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Cette fois, c’est du sérieux. Le Sénat, par l’entremise de son groupe de travail sur la sécurité routière, vient de rendre, mercredi 18 avril, un rapport aux conclusions plutôt opposées à la généralisation des 80 km/h décidée par le gouvernement. Si la fronde des édiles contre cette mesure était de prime abord un simple relai de l’inquiétude des usagers de la route, la chambre haute du Parlement s’est dotée de solides arguments en prenant le temps d’écouter les spécialistes de la question.

Le 9 mars dernier, la FFMC avait été auditionnée par le groupe de travail du Sénat sur la sécurité routière afin d’« évaluer, sans a priori, l’utilité et l’efficacité pour la lutte contre l’insécurité routière de certaines mesures annoncées par le Gouvernement (...) parmi lesquelles la réduction de 90 km/h à 80 km/h de la vitesse maximale autorisée sur certaines routes. »

Prévention plutôt que répression
Après des dizaines d’autres auditions, dont celle d’Emmanuel Barbe, délégué à la Sécurité Routière du gouvernement, qui s’était fait un peu bousculer par les sénateurs, le groupe de travail a présenté son rapport devant la commission de l’aménagement du territoire et du développement durable et la commission des lois du Sénat le mercredi 18 avril 2018.
En bref, le rapport met l’accent sur « la prévention des comportements à risques et regrette la décision du Gouvernement de réduire à 80 km/h la vitesse maximale autorisée ».

Il conclut en indiquant « Plutôt que d’appliquer la réduction de vitesse de manière uniforme, nous proposons qu’elle soit décentralisée au niveau des départements, afin de l’adapter aux réalités des territoires, et qu’y soient associés les acteurs pertinents, afin d’en favoriser l’acceptabilité et l’efficacité. ». Bref, une application au cas par cas de la mesure en fonction de l’accidentalité des routes concernées. Enfin le rapport souhaite « l’organisation d’un débat en séance au Sénat  », une manière de remettre en cause la décision hâtive et sans concertation ni discernement de réduire la vitesse sur nos routes.

Exit ?
En formulant ainsi sa recommandation, le Sénat offre une porte de sortie honorable au gouvernement d’Édouard Philippe pour sortir de l’ornière provoquée par la mesure qu’il a portée et calmer la bronca des usagers de la route qui étaient nombreux le week-end dernier pour la contester.

Le Premier ministre saura-t-il saisir cette opportunité ? Réponse souhaitée avant le 1er juillet, date prévue pour l’application de la mesure.

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