On s’imagine souvent qu’engager une moto sur la grille de départ d’une course aussi mythique que les 24H du Mans coute une fortune. Mais qu’en est-il vraiment ? Et comment expliquer le nombre de teams privés engagés aux cotés des équipes officielles ? Autant de questions auxquelles Gilles Caballo, à la tête du team Mail Endurance 33, a tenté de répondre.
Présent depuis dix ans sur la grille de départ des 24H du Mans, la Yamaha R1 n°33 fait partie de ces équipages composés de passionnés, loin de l’univers bien plus garni des teams constructeurs. « Personnellement, je préfère ne pas évaluer le coût de notre participation, ça me donne le vertige ! » s’amuse Gilles. Dès que l’on commence à sortir la calculette, les chiffres affichés peuvent effectivement donner le tournis.
Aux 3800€ nécessaires à l’engagement s’ajoute l’achat des motos (une sur la piste et un mulet de secours) à 13 000€ chacune, quelque 9 000€ de pièces diverses (carénages, bulles, amortisseurs, disques de freins…), sans compter la logistique pour la trentaine de personnes que compte l’équipe ( logement, nourriture) et les faux frais ( outils oubliés, pièces manquantes ou endommagées..)…. Bref, on dépasse souvent la barre fatidique des 100 000€ pour s’engager en Superstock.
« Heureusement, un concessionnaire Yamaha nous parraine en nous faisant don d’une machine sur les deux, et un partenariat avec France-Equipement apporte la plupart des pièces et des consommables. Pour les pneus, nous sommes partenaire privilégié Michelin, donc on ne paye pas non plus. Même pour la préparation, nous avons un contrat avec Yamaha Motor France pour un total de 3 000 € de pièces à l’année », confesse M. Cabello.
Tout le long du week-end des 24H, suivez l’épreuve grâce au blog de la rédaction de Moto Mag. En plus de vous rapporter les faits de course, nos reporters sur place vous feront découvrir les à-côtés de la compétition (panneautage, chronométrage, ambiances de stand, portraits…). Ils tenteront de vous apporter un point de vue décalé sur la course.
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« La plupart de nos sponsors nous suivent depuis le début, c’est devenu des amis… mais sans eux, on ne serait pas là. »
Conscient de la différence entre sa machine et celle en tête de la catégorie, Gilles ne se voile pas la face. « C’est sûr que dans une course, et encore plus en endurance, le budget joue un rôle prépondérant dans les résultats. En cas de problème, on va privilégier la solution la moins chère.
C’est comme pour le choix des pièces : nous sommes obligés de choisir entre différents compromis, alors que les teams de tête prennent toujours les pièces les plus performantes. » Un exemple ? La Yamaha R1 n°33 roule avec des plaquettes d’origine, moins onéreuses et plus endurantes que les celles dites racing… Forcement, ça se voit sur les chronos.
Outre le Mans, le team s’engage aussi aux 24H de Barcelone ainsi qu’au Bol d’or, avec le même matériel. « Comme cela on offre à nos sponsors plus de visibilité, et de répartir le coût global sur plusieurs courses.
En fait, le plus difficile, c’est de réunir l’équipe de bénévole qui compose le team. Lyon, Bordeaux, Paris, Le Mans, la Charente-Maritime… Pour organiser les mises au point, c’est la galère !
Si on rajoute mes tractations avec BMW qui se sont soldées par un échec, on comprend que la préparation s’est faite à la dernière minute. On est arrivé ici sans que la moto n’ait vu un bout de piste. Et nous ne sommes pas les seuls dans ce cas ! »
Après deux années d’abandons prématurés, l’objectif affiché reste celui de voir le drapeau à damier, qu’importe le résultat.
Une manière de rouler « économique » sans pour autant que les sponsors ne voient pas la moto sur la ligne d’arrivée.
Pascal Percie du Sert - 17/04/2010
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