C’est désormais officiel, le surteintage supérieur à 30 % des vitres avant d’une automobile sera interdit à partir du 1er janvier 2017. Voici les questions que posent cette mesure :

Quel est le coût de l’infraction ?
Le contrevenant s’expose à une amende de 4e classe (135 euros) et un retrait de 3 points du permis de conduire.

Les sanctions encourues « sont identiques à celles prévues pour le défaut de ceinture de sécurité ou l’usage du téléphone dans des conditions non permises par la réglementation », explique la DSCR.

La vitre peut-elle rester un peu teintée ?
Cette mesure (intégrée au décret 2016-448 du 13 avril 2016 modifiant certaines dispositions du Code de la route relatives aux véhicules) fixe à 70 % minimum la transmission de lumière visible (TLV) des vitres avant des véhicules, ce qui correspond au niveau de TLV du vitrage d’un véhicule à sa sortie d’usine.
Le surteintage des vitre et lunette arrière reste autorisé et pour ces dernières, à la condition que le véhicule soit équipé de deux rétroviseurs extérieurs.

Les propriétaires de voitures ont-ils un délai pour se mettre en conformité ?
Les propriétaires de véhicule dont les vitres avant sont surteintées disposent d’un délai de 9 mois pour mettre leur véhicule en conformité avec la réglementation. Des dérogations médicales pour des maladies spécifiques pourront être accordées, selon des procédures définies dans un arrêté. Au regard de leur spécificité, un taux de transparence des vitres latérales avant au-dessus du taux d’opacité autorisé sera permis pour les véhicules blindés.

Est-ce une mesure de sécurité routière ?
Selon la DSCR, un surteintage excessif des vitres avant « représente un réel danger en matière de sécurité routière :
- Le contact visuel avec le conducteur d’un véhicule suivi ou croisé permet d’anticiper sa conduite. Ce principe est enseigné dans les écoles de conduite. Ce contact visuel permanent est également primordial à la sécurité des piétons lorsqu’ils s’engagent sur un passage protégé.
- Le surteintage réduit la vision du conducteur, en particulier de nuit.
- Cette disposition permettra aux forces de l’ordre de mieux contrôler l’usage du téléphone au volant, le port de l’oreillette en conduisant et le défaut de port de la ceinture de sécurité »
.

La DSCR affirmait même, le 15 avril dans le communiqué de presse envoyé avant les manifestations FFMC des 16 et 17 avril, que cette interdiction était une mesure visant à améliorer la sécurité des motards.

Quels sont les cas dans lesquels le motard gagne à voir l’attitude de l’automobiliste ?
- Dans la circulation inter-files, sur voie rapide urbaine embouteillée, le motard qui dépasse les véhicules à l’arrêt ou en passe de démarrer peut croiser le regard de l’automobiliste ou du moins voir si celui-ci tourne la tête et l’a vu ;
- Sur route, à une intersection, le motard peut croiser le regard de l’automobiliste, par exemple si celui-ci est arrêté à un stop, et évaluer si celui-ci l’a vu.

Est-ce un manque de tolérance de la part du gouvernement ?
Le « déteintage » obligatoire a cependant ses détracteurs : l’association 40 Millions d’Automobilistes (40 MA) « regrette le manque de tolérance du gouvernement et demande à ce que l’État prenne en charge les frais de dépose des films pour les propriétaires des véhicules concernés ».

« On aurait pu imaginer qu’un léger teintage, permettant pour des raisons de sécurité d’identifier les occupants du véhicule (c’est le cas jusqu’à 50 ou 60 %) reste autorisé », explique Pierre Chasseray, délégué général de 40 MA. « L’État n’a pas jugé bon de faire preuve de tolérance à l’égard des automobilistes. De plus, le décret précise qu’une dérogation sera appliquée pour les véhicules blindés ; la loi n’est donc pas la même pour tout le monde... ».

Cette décision va-t-elle laisser des traces en termes économiques ?
L’association craint l’impact économique sur une activité qui se développait : « avec ce décret, des centaines de milliers de propriétaires de véhicules aux vitres teintées devront faire retirer les filtres déjà posés, qu’ils aient fait le choix d’investir une somme non-négligeable pour faire réaliser l’intervention, ou qu’ils aient acquis le véhicule en l’état », constate Pierre Chasseray.

Au-delà de la question de la restriction des libertés individuelles, c’est une mesure financièrement injuste pour les automobilistes », regrette Daniel Quéro, président de 40 MA. « C’est pourquoi nous demandons au gouvernement qu’il prenne en charge les coûts inhérents à la dépose des films ».

Les professionnels du domaine estiment que l’interdiction du teintage automobile provoquera la suppression de 1 800 emplois liés directement à cette activité. L’Association sécurité et filtration des vitres pour vitrage (ASFFV) regrette que le gouvernement ne fasse l’amalgame entre vitres teintées et vitres noires. Elle expose ses contre-propositions sur son site : www.asffv.fr/.

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