Motards, scootéristes, cyclomotoristes, « motaumobilistes »… Tous sont appelés à la résistance et à l’action au côté de la FFMC. Le point d’orgue aura lieu le 18 juin, avec l’organisation de rassemblements devant les préfectures.
Mais avant cette grande mobilisation, les antennes de la fédération ont déjà commencé à mettre la pression dans leur département depuis le mois de mai.
Le mot d’ordre qui tient en quatre points : légalisation de la circulation interfiles, opposition au contrôle technique pour les cyclos, défiscalisation des équipements de protection et pour des moyens pour la prévention, pas pour la répression.
Quand rien ne bouge...
La FFMC l’avait promis : à l’issue de la grande mobilisation des motards du 13 mars (plus 50.000 motards dans les rues), si rien n’avançait, elle appellerait de nouveau à l’action.
Depuis la dernière manif, non seulement le gouvernement reste sourd à la reconnaissance des spécificités de la conduite d’un deux-roues motorisé, mais on assiste bien au contraire à une augmentation de la répression ciblée sur les motards et scootéristes.
Dernière constation dans ma belle ville de Blanckok (LE BLANC MESNIL 9cube) . Hier en rentrant du boulot (en voiture, désolé), juste avant d’accéder à mon parking, j’ai entendu un barouf du tonnerre, coup d’oeil dans le rétro, un gars sans casque, en wheeling derrière moi avec un monocylindre (au bruit) (...)
Sit-in devant un centre de contrôle technique auto
La FFMC 44 décline, depuis le mois de mai, les différents thèmes des revendications nationales. Denis Chaimbault, le coordinateur de l’antenne explique ce choix.
« Nous voulons éviter de brouiller le message de nos actions. C’est pourquoi nous déclinons celles-ci par mot d’ordre. Courant mai, nous avons organisé une action sur la circulation interfiles. Le 5 juin, nous organisons un sit-in, sans blocage, devant un centre de contrôle technique auto. C’est Autosur que nous avons choisi, puisque ce sont eux les principaux partisans du contrôle technique pour les deux-roues motorisés. »
Paris : Tous à la Bastoche
En Île-de-France, les antennes FFMC ont décidé de réinvestir la Bastille tous les vendredi soirs, comme dans les années 80, à l’époque des grands rassemblements motards. Cette action a commencé début mai et se poursuit.
Elle n’est pas venue par hasard : elle fait partie de l’appel à la résistance lancé par la FFMC nationale face à la pression quotidienne que subissent de plus en plus les motards franciliens et le refus, par les pouvoirs publics, de reconnaître les spécificités des deux-roues motorisés.
La place de la Bastille est un lieu hautement symbolique, comme le savent ceux qui connaissent un peu l’histoire du mouvement des Motards en colère.
Mais avec le temps, de moins en moins de motards s’y rendaient les vendredi soirs, lui préférant l’esplanade du château de Vincennes ou d’autres lieux en grande banlieue parisienne.
Le rendez-vous à la « Bastoche » est inscrit dans la durée. En fonction de l’actualité et du comportement des pouvoirs publics, un thème sera exploité et une action mise en place chaque vendredi.
Un appel est donc lancé à tous les motards d’Île-de-France et de Navarre à venir rejoindre les antennes FFMC à La Bastille tous les vendredi soirs à 21 heures.
La FFMC 54 multiplie ses opérations
Stationner sur les places de parking auto, prendre les transports en commun, tractage contre le contrôle technique des deux-roues et opération coup de poing, rouler en respectant strictement le Code de la route (une moto, une voie), sont autant d’actions prévues par les militants de l’antenne du 54 . Elles vont se multiplier jusqu’au 18 juin, date de l’appel national à la résistance.
Sans compter le manque de résultats de la concertation* engagée entre le gouvernement et les représentants des motards, qui a commencé depuis bientôt un an.
Cette concertation était censée œuvrer à l’amélioration de la sécurité routière des conducteurs de deux-roues motorisés. Les Motards en colère ont accepté d’y siéger et de présenter leurs propositions. Ils ont largement démontré l’importance de la formation et de la prévention pour arriver à des résultats durables sur le long terme.
Le gouvernement répond sur le terrain par un renforcement de la répression, une législation inadaptée et la prise de mesures à l’inverse de ce qui est prôné dans ces réunions.
L’exemple flagrant est la mise en place du contrôle technique pour les cyclomoteurs, annoncée en grande pompe par François Fillon au mois de février. « Inefficace et coûteuse, cette mesure est le prélude à une généralisation prochaine du contrôle de tous les usagers en deux-roues motorisés », estime la FFMC.
Notre appel du 18 juin
Les antennes de la FFMC ont déjà commencé à mettre la pression sur le terrain depuis le mois de mai. Conduite et stationnement en prenant la place d’une voiture, action contre le contrôle technique, ciblage des infrastructures dangereuses pour les motards… Mais le point d’orgue à toutes ces actions interviendra le 18 juin.
C’est le jour qu’a choisi la FFMC pour lancer son appel à la résistance des deux-roues motorisés. Une remise des revendications, voire d’autres actions, sera effectuée ce jour-là dans chaque département.
La date n’a pas été prise au hasard, puisqu’elle fait référence à l’appel du 18 juin 1940 lancé par le général De Gaulle, qui reste à ce jour un symbole fort, considéré comme le texte fondateur de la résistance française.
La FFMC espère bien unifier le monde motard autour de ce thème, estimant que le gouvernement joue un jeu de dupe.
En attendant, les Motards en colère invitent chaque motard, scootériste, cyclomotoriste et « motaumobiliste » de France à se rapprocher de son antenne FFMC départementale afin d’organiser la résistance et d’exprimer haut et fort leurs revendications.
*La prochaine réunion de concertation avec le gouvernement aura lieu le 16 juin. Les motards sont invités à venir faire un sit-in sur les marches de l’arche de la Défense (92) à 14 heures.

Frédéric Brozdziak - 20/05/2010
À Troyes, dans l’Aube, ce sont 750 motards venus sur 600 motos qui ont répondu à l’appel de la FFMC 10, ce samedi 24 mars 2012, pour réclamer une autre politique de sécurité routière.
À Nevers, samedi 24 mars 2012, ce sont près de 1500 motards qui ont manifesté à l’appel de la FFMC 58. Le lendemain, une centaine d’entre eux se dirigeaient vers la capitale pour faire partie des 15.000 manifestants de la mobilisation parisienne.
Entre Bayonne le matin et Pau l’après-midi, ce quelque 1400 motards venus de sept départements (31, 32, 40, 47, 64, 65, 82) qui ont manifesté dans les Pyrénées-Atlantiques, le samedi 24 mars, à l’appel de la FFMC.
Grande première dans le Puy-de Dôme, la FFMC 63 a rompu avec le traditionnel défilé en en centre-ville de Clermont-Ferrand, à la demande des motards qui désiraient mener une action plus originale et percutante.
Entre Brest et Quimper, ce sont 2500 casques que la FFMC 29 a dénombrés lors de la manifestation préélectorale organisée le samedi 24 mars 2012. Comme partout ce week-end-là, les motards demandaient une autre politique de sécurité routière.