Bonne idée, MMA lance une campagne de prévention à destination des conducteurs en scooter mal équipés. Mais on attend plus d’un assureur : quid d’un soutien financier à l’équipement 2-roues ?
L’assureur MMA lance, sur son site Zerotracas.com ainsi que dans la presse écrite et sur plusieurs sites web d’information, une campagne de communication destinée à sensibiliser les conducteurs de scooter au port d’un équipement de sécurité.
Le minimum préconisé par les Mutuelles du Mans réside en un casque intégral, des vêtements couvrants équipés de protections, des gants spécifiques pour la pratique du 2-roues et des chaussures montantes. « Ne roulez pas tout nu », précise le slogan d’une campagne plutôt bien vue.
Bien vu mais l’assureur s’arrête là ! On attendait plus d’un maillon essentiel de la chaîne de la sécurité routière, l’assureur. MMA irait-t-il jusqu’à garantir le remboursement de l’équipement après un accident ? « Nous ne sommes pas un gros acteur, notre portefeuille total en 2-roues est de 80.000 assurés », répond Stéphane Daeschner, directeur de la communication externe chargé de la prévention chez MMA.
Et en plus il roule vite sans regarder la route !
MMA a commandé un sondage à l’institut Opinion Way pour éclairer sa campagne de prévention. Il a été réalisé grâce au questionnement de 523 scootéristes en ville, entre le 30 octobre et le 3 novembre 2009. 76 % des personnes interrogées, seulement, déclarent utiliser un casque intégral. 62 % seulement déclarent porter une veste renforcée, dont 42 % en été comme en hiver. 35 % seulement s’équipent de chaussures adaptées.
La seule bonne nouvelle, c’est que 95 % des sondés déclarent porter des gants. Mais en été, 59 % des femmes avouent conduire avec des chaussures ouvertes, et 46 % en jupe ; les hommes conduisent en tee-shirt (71 %) quand il fait chaud, ou en bermuda (59 %). Brrr... Bonjour les pizzas sur les bras et les jambes en cas de glissade ! Enfin, 76 % affirment qu’il est utile de porter des vêtements voyants mais 47 % en portent réellement...
« Notre marge de manœuvre est plus faible que celle d’un assureur spécialiste. La décision appartient à chaque assureur. Aujourd’hui, nous travaillons sur la prévention du risque. »
L’effort actuellement consenti par MMA réside en la prise en charge du casque accidenté à hauteur de 230 euros dans le cadre d’une formule « Dommage & collision », et du remboursement de la valeur à neuf du casque dans le cadre d’une assurance tout risque. Il existe une garantie sur le reste de l’équipement, mais elle est optionnelle sur toutes les formules.
A titre de comparaison, l’Assurance mutuelle des motards (AMDM), considérée comme « spécialisée », propose pour toute ses formules le remboursement jusqu’à 1000 euros en cas d’équipement de sécurité abîmé du sociétaire (casque, blouson, gants…) lors d’un accident. Un remboursement de l’équipement de sécurité allant jusqu’à 2000 euros est proposé en option. Mais l’AMDM propose également une réduction de 20 % sur le tarif d’assurance au motocycliste qui suit un stage de perfectionnement post-permis à l’Association de formation des motards (AFDM). De quoi « assurer » sa sécurité…
Un bon début… La campagne de prévention menée par MMA est un bon début. Il est satisfaisant de constater que les assureurs « généralistes » s’emparent de la problématique des accidents deux-roues. Mais on ne peut se contenter d’une simple publicité.
« Si l’ensemble de la chaîne professionnelle se met à faire de la prévention, petit à petit on verra les équipements se renforcer ; la chaîne débute chez les concessionnaires qui doivent donner des conseils d’équipement, se poursuit avec le fabricant qui doit lui aussi communiquer, et s’achève par les associations de prévention ou par l’Etat, qui eux aussi ont un rôle préventif », explique Stéphane Daeschner.
« Certes, l’équipement est onéreux. Mais un usager prêt à investir 3000 à 4000 euros dans un scooter doit prévoir en amont 10 % supplémentaires pour l’équipement. Habillement spécifique+machine, c’est un "package". » On souhaiterait que l’assureur, qui accorde un budget conséquent à la communication, fasse également un effort vers la prévention en proposant un « package » d’assurance conducteur+équipement sur tous ses contrats.
Nicolas Grumel - 19/12/2009
Fin février 2012, la Sécurité routière remettra sa feuille de route sur la mise en place des limiteurs s’adaptant à la vitesse autorisée (Lavia) à Nicolas Sarkozy. Un mois avant la remise de ce rapport, la polémique gronde déjà...
On le redoutait, et on avait raison : l’obligation de porter un brassard rétro-réfléchissant est annoncée, ce 4 janvier par le ministre de l’Intérieur. Un arrêté daté du 3 janvier 2012 précise que son port sera obligatoire pour les conducteurs de 2-roues à moteur à partir du 1er janvier 2013.
C’est en ces termes que l’antenne de la Fédération française des motards en colère (FFMC) de la Nièvre titre son dernier communiqué de presse, en date du 23 novembre 2011. Les militants ont souhaité réagir face au mauvais traitement dont les motards accidentés font souvent l’objet dans les médias locaux et de la part des pouvoirs publics.
Le brassard fluo obligatoire dès le 1er janvier 2012 ! C’est ce qu’annonçait le dossier de presse sur la sécurité routière, publié le 30 novembre par l’Élysée… Le monsieur SR du gouvernement, Jean-Luc Névache, a rectifié le tir, le lendemain sur le stand de la FFMC au salon de la moto.
Les motards du Vaucluse se sont donnés rendez-vous à Cavaillon, le samedi 29 octobre, à l’appel de la FFMC 84 pour des opérations coup de poing contre des radars automatiques, symboles de la politique spectacle en matière de sécurité routière.