La pollution des moyens de transport terrestre a très largement occupé le devant de la scène ces derniers mois avec à la clé l’interdiction, depuis le 1er juillet, de certaines motos et voitures à Paris.

D’autres collectivités, ayant postulé pour devenir « ville respirable dans 5 ans », emboiteront le pas à la capitale sous peu (la liste des villes concernées est ici).

La croisière abuse
Alors que tout le monde se focalise sur la pollution due au transport terrestre, Christophe Najdovski en tête (voir l’entretien vidéo avec l’adjoint au maire de Paris chargé des Transports, réalisé par Moto Magazine), des experts commencent à s’intéresser à celle générée par les navires de croisière. Elle serait des plus nocives.

Pavé dans la mer
L’association France Nature Environnement (FNE) a jeté un pavé dans la mare en analysant, l’an passé, l’air de Marseille, escale privilégiée des croisiéristes. Les résultats sont édifiants. Cette action de sensibilisation, nommée « La croisière abuse », a constaté une concentration de particules ultra-fines (PUF) 20 fois plus élevée près des paquebots qu’ailleurs en ville.

Ces taux d’émissions polluantes s’expliquent sans mal. Faute de règlement, les navires n’ont aucune obligation de s’équiper de filtres à particules et doivent de surcroît laisser tourner leur moteur pendant les escales pour être alimentés en électricité !

3 500 fois plus nocif que le diesel automobile
L’association poursuit son plaidoyer en indiquant que la pollution de l’air par les navires vient des carburants utilisés (fioul lourd et diesel marin). Leur teneur en souffre serait jusqu’à 3 500 fois supérieure à celle du diesel automobile. Sa nocivité entrainerait, à elle seule, 50 000 décès chaque année en Europe (en France on estime à 48 000 le nombre de décès liés à la pollution de l’air).

Pour tenter d’enrayer cette pollution, la cité phocéenne promet la création d’installations électriques au port. Les navires à quai pourront ainsi couper leurs moteurs diesel. Le port de Montréal, qui réalise des travaux équivalents, espère épargner ainsi à l’environnement le rejet annuel de 2 800 tonnes de gaz à effet de serre (GES).

Les efforts réalisés par les autos et motos anéantis dans 4 ans
FNE précise également que, d’ici 2020, les rejets de NOx (les oxydes d’azote) pourraient égaler les niveaux connus pour les sources terrestres et les émissions de SOx (les oxydes de souffre) pourraient augmenter de 40-50 % du fait de la forte croissance du secteur maritime, anéantissant par la même « tous les efforts consentis par les sources terrestres depuis l’adoption des premières réglementations en 2003 ».

Mais il n’est pas aussi facile, pour un élu, de s’attaquer au secteur économique du tourisme, qu’aux véhicules des particuliers, surtout quand on commence par le faible nombre des engins les plus anciens…

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