation avait fait le plein puisque Troy Corser (champion du monde du Superbike 2005), Stefan Everts (9 fois titré en GP de Motocross), Eddy Seel (champion du monde Supermoto en 2003), Stéphane Chambon (champion du monde Supersport en 1999), Yves Demaria (champion du monde MX3 en 2004), Fabien Foret (champion du monde Supersport 2002), Gérard Delépine (champion d’Italie du Supermoto en 2005) et bien d’autres vont être confrontés à des « crossmen » comme Andréa Bartolini, Gordon Crockard, Joshua Coppins et Patrick Caps, le tout étant arbitré par des pilotes de Supermotard de talent comme l’Allemand Bernd Hiemer, le Français Jérôme Giraudo et le Martiniquais Xavier Bellorophon, entre autres... En tout, on a pu comptabiliser 30 titres de champion du monde sur la ligne de départ, un exploit unique quand on sait combien il est difficile de rassembler toutes ces stars aux agendas surchargés.

Un nouveau Starbiker est né !

D’ailleurs, c’est le pilote allemand, Bernd Hiemer, engagé en championnat mondial de Supermotard, qui a créé la surprise en remportant le titre de « Superbiker » 2005, à la grande déception de Stéphane Chambon.

Le Français, surnommé là-bas « le Petit Prince de Mettet », a remporté 8 fois cette épreuve (depuis 1990) et devait logiquement être confronté à Frédéric Fiorentino, le Belge vainqueur en 2002 et 2004.

Lors de la première manche du « Superbiker », Stéphane Chambon cale sur la ligne de départ et manque de se faire tamponner à plusieurs reprises. Deux virages plus tard, il cale à nouveau et coince deux autres pilotes avec lui, dont Yves Demaria. « Je ne sais pas ce qui s’est passé, j’ai de gros problèmes avec l’embrayage », lâche Stéphane avant de retourner au box, dépité.

Pendant ce temps, Bernd Hiemer a pris le meilleur départ suivi de Gérard Delépine, Jérôme Giraudo et Jurgen Kunzel. Hélas, le pilote allemand chute et reprend la course en 5ème position. Après une bataille épique, il parvient à terminer 3ème sur le podium, derrière le français Jérôme Giraudo et Jurgen Kuntzel.

Lors de la deuxième manche, c’est encore l’Allemand qui prend le meilleur départ. Mais il ne sera pas lâché par un Stéphane Chambon revanchard, qui ne le quitte pas d’une roue. Au final des 12 tours de course, il franchit la ligne d’arrivée avec 66 centièmes de retard sur le pilote d’outre-Rhin. Jérôme Giraudo, se contente de la troisième place à 97 centièmes !

Au classement cumulé, Bernd Hiemer (deuxième au classement provisoire mondial Supermoto) est déclaré nouveau vainqueur de l’épreuve devant le Français Jérôme Giraudo et Jurgen Kunzel, tous des spécialistes du Supermotard.

Pour en savoir plus : superbiker

Thierry Leconte - 18/10/2005

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