En marge de la présentation de la GSR-R 2012 sur le tourniquet d’Alès, Suzuki a eu la bonne idée de solliciter son team d’Endurance, le SERT. Fraîchement auréolé d’un titre de champion du monde, le SERT est venu avec son gros camion plein de bonnes surprises... Dont la GSX-R 1000 championne du monde 2011 !! Essai.
Déjà, posé le long des stands, maintenue par sa béquille d’atelier en alu ajouré, digne d’un cadre de MotoGP, la machine impressionne. Au premier coup d’œil, elle ressemble à une Gex’ de série bardée d’autocollants « qui font racing », mais à y regarder de plus près, elle n’as pas grand chose à voir avec une bête GSX-R sortie de caisse !
Outre toutes les petites touches techniques propres à une machine d’Endurance (disposition des organes pour limiter la casse en cas de chute, routage des durits, petits « trucs » de team rôdé à la discipline), c’est le train avant qui attise la curiosité. Fourche (du Showa racing), freins (du Nissin, tout aussi racing...), raccords hydrauliques « rapides », guides en alu massif pour dépose–repose rapide de la roue (Marchesini magnésium), le tout pour la modique somme de... 40.000 € (toussez, c’est permis). Le reste est à l’avenant et donne une envie irrépressible d’essayer la bête, puisque c’est permis !
Malgré l’excitation liée à un essai aussi particulier, les premières minutes font retomber le soufflé... la position de pilotage est une vraie torture, surtout pour mon mètre 90... Même Vincent Philippe (le pilote maison) m’avouera discrètement qu’on est loin du fauteuil club de son salon. Pour faire simple, on a le cul en l’air, les genoux dans les gencives, les talons dans les échappements et les bras écartés pour cause de bracelets « ouverts » à mort : ça promet...
La double ligne Devil (cocorico !), laisse échapper un râle de moteur de course, le tout baigné de vibrations bien viriles. Deux tours de chauffe et je commence à bousculer gentiment la belle (s’agirait pas d’hypothéquer mon bras en cas de gamelle...), qui révèle un moteur finalement pas si éloigné d’un propulseur de série question puissance (le team annonce 190 ch à la roue), mais tellement plus disponible. Ici, ça pousse en bas, au milieu, en haut, bref, ça pousse dès que le poignet droit s’énerve, avec une connexion poignée de gaz–roue arrière incroyable de finesse.
Ceci posé, le châssis, à l’étroit sur ce petit tracé (et réglé pour le circuit de Doha, au Qatar) demande de la poigne pour s’inscrire en courbes, surtout aux petites vitesses. Il faut donc « enrouler » le plus vite possible pour fluidifier les traj’ et rendre la moto moins contraignante. Mais le plus impressionnant reste le freinage, vraiment « extra terrestre » comparé aux meilleurs freinages de série. Deux doigts, une pression de rien et la moto semble s’enfoncer dans le tarmac d’Alès avec une stabilité de TGV, un pur régal !
Ah... le drapeau à damier m’informe que le tour de manège est fini et qu’il faut rendre le beau jouet à Monsieur Dominique Méliand (team manager du SERT). Je m’exécute en pensant à ce qu’aurait pu être cet essai sur un circuit rapide (Castellet, au hasard...), assurément l’endroit qui donnerait tout le loisir de jouir de l’excellence de cette championne du monde.
Axel Mellerin - 03/02/2012
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