La compétition est avant tout confrontation. Philippe Mussati, nouveau responsable compétition moto chez Michelin présent au Mans, nous éclaire sur l’engagement actuel et les perspectives du Bibendum dans les épreuves moto.
Depuis février 2010, Philippe Mussati est le nouveau responsable de la compétition moto chez Michelin, en remplacement de Philippe Weber. Avec plus de vingt ans d’ancienneté dans l’entreprise, où il a surtout travaillé dans le département poids lourds en Asie et en Amérique du Sud, Philippe Mussati se trouve ainsi à la tête d’une des plus importantes structures stratégiques du manufacturier clermontois. Nous avons profité de sa présence aux 24H du Mans pour parler de l’engagement actuel et les perspectives de Michelin en compétition moto.
Motomag.com : Michelin est très impliqué en Endurance, pourquoi ce choix ?
Philippe Mussati : Il y a deux raisons à cela. La première est la présence d’autres manufacturiers et aussi parce que le nombre de marques engagées en championnat est très important. Ceci est fondamental pour nous car nous pensons que c’est uniquement ainsi que l’on progresse, dans la confrontation ! La deuxième raison est plus stratégique dans la mesure où nos avancées technologiques profitent directement aux utilisateurs de pneus Michelin de route. Souvenez-vous, en 1984 le pneu radial faisait sa première apparition en compétition et deux ans après sur la route… L’avantage de l’Endurance est qu’elle nous fait progresser en performance, mais surtout en… Endurance !
Tout le long du week-end des 24H, suivez l’épreuve grâce au blog de la rédaction de Moto Mag. En plus de vous rapporter les faits de course, nos reporters sur place vous feront découvrir les à-côtés de la compétition (panneautage, chronométrage, ambiances de stand, portraits…). Ils tenteront de vous apporter un point de vue décalé sur la course.
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MM : Quelles sont les équipes associées à Michelin dans cette édition des 24H et pendant tout le championnat du monde 2010 ?
PM : Nous avons en tout premier lieu le YART (Yamaha Austria Racing Team) l’équipe championne du monde en titre. C’est une structure légère et polyvalente qui sait être très réactive. Il y a ensuite BMW avec qui nous avons cette année entamé une collaboration que j’espère se perpétuera dans le temps. La moto a souffert d’un retard dans sa préparation, mais elle possède un potentiel de développement énorme. Le MPRT (Michelin Power Research Team), qui ne participe pas à tout le championnat, est un peu notre laboratoire roulant. Les trois pilotes de la moto 63 testent toutes les innovations avant d’équiper tous les autres teams. Il y a aussi 18 autres équipes qui participent à ces 24H du Mans avec des pneus Michelin.
MM : On sait que la saison passée les pneus Michelin avaient un avantage par temps froid et sous la pluie ; quels sont les domaines où il vous faudra progresser cette année ?
PM : En Endurance il faut être performant dans toutes les situations possibles avec parfois des températures allant de 2° à 40° au sol. Il y a aussi la spécificité de chaque machine… Nous avons travaillé cet hiver sur deux axes de développement. Le premier concerne la montée en température des pneus et le deuxième, sur le bon grip sur sol séchant. Je crois que nous avons bien avancé.
MM : Comment vous intervenez concrètement pendant la course au sein des équipes ?
PM : Chaque partenaire dispose d’une offre spécifique. Pendant la course, il y a en permanence un ingénieur Michelin dans le stand pour conseiller et aider les mécaniciens et le team manager à faire les bons choix immédiats. Plus loin, un peu en retrait, un autre ingénieur travaille pour définir les choix en fonction de la météo, de l’évolution de la moto, celle des pilotes…Avec ce binôme, plus tous nos techniciens dans notre espace montage, chaque équipe dispose d’une assistance permanente.
Propos recueillis par Francesco Scuderi - 17/04/2010
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