La 4e édition de l’Enduropale du Touquet 2009 a été présentée lors d’une conférence de presse, le 3 février 2009. Alors que la hache de guerre semble enterrée avec les écologistes, la FFM prépare déjà l’avenir... revue de détails.
L’Enduropale du Touquet veut perdurer dans le temps. Et c’est avec cette idée maîtresse que la Fédération française de motocyclisme (FFM), accompagnée des acteurs institutionnels comme la Municipalité, le Conseil général du Pas-de-Calais et le club organisateur, a convoqué la presse dans ses locaux pour une conférence, le mardi 3 février 2009. Parmi tous les médias (TV, radio, journaux) seul le site motomag.com était présent pour représenter la presse moto Internet.
Le premier constat est plutôt réjouissant : « Pour la première fois depuis 10 ans, les écologistes n’ont pas attaqué l’arrêté Préfectoral (autorisant la manifestation, ndlr) », indique Daniel Fasquelle, le nouveau député-maire de la ville.
Depuis que la course ne passe plus dans les dunes, elles sont « désormais bien stabilisées », précise l’élu. « Bien que le travail de fixations des dunes par plantation d’oyats ait démarré il y a bien longtemps ». Mais le résultat est là, la ville du Touquet n’est plus envahie par le sable lors des fortes marées hivernales, « comme cela était le cas il y a une trentaine d’années ».
L’Enduropale du Touquet c’est avant tout des chiffres impressionnants avec pas moins de 1.800 concurrents (toutes catégories confondues), 1.580 personnes pour l’encadrement ( incluant les forces de l’ordre, les commissaires de piste etc...), 2 mois de préparation du terrain, 250.000 spectateurs (environ), un budget d’environ 380.000 euros (dont une participation du Conseil Général du Pas de Calais de 180.000 euros).
L’Enduropale doit durer, car « c’est un formidable ballon d’oxygène pour l’économie locale » précise Didier Hiel, le vice-président du Conseil général du Pas-de-Calais. « Sans cette manifestation, nombre de commerces locaux ne pourraient pas passer l’hiver. »
Enfin, la région mise beaucoup sur les J.O. de Londres de 2012. « La capitale britannique n’est qu’à 50 mn du Pas-de-Calais et nombre d’équipes vont s’entraîner chez nous, par manque de place. » Une occasion supplémentaire pour faire connaître Le Touquet et sa course d’enduro.
Cet hommage indirect rendu aux écologistes, l’ensemble des participants a tenu à désigner les axes de travail pour rendre cette manifestation pérenne, après son sauvetage in extremis en 2005. (À l’époque, déjà, seul le site motomag.com était présent lors de cette annonce.)
« Il faut qu’un plus grand nombre de pilotes étrangers viennent à la course du Touquet », explique Louis Lavall, le directeur de course. « En quad on a 17 nations de représentées, et le fait que Josh Fredericks, un champion de quad US, vienne au Touquet est un signe ! », continue-t-il. « En enduro, on assiste à l’arrivée d’un certain nombre de pilotes des pays de l’Est, comme la Russie, la Lettonie, la Pologne, l’Ukraine et la Bulgarie. »
Le Touquet connaît une bonne notoriété en Europe, mais c’est surtout le manque de « diversité mondiale » chez les pilotes étrangers qui chiffonne Louis Lavall : « C’est dommage, on avait contacté Carlos Guiral, un Argentin qui avait déjà participé au Touquet en 2008, mais il n’a pas pu se libérer pour une concordance de dates. Mais je ne désespère pas de faire venir des pilotes sud américains. »
Ça, c’est pour assoir la renommée internationale du Touquet.
« Nous avons acheté une moto électrique et nous sommes actuellement en train de la tester », indique Jacques Bolle, le président de la FFM. « Nous savons tous que les énergies fossiles ont une vie limitée, c’est pour cela que nous testons d’autres voies pour continuer notre passion qui est la moto. »
Ce n’est qu’une expérimentation, et aucun calendrier ni aucune décision ne sont encore arrêtés pour l’organisation de courses de motos électriques. Mais cette préoccupation montre bien que le Fédération française de motocyclisme a une vision de la compétition à long terme.
Un geste sera clairement fait en direction des jeunes enduristes. « Nous allons mettre en place le "Trophée Sand Boy" à destination d’un jeune de moins de 20 ans. Le vainqueur de ce trophée se verra offrir son engagement pour 2010. »
Y aura-t-il un classement Junior lors des futurs Enduropale ? « La question reste posée, et nous y réfléchirons une fois cette 4e édition passée », précise Louis Lavall.
Cette saison, un quaduro jeunes est proposé mais n’a malheureusement pas fait le plein : seuls 15 pilotes s’y sont inscrits. « Mais nous espérons bien doubler ou tripler ce nombre d’inscrits dans les prochaines éditions », indique Cécile François, une des attachés de presse de l’organisation.
Pour éviter les accidents (comme celui de Benjamin Schots en 2008) et rendre le circuit plus intéressant, des siphons et des « S » seront disposés tout au long des 17,3 km du circuit. Le tracé de ces siphons seront supervisés par David Hauquier, qui pour l’occasion a été bombardé « consultant ».
Mais la présence de ces siphons peut entraîner la formation de bouchons artificiels, « qui ont le don de mettre les nerfs des pilotes à rude épreuve », notamment en quad, explique ce pilote du Nord. C’est pourquoi il assistera à la construction d’un des siphons, avant de le valider. « On sait déjà que pour les quads, il faut que les virages soient plus larges. »
Mais David Hauquier bénéficie d’un véritable consensus sur son nom, il saura sans doute fédérer les avis des pilotes autour de lui. Bien entendu son titre de vainqueur de l’épreuve de 1997 va largement l’y aider.
Enfin, « comme il y a davantage de lignes droites sur la plage (depuis que l’on ne passe plus dans les dunes), il faut impérativement "casser" la vitesse des motos et réduire la moyenne horaire des machines. Si on y arrive, les concurrents devraient faire un tour de moins qu’en 2008 », précise le jeune retraité de l’enduro, qui va fêter ses 39 printemps au mois de mai.
Thierry Leconte - 04/02/2009
Considéré comme l’une des plus grandes courses moto au monde, l’Enduro du Touquet a beaucoup évolué depuis sa création en 1975. Qu’est devenue cette épreuve qui a pris le nom d’Enduropale ? A l’occasion de l’édition 2012 du 4/5 février, Moto Mag y consacre un dossier, avec quatre articles et une galerie de photos.
Créé par Thierry Sabine, l’Enduro du Touquet est devenu au fil des ans une course incontournable pour les amateurs de course sur sable. Après la mort de son créateur et le départ de la société ASO, c’est désormais la ville qui organise l’événement.
L’Enduropale est une course unique en son genre. Il y a des machines officielles, des pilotes de renom, mais surtout des pilotes amateurs qui viennent ici simplement pour vivre un après-midi inoubliable.
Bernard Baudoux est le président du moto-club local ETO (Enduropale Touquet Organisation) qui organise l’Enduropale. Il est aussi conseiller municipal du Touquet et directeur de l’épreuve. Malgré la lourde tache qui repose sur ses épaules tout au long du week-end, il a bien voulu répondre à nos questions.
Sur l’autoroute A16 qui mène au Touquet, une petite halte s’impose au niveau de l’aire de service « Baie de Somme ». C’est ici que la FFMC 80 a installé son Relais Calmos, avec grande tente, boissons, atelier mécanique et la chaleur des bénévoles.