Comparatifs

« L ’autre voie » pour parvenir à ce résultat consiste à concevoir une routière et de lui injecter de l’ADN de trail (débattement de suspensions, position de conduite dominante, etc.), à l’image de la nouvelle Kawasaki Versys. Alors, ça sera quoi pour vous, trail routier ou routière trailisante ?

Parquées côte à côte, quelle différence de gabarit ! Incroyable ce que la Suzuki peut faire « mastoc ». Déjà pas trop sexy, elle n’est guère aidée par ce rapprochement qui renforce même ce côté « germano-fonctionnel », voué uniquement à l’« utile ».
- La Versys, à côté, c’est tout le contraire. Gracile et fluette, campée sur ses hautes suspensions, elle semble forcer le trait « bimbo » (peut être trop…). Avec elle, pas de compromis : on aime ou on déteste le style Tanaka, chef du design Kawasaki depuis quatre ans.
- Côté finition, il ne faut (malheureusement) rien attendre de ces motos tarifées au plus juste. Bouts de plastoc noirs ici et là, circuit électrique mal protégé, soudures grossières font partie de la dotation. Match nul sur ce point.

Prise en main : avantage pour les grands.

Avec des hauteurs de selle respectives de 820 mm pour la Suz’ et 850 mm pour la Kawa, la prise en main est déjà source de tracas pour les moins d’1,75 m… Heureusement, la selle de la Versys est étroite sur sa partie avant, ce qui facilite la pose des pieds au sol.
- Dès les premières évolutions urbaines, toutes deux font preuve d’une docilité remarquable, mais la Kawasaki marque des points : la souplesse de son bicylindre parallèle à la régularité cyclique parfaite est un atout quand il s’agit de rouler sur un filet de gaz, tout comme son rayon de braquage (4,65 m) et l’impression de légèreté qu’elle procure. Seule la boîte de vitesses marque le pas. Lente et bruyante, elle n’est pas agréable.
- La Suz’ se montre moins à son aise à cause de son gabarit (largeur, empattement, poids) et de son moteur un chouïa moins souple. Petite victoire Kawa…

Comportement : Kawa prend la tête…

Quelques dizaines de kilomètres d’autoroute suffisent pour départager nos deux montures. Dans ces conditions, la Suzuki frise le sans-faute. Dans un confort parfait (position de conduite, protection, forme de la selle), la V-Strom soigne son pilote au doux ronronnement de son twin (6 000 tr/min à 130 km/h, tout comme la Kawasaki).
- Il faut juste veiller à la bonne hauteur de la bulle (deux positions possibles) en fonction de sa taille pour éviter les turbulences au niveau du casque. Le pilote de la Versys, lui, est moins à la fête. La selle n’est guère confortable et la protection du buste et des jambes est franchement juste, surtout l’hiver… Victoire Suzuki !

Les petites routes de Champagne s’offrent enfin à nos roues et après avoir quelque peu rongé son frein sur l’autoroute, le pilote de la Versys prend vite le large… Maniable, vive, la petite Kawa virevolte de virage en virage.
- Son train avant met en confiance par un retour d’information précis et ses suspensions fermes servent un châssis rigide et à la géométrie parfaite. C’est dans ces conditions que l’on apprécie la conception purement « route » de cette moto. Derrière, la V-Strom trace sa route à son rythme. Stable une fois sur l’angle, elle exige néanmoins plus de tonus de la part de son pilote pour s’inscrire en courbe, la faute à un empattement (plus 125 mm) et un angle de colonne (plus 1°) moins « sport » que la Versys.
- La monte pneumatique est aussi moins performante (Bridgestone mixtes) que les routiers Dunlop D 221 qui équipent la concurrente. Avantage, donc, à la Kawasaki !

Par contre, nos deux machines sont à égalité s’agissant de la puissance de freinage et du comportement de l’ABS (équipements pratiquement identiques), à ceci près que le levier de frein de notre V-Strom d’essai se montrait à la fois dur et spongieux. Très bizarre…

Moteur : … et la conserve.

Si le passage de nos deux montures sur notre banc de puissance a révélé des performances quasi identiques, nos tests de reprise, en revanche, ont nettement distingué la Kawasaki. L’essai routier vient confirmer les chiffres… Le bloc Kawa est plus vif à la prise de tours (course plus courte que le moteur Suzuki) et offre plus de couple de 2 500 à 7 000 tr/min dans un velouté agréable.
- De son côté, le bicylindre Suz’ se montre plus rugueux (à cause de temps d’allumage irrégulier dû à son architecture) et vibre plus. Mais il offre bien cette allonge supplémentaire de 1 000 tours constatée sur le banc puisqu’il « pousse » jusqu’à 9 000 tours sans faiblir.
- L’apport du double allumage pour le millésime 2007 n’apporte rien côté performances, mais permet au bloc Suzuki de satisfaire à la norme Euro 3. Au quotidien, la vigueur du moteur Kawasaki aux régimes les plus usuels est un avantage, tout comme son timbre métallique lors des montées en régime. Référence jusqu’à ce jour au niveau des bicylindres moyenne cylindrée, le moteur Suzuki semble avoir trouvé son maître… Avantage à nouveau pour la Kawasaki !

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Verdict

Finalement bien différentes à l’usage, ces deux motos ne devraient entraîner aucun mal de tête à l’heure du choix.
- Si votre credo, c’est moto-boulot la semaine et grand tourisme en duo avec armes et bagages le week-end, la V-Strom s’impose comme la monture idéale, avec un rapport prix/polyvalence imbattable. Et à défaut de jouer le premier violon dans les concours de beauté, elle se fera apprécier pour « services rendus ».
- La Kawasaki Versys offre un tout autre programme, plus ludique, qui passe par le plaisir d’une conduite sportive sur les routes, l’attrait d’une monture à la mode et le sentiment d’être avant-gardiste par le choix de ce concept de moto.
- Ses qualités dynamiques sont en outre bien réelles et son tarif très compétitif. À l’heure du verdict, la Kawasaki gagne au sprint, mais la Suzuki s’impose au marathon…

Avec la participation de Nicolas Grumel.

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