Britten V 1000 (Barber Vintage Motorsports Museum, Alabama, USA)

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Bien plus qu’une moto, la V 1000 symbolise le génie et de la persévérance d’un homme, le Néozélandais John Britten. L’ingénieur en mécanique a apporté des solutions techniques inédites sur le châssis ultraléger en fibre de carbone et sur la motorisation. Son incroyable palmarès valide ces choix. La V 1000 a établi de nombreux records et a remporté les courses les plus prestigieuses. En 1993, elle enregistre la vitesse de pointe la plus rapide sur l’île de Man. En 1994, elle remporte la bataille des twins a Daytona (USA). La V 1000 s’illustre également au mile (1609 mètres) départ lancé en atteignant 302,7 km/h.
Pour mener à bien son projet, sans s’appuyer sur le moindre industriel, l’homme s’y est investi sans limites. En tout 10 machines ont été construites jusqu’à l’arrêt brutal de l’aventure. En 1995, John Britten décède à 45 ans d’un cancer.

 

Morbidelli V8 (Barber Vintage Motorsports Museum, Alabama, USA)

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Il n’y a que 3 exemplaires au monde de cette incroyable sport/GT qui se voulait la moto la plus chère du monde. Nous sommes au tout début des années 90. L’industriel Giancarlo Morbidelli profite de ses vacances pour imaginer la moto de tourisme de ses rêves. Elle sera motorisée par un V8 de conception maison de 850 cm3 à 32 soupapes et injection. Au tout début du projet, un V12 avait été envisagé.
Morbidelli fabrique des machines-outils et est très investi en Moto GP (plusieurs titres mondiaux). En 1997, après dix années d’étude, 3 exemplaires sont prêts à passer l’homologation. Mais le riche industriel revend sa société et le repreneur décide d’arrêter la fabrication de motos.

 

Brough Superior Austin Four (National Motorcycle Museum, Birmingham, UK)

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Oui Austin comme la marque automobile anglaise... et pour cause. George Brough a en effet utilisé un bloc de voiture Austin, boîte de vitesses comprise, pour motoriser cette moto conçue en 1930 et destinée à tracter un sidecar. Le 4-cylindres à refroidissement liquide est équipé d’une culasse en aluminium et voit sa cylindrée gonflée de 747 cm3 à 797 cm3.
Mais l’originalité de cette moto, présentée en 1931, est ailleurs.
L’arbre de transmission sort dans l’axe du moteur. Qu’à cela ne tienne, une paire de roues, reliées par un boîtier de transmission sans différentiel, sera greffée à l’arrière de la machine. La machine à 3 roues, homologuée comme une moto, était née.
En tout, 10 exemplaires ont été assemblés entre 1931 et 1934.

 

Triumph Quadrant (National Motorcycle Museum, Birmingham, UK)

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La Honda CB 750 Four (dont nous vous racontons l’histoire ici) aurait pu avoir une sérieuse concurrente.
En 1969 Honda « bouscule » très sérieusement l’industrie motocycliste anglaise en présentant le CB 750 Four. Kawasaki enfonce le clou en 1972 avec sa 900 Z1 (retrouvez ici notre article sur les 40 ans de la série « Z »).
La même année, Doug Hele, responsable du département expérimental de Triumph ne peut se résigner à voir les Japonais prendre une longueur d’avance sans réagir.
Il conçoit en secret un gros 4-cylindres de 1000 cm3. Dans l’urgence et faute de moyens, il utilise beaucoup de pièces de la Trident T 150 trois cylindres.
La Quadrant aurait-elle pu se faire une place parmi ces « super bike » de l’époque ? Difficile de répondre à cette question ; la Quadrant n’a jamais été produite en série malgré un prototype très bien fini.

 

Isetta (Musée BMW, Munich, Allemagne)

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C’est un fabricant de réfrigérateurs qui a conçu ce très sympathique engin.
La marque milanaise Iso Refrigeratori décide, en 1950, de se lancer dans la fabrication de véhicules urbains. Le marché italien est alors saturé de scooters.
En 1953, l’Iso Isetta, capable de transporter deux adultes et un enfant avec bagages, fait sensation au salon de Turin. Préfigurant le concept de micro-mobilité, l’étrange Isetta, avec ses 3 roues et sa porte frontale, ne parviendra pas à lutter contre la Fiat 500.
En 1955, BMW rachète les droits de licence et les outils de production.
La BMW Isetta, très populaire en Allemagne, rencontre un grand succès au point de sauver la marque de la faillite.

 

BMW RS 255 Kompressor (Musée BMW, Munich, Allemagne)

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La RS 255 est une moto de course. Visuellement peu impressionnante, cette machine a pourtant un palmarès hors du commun.
En 1936 elle parcourt le kilomètre lancé à 272,006 km/h. En 1939, BMW remporte avec elle le TT de l’île de Man classe 500 cm3. La RS 255 est la première moto non britannique à décrocher le titre.
Son moteur si performant était un flat twin de 500 cm3 à arbre à cames en tête suralimenté par un compresseur. Selon les configurations il développait jusqu’à 105 ch a 8000 tr/min.
Son dernier record date de 2013 quand un exemplaire a trouvé preneur à 480 000 $ (434 000 €).

 

Musée Sammy Miller
Sammy Miller est un pilote né en 1933 à Belfast, en Irlande du Nord.
À l’âge de 16 ans, il commence la compétition moto. Durant près d’une décennie il monopolisera les podiums aussi bien en course sur route qu’en trial avec 9 médailles d’or décrochées au terme de la prestigieuse ISDT (International six days Trial). Un authentique surdoué du pilotage, une légende.
Passionné, l’homme finira par créer un musée moto exceptionnel à New Milton dans le Hampshire. Faire un choix parmi cette incroyable collection n’a pas été facile. Voici deux motos, produites à seul exemplaire, et ayant connu une carrière d’étoile filante.

AJS V Four 500 cm3 de 1939 (Sammy Miller Motorcycle Museum, New Milton, UK)

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Dans les années 30, les constructeurs font preuve d’une imagination folle. Il est fort probable que toutes les configurations de moteur en usage aujourd’hui aient été imaginées durant cette décennie.
En 1935, la marque anglaise AJS propose un prototype de moto de tourisme à 4 cylindres en V refroidi par air, une configuration alors inédite. En 1938, sa version course fait trembler les paddocks. Et pour cause ! Son 4 cylindres en V à arbre à cames en tête bénéficie d’un refroidissement liquide et d’une suralimentation avec un compresseur Zoller. La machine de 55 ch. (à 7200 tr/min) prenait plus de 160 km/h. Pour mémoire, cette même année, Volkswagen produisait sa première voiture, la simplissime Coccinelle. En 1939 ce « super Bike » prend la tête de l’Ulster GP et établit le record du tour à plus de 160 km/h avant de casser sa fourche.
Ce fut son seul fait d’armes.

 

AJS Porcupine E90 (Sammy Miller Motorcycle Museum, New Milton, UK)

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Cet exemplaire unique et en parfait état de marche n’est ni plus ni moins que la machine qui a remporté, avec le Britannique Leslie Graham (1911-1953) à son guidon, la première édition du Championnat du monde moto 500 cm3 créé en 1949 par la FIM.
AJS qui n’a jamais manqué d’imagination a ici conçu un bicylindre de 500 cm3 à double arbre à cames en tête étonnamment compact. Le twin, couché a 10°, offre à la Porcupine un centre de gravité très bas. Les cylindres ne sortent que de quelques centimètres des carters moteur pour laisser la vedette à une magnifique culasse. Ajoutez à cela un embrayage à sec travaillant à l’air libre, une distribution et une transmission primaire par pignons, le tout couvert d’ailettes de refroidissement (qui lui ont valu son nom, « porcupine » signifiant « porc-épic ») et vous obtenez une véritable sculpture d’art moderne.
Initialement, ce chef-d’œuvre aurait dû être suralimenté par un compresseur avant que la toute jeune FIM n’interdise le procédé.
En 1954 l’AJS Porcupine connut une évolution majeure avec le modèle E95.
Ultime élément du mythe de la Porcupine E90, Samy Miller raconte que c’est en regardant passer les trois AJS d’usine durant les essais de l’Ulster GP de 1947 que sa passion pour la moto s’éveilla.

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