Le 10 septembre à Paris, Thierry Archambault, président délégué, et Eric de Seynes, président de la branche Motocycle de la Chambre syndicale internationale de l’automobile et du motocycle (CSIAM), ont indiqué que le marché français des deux et trois-roues à moteur (2/3 RM) marquait, à fin août 2014, une progression de 2,5 % par rapport à la même période en 2013, avec un total de 129.193 immatriculations.

« On aura un marché stable en 2014, c’est bien », souligne Eric de Seynes, qui est aussi président de Yamaha Europe. « Il faut s’en réjouir après cinq ans de décroissance ». La CSIAM fait cependant une prévision des ventes de 2014 à 248.000 immatriculations, soit une baisse de 2,2 % par rapport à 2013.

Marché en difficulté
« Ces évolutions, contrastées mais légèrement positives sur les huit premiers mois 2014, ne permettent pas de rattraper le recul enregistré sur les douze mois 2013 (-14,4 %) et ne doivent pas masquer les difficultés que traversent les réseaux des constructeurs de 2/3 RM », explique Thierry Archambault.

« La France se situe dans un climat de méfiance et non dans un climat de confiance », déplore Jean-Luc Mars, DG de Triumph France. « Environ 16 % des revenus sont épargnés dans l’Hexagone, c’est beaucoup ». Beaucoup trop pour les vendeurs de moto, car pendant qu’on épargne, on ne consomme pas.

Sportives à l’arrêt
Côté moto, c’est en hausse de 4,9 % à 71.227 immatriculations ; progressent les segments 125-250 cm3 (+18,6 %), 750-1.000 cm3 (+11,4 %) et plus de 1.000 cm3 (+7,9 %), les autres segments étant stables.

Si l’on s’attarde aux résultats dans chaque catégorie, le marché suit une tendance liée à une réorientation des pratiques routières : « nous rencontrons des difficultés avec les sportives et les roadsters sportifs », constate Jean-Luc Mars. « En revanche, nous assistons à un engouement inattendu sur notre gamme classique. Se développe une clientèle urbaine, attirée par le lifestyle, qui recherche un plaisir épicurien, loin de la performance extrême ». Le vintage et le néorétro ont la cote.

Les sportives, plus trop… « Les hypersportives chutent de 35 % mais le sport touring trouve sa clientèle », complète Fabrice Recoque, directeur de la division moto de Honda France.

Succès des 3-roues
Autre succès qui ne se dément pas, le 3-roues à haute technologie : « le nouveau MP3 500 ABS est un succès (2.495 unités vendues entre janvier et août 2014) », explique Jean-Baptiste Giraud, responsable marketing chez Piaggio France. « Il vient clairement piocher dans la clientèle des 125 cm3 ». Le marché des 125 cm3 est en recul (-5 %) à 29.853 immatriculations.

Les importateurs résument la situation de la moto par un maintien dans les catégories intermédiaires à 6.000 – 7.000 euros.
Présenter des nouveautés permet de gagner des parts de marché, et de rester en croissance. C’est ce que constate Yamaha, qui cartonne avec sa gamme MT, mais aussi Ducati, dont la gamme Monster a été modifiée en 2014. La 821 se place bien.

Par ailleurs, la poursuite du succès du haut de gamme à plus de 15.000 euros se reflète dans les chiffres de vente. Harley-Davidson et BMW, notamment, semblent ne pas connaître la crise. « 8.000 personnes en France ont encore envie de se faire plaisir », traduit Gérard Staedelin, directeur opérationnel de Harley France.

« Nous attendons une croissance entre 3 et 6 % », commente Marcel Driessen, président de BMW France. « Le scooter électrique a également été une belle surprise, nous en avons vendu 200 unités dans l’Hexagone ». Un produit à 15.400 euros…
Bref, c’est pas la crise pour tout le monde. Cependant, en France le commun des mortels reste réticent à renouveler, dépenser, acheter, consommer.

Le gadin des cyclo
Enfin, le dernier signe qui n’incite pas à l’optimisme est relevé par Eric de Seynes : « Toutes les catégories qui concernent les nouveaux venus (50 cm3, 125 cm3) continuent à souffrir. C’est un danger pour l’avenir ». Côté cyclomoteurs de 50 cm3, le marché est nettement orienté à la baisse avec un total de 65.007 immatriculations (-9,7 %) les scooters faisant moins bien que l’ensemble (-10,3 %).

Il reste donc beaucoup à faire ou à refaire, chez les importateurs de moto et scooter en France, dans le but d’attirer à nouveau une clientèle jeune vers ces engins véhiculant pourtant le rêve et la liberté de circuler.

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