Chevaucher une FZ8 prêtée et affutée par Yamaha France durant une journée entière... L’occasion était trop belle. Le temps d’une étape, Moto Magazine vous fait partager le Moto Tour vécu de l’intérieur grâce à Etienne, responsable des essais. Récit.
Au programme de l’étape Val-de-Rueil/Magny-Cours : 406 km de liaison, une base chrono (régularité), une spéciale sur circuit et une autre de nuit.
Départ. La pluie s’est invitée sur la ville... Les motos, rangées impeccablement dans le parc fermé, perlent à grosses gouttes. En deux secondes, le navigateur Tripy est installé sur le guidon, il sera notre fil d’Ariane sur les centaines de kilomètres de liaison à venir. La cabine de chronométrage passé, 25 minutes sont accordées pour relier le prochain CH (contrôle horaire), distant de seulement 25 kilomètres. Peu habitué au maniement du Tripy, attentif aux pneus neuf et à l’environnement, j’adopte un rythme trop lent. L’erreur ne pardonne pas, j’arrive avec 6 minutes de retard, soit 1 min 30 de pénalité. En seulement 25 kilomètres, l’addition est déjà salée.
La base chrono
Tenir les 60 km/h de moyenne sur 4 à 5 kilomètres, telle est le challenge à relever pour cette première épreuve. Les yeux rivés sur le compteur, en tenant compte de sa triche, me voilà lancé au milieu du brouillard. Les virages s’enchaînent et les doutes apparaissent. Trop vite ? Trop lent ? Sans compteur de vélo réglé « pile poil » pour ma machine, j’avance à l’aveuglette. La base chrono prend fin et je tends ma feuille de route. Difficile de savoir si on a réalisé une belle performance. En fin d’après-midi je découvre les 80 secondes de pénalité. Trop vite probablement !
Ce rallye a eu l’air de t’avoir emballé, si tu avais la possibilité de le faire en entier l’année prochaine, avec quelle machine le ferais-tu ? Et pourquoi ce choix ? Bonne route à tous !
Le charme des liaisons
Le brouillard est toujours aussi dense et je m’élance pour 215 km de liaison à travers la campagne. Très vite un phare apparaît dans mon rétro. C’est la Buell numéro 121 de Christian Zanchetta, un Grenoblois qui participe ici à son quatrième Moto Tour. Ensemble nous taillons la route, veillant l’un sur l’autre en cas de souci. Méconnaissable, ma FZ8 préparée par Yamaha France saute d’un virage à l’autre avec aisance. Fini les valses-hésitations des suspensions d’origine : les éléments Öhlins assurent. Les platines repose-pieds rehaussées et reculées offrent, elles, une excellente garde au sol. Quant à l’échappement Lazer, son moindre poids allège l’ensemble. Le soleil pointe le bout de son museau et nous nous rapprochons doucement du CH. Enfin arrivés. Christian me tend un bout de son sandwich. Prévoyante, son assistance l’attendait avec quelques victuailles. Merci à eux !
L’épreuve du circuit
Il est déjà 15 h 30 et nous nous plaçons sur la pré-grille détrempée du circuit nivernais. En tant qu’invité pour une journée seulement, je me retrouve derrière tout le monde. Quand le feu passe au vert, les 30 concurrents se ruent sur la première courbe. Profitant d’un placement idéal sur la ligne, je double avec prudence un maximum de pilotes, en passant par l’extérieur, les nouveaux Metzeler M5 assurant une surprenante adhérence. Au bout de 5 tours, j’assure une quarantième place (sur 156), certes loin des premiers, mais content tout de même vu les conditions climatiques.
Elle est où la piste ?
Dernier round : la spéciale de nuit sur le circuit de kart de Nevers. Disposant seulement de l’éclairage d’origine (face au multi Xénons des meilleurs), je m’élance dans le hurlement du 4-cylindres. Optimiste, j’aperçois tard une épingle à cheveux. Je tombe deux vitesses et part en dérive… Manquant au passage un petit détour par l’herbe. Le reste de la spéciale se fait les yeux écarquillés au maximum et priant de ne pas louper un virage comme le concurrent parti devant moi, qui fera deux tours de circuit contre un prévu initialement. Le charme de la nuit probablement. Au final, je laisse moins d’une minute aux plus rapides, sur seulement 4 kilomètres.
Bilan
Le Moto Tour est une épreuve exigeante pour qui vise le top 20. Elle est également coûteuse : un pilote s’entourant d’une assistance dépense 2500 € en moyenne (engagement compris). Mais les nombreux kilomètres à parcourir, les circuits de renoms et la diversité des spéciales composent un réjouissant cocktail. Pour les pilotes moins intéressés par le haut du classement, c’est aussi un moyen de (re)découvrir de chouettes paysages hexagonaux.
Etienne Garcin-Marrou - 01/10/2010
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