Le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, est intervenu lors de la séance plénière du Conseil national de sécurité routière (CNSR), le 16 juin à Paris. Il s’est prononcé en faveur d’une « expérimentation » de la limitation de la vitesse à 80 km/h au lieu de 90 km/h sur certaines routes secondaires « très accidentogènes ».

Lors d’une réunion du Conseil national de la sécurité routière (CNSR), le 16 juin à Paris, Bernard Cazeneuve a estimé que cette mesure « ne peut être envisagée que de façon expérimentale et sur des segments très accidentogènes. Il faut prendre le temps de la pédagogie ».

Flou
La phase de test devrait se faire sur des portions routes accidentogènes. Ni le lieu, ni les dates n’ont été donnés… Exit, donc, la « généralisation » de la baisse voulue par les « roule moins vite », comme la Ligue contre la violence routière.

Cela revient-il à enterrer les 80 km/h, mesure très impopulaire, ou au contraire à développer cet usage ? « Ce matin, le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, a d’ores et déjà annoncé publiquement être opposé à une baisse généralisée des limitations de vitesse », commente l’association 40 Millions d’Automobilistes (40MA), qui salue cette position.

Quel est le rôle du CNSR ?
Après le passage éclair du ministre, le CNSR a validé le projet de baisse des vitesses à condition de s’appuyer sur une expérimentation de la mesure. Situation ubuesque : le Conseil valide la position du ministre, qui est censé attendre la préconisation dudit Conseil avant de décider d’une mesure ! Encore un couac de communication comme ce gouvernement en a le secret…

Demi-victoire
Cependant, le ministre de l’Intérieur et la Sécurité Routière semblent avoir entendu la vox populi, notamment la mobilisation des motards et automobilistes le 12 avril 2014. « C’est une demi-victoire : la mesure n’est pas abandonnée, mais ce ne sera pas une généralisation », analyse Éric Thiollier, délégué général de la Fédération Française des motards en colère (FFMC).

« Monsieur Cazeneuve a prononcé des mots pleins de bons sens comme expérimentation ou pédagogie. Cependant, il fait un pas un plus vers une politique basée sur le contrôle des vitesses. On laisse de côté les autres facteurs d’accident ».

Du pain sur la planche pour les deux-roues
Cette plénière du CNSR a par ailleurs rappelé que sa commission Deux-roues aura très vite d’autres chats à fouetter. Dans un rapport, le comité d’experts (encore lui !) a livré quelques recommandations « préhistoriques » afin de réduire les accidents chez les usagers vulnérables circulant à deux-roues motorisés.

Parmi les mesures préconisées, une plaque d’immatriculation à l’avant, et même le port d’un vêtement haute visibilité… « Des préconisations que nous avons déjà reboutées », commente, dépité, Eric Thiollier. Comme si les « sages » n’entendaient jamais les messages…

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