Avec 151 731 ventes en France en 2017, le marché des motos et scooters de 125 cm3 et plus est en recul de 0,02%, par rapport à 2016 (soit 30 véhicules de moins). Un léger tassement dont ne s’inquiète pas la CSIAM qui refuse d’y voir un désintérêt des Français pour le 2-roues, même si le marché affichait de plus belles couleurs l’an passé (+ 7,5% en 2016).

Pour le président délégué de la CSIAM, Thierry Archambault, la croissance de 2016 s’explique facilement : « La fin de la limitation à 100 chevaux et l’arrivée d’Euro 4 au 1er janvier 2017 a provoqué des immatriculations anticipées fin 2016, ce qui a artificiellement gonflé les statistiques de l’an passé. Après 10 ans de crise, le marché reprend des couleurs et nous tablons pour 2018 sur une croissance de 2 à 3% ». Et Jean-Luc Mars, directeur de Triumph France et président de la branche moto de la CSIAM de compléter : « Ces résultats sont d’autant plus encourageants que 2017 a été marqué par une relative pénurie de l’offre due au retrait de certains modèles Euro 3 ». 2017 a pâti aussi d’un certain attentisme des consommateurs du fait des élections présidentielles et d’un climat social assez morose.

Moto passion
Le caractère passionnel de la moto a sans doute permis au marché de ne pas trop souffrir de cette conjoncture défavorable, pas plus qu’il ne semble avoir été affecté par les mesures comme les ZCR. On se demande même à la CSIAM si Anne Hidalgo ne serait pas, in fine, la meilleure ambassadrice du 2-roues. Dans l’inextricable enchevêtrement d’automobiles qu’est devenue la capitale en plein réaménagement de sa voirie, la moto semble bien s’imposer de facto comme une solution en ville et non une pollution, pour reprendre le slogan de la FFMC. Comme l’a rappelé Jean-Luc Mars, « la moto apporte une réponse en termes de mobilité, d’environnement, de plaisir et de voyage ».

Cool
2017 est également marqué par une pratique plus apaisée de la moto avec un engouement pour des machines plus calmes, un segment dynamisé par l’avènement du permis A2 pour tous. Une exception française (et espagnole) qui a imposé un temps d’adaptation à l’industrie avant que l’offre ne soit suffisamment riche pour répondre aux différentes attentes des clients. C’est aujourd’hui le cas comme le prouve l’émergence d’un véritable segment 250-500 cm3 dont certains modèles réalisent de beaux scores. C’est le cas de la Honda CB500F qui progresse de 45,08% ! À noter également, le fort dynamisme du marché électrique qui réalise +53,2% avec 1247 immatriculations dont 830 pour le seul BMW C-evolution. Ce segment reste malgré tout une niche avec 0,82% du marché total du deux-roues 2017.

Le nouveau Mondial, une aubaine ?
Pour 2018, les constructeurs restent confiants. D’abord parce qu’il y a « une très forte corrélation entre le marché moto et la santé financière d’un pays ». De bon augure à l’heure où la France montre des signes de reprise et table sur 2% de croissance pour 2018. Les constructeurs comptent aussi sur l’évolution du permis de conduire dont le contenu devrait être rediscuté prochainement comme l’a annoncé le Premier ministre lors du CISR de janvier. La profession espère que l’accès au permis A2 sera facilité. Enfin, 2018 sera aussi l’année du salon de la moto. L’événement prend une nouvelle dimension puisqu’il fait partie intégrante du salon de l’automobile. Le monde du 2-roues espère ainsi attirer à lui de nouveaux clients et rêve déjà des 1,2 million de permis dormants qui pourraient bien avoir à cette occasion l’envie de remonter en selle.

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