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Les guides moto demandent reconnaissance Les guides à moto unis au sein d’une fédération Bruno Berthier, président de la fédé des guides Guidage à moto : pas de vraie reconnaissance

Formation professionnelle obligatoire
« Le ou les véhicules d’accompagnement sont utilisés pour signaler et guider le convoi à des fins de sécurité vis-à-vis des autres usagers de la route. La conduite de ces véhicules de protection et de guidage est subordonnée à une obligation de formation professionnelle spécifique », précise l’article premier de ce texte.

Deux problèmes de taille
D’accord, la profession est encadrée. Mais alors, pourquoi les hommes en jaune voient-ils rouge ? « Nous voulons être reconnus », martèle Bruno Berthier, président de la FNPSTE (Fédération nationale des professionnels de la sécurité des transports exceptionnels). Les « guideurs » (ce néologisme a été inventé par le gouvernement, sans concertation avec les professionnels du secteur) ont deux problèmes.

Problème de légitimité
Le premier, c’est la reconnaissance par les autres usagers de la route. Avant, quand un conducteur voyait un policier ou un gendarme faire de grands signes sur sa moto blanche ou bleue, il s’arrêtait, par peur de prendre un PV. Ca, c’était avant... Avec les « jaunards », c’est une autre histoire. Certains conducteurs poursuivent leur route comme si de rien n’était. Aux risques et périls des accompagnateurs des convois...

Accidents
« Nous avons recensé 7 accidents de la circulation en 2012 », déplore Bruno Berthier. « Un guideur a perdu l’usage d’un bras à cause d’un véhicule qui arrivait face au convoi sans ralentir, se mettant lui-même en danger... Nous voulons être reconnus, afin que notre présence soit enseignée à l’auto-école, aux candidats aux permis de conduire ».

Les transporteurs les ignorent
Autre problème, l’acceptation de leur utilité par les transporteurs professionnels, qui se passeraient bien de ces sous-traitants. Les transporteurs facturent la prestation du motard et l’esquivent parfois, n’étant que peu inquiétés faute de contrôles. « Nous sommes dans une situation de monopole inversé », déplore Bertrand Lesort-Pajot, adhérent de la FNPSTE. « Ce sont nos clients, les transporteurs en l’occurrence, qui fixent le prix de notre prestation. On ne voit ça nulle part ! »

Grande solitude
Profitant de la faiblesse de ces motards solitaires souvent auto-entrepreneurs, les entreprises de transport se contentent de régler un montant minimum : en moyenne 620 euros hors taxes la journée, le trajet domicile-lieu du transport, le carburant, l’entretien du véhicule, les frais d’hébergement et de nourriture étant compris dans le forfait !

Fédération
Face à cette situation, deux tiers des guides se sont regroupés au sein de la FNPSTE. Cette fédération compte actuellement 64 adhérents, sur la centaine de guides à moto de convois exceptionnels recensés en France. Elle a écrit à plusieurs reprises au ministre de l’Intérieur, sans être encore reçue par son cabinet. Ce qui explique le ras le bol.

Premier rassemblement
Le 5 avril, une vingtaine de guideurs et 3 conducteurs de véhicule pilote se sont donnés rendez-vous devant le bâtiment de M6 à Neuilly-sur-Seine. Ils prévoyaient de défiler devant les sièges chaînes de télé (TF1, France TV à Paris) avant de passer devant l’Assemblée nationale et le Sénat, dans le but d’attirer l’attention sur eux, « sans gêner les conducteurs », précise Bruno Berthier.

Comité d’accueil
Les forces de l’ordre les ont arrêtés dès Neuilly, la manifestation n’étant pas déclarée. Les guides se sont rassemblés sur le parking du centre commercial de Vélizy 2 (Yvelines) afin de décider de la suite à donner à ce mouvement. Un nouveau, et ultime courrier, va être envoyé au ministère. S’il ne reçoit pas d’écho, alors les motards accompagnateurs de convois exceptionnels promettent de durcir le mouvement. Et là, il sauront se faire connaître des autorités, comme des usagers de la route.

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