Bilan occasion

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KTM 950 & 990 : fuites potentielles KTM 950 & 990 : circuit de frein KTM 950 & 990 : habillage sensible KTM 950 & 990 : hauteur de selle élevée

Surfant sur l’aura de ses succès en rallye-raid, KTM a réinvesti le créneau du gros trail originel, déserté petit à petit par la concurrence au profit de pseudo-GT. Campée sur ses roues de 21’ et 18’, l’Adventure se place en dévoreuse de piste avérée. Les versions Supermotard (Super Moto) et roadster (Super Duke) ont permis à la firme Autrichienne d’imposer son bloc « LC8 » comme une nouvelle référence dans le cercle très fermé des bicylindres européens. Sur route, ce triptyque de choc s’avère impérial, notamment sur itinéraires sinueux. Toutefois, le moteur au caractère « affirmé » et le châssis incisif requièrent une expérience confirmée pour révéler tout leur potentiel.

A surveiller :

Ne retenir les premiers millésimes de chaque version qu’à la seule condition qu’ils soient accompagnés d’un carnet d’entretien à jour, dans lequel sont consignées les interventions SAV consécutives aux rappels effectués. Ainsi, un clapet de reniflard a été modifié sur les premiers modèles de 990 Super Duke (2005). La marque a aussi procédé au remplacement de la bride de fixation de l’amortisseur de direction sur la 990 Super Duke R de 2007 (risque de rupture) et des durites de frein arrière sur l’Adventure 990 ABS (modèles 2006 et 2007).

Injection oblige, les modèles motorisés par le bloc « 990 » sont sensibles aux pots adaptables (qui requièrent une cartographie adaptée), surtout si ces derniers impliquent la suppression d’une sonde (risques de casse mécanique par surchauffe). Les à-coups au ralenti et autres creux à mi-régime sont d’ailleurs le signe d’une injection déréglée. Au démarrage, traquer tout bruit parasite en provenance du démarreur (risque de roue libre HS). Une commande d’embrayage excessivement dure ou imprécise (à-coups) est le signe d’une avarie du récepteur embrayage (fuite, axe faussé…) ou de la cloche (fixation desserrée ou cassée). Pour juger sereinement du caractère moteur, vérifier préalablement à l’essai la démultiplication adoptée car nombre d’utilisateurs ont modifié cette dernière (souvent en réduisant le Ø du pignon).

Cette modification peut d’ailleurs engendrer une usure prématurée des patins de guide-chaîne situés côté carter de sortie de boîte (chaîne « trop longue »), déjà fortement sollicités en temps normal (souvent en limite d’usure dès 20 000 km). Les articulations de partie-cycle (roulements de direction, roues, amortisseur…), bien que de bonne facture, peuvent avoir souffert prématurément (grondement et points durs possibles dès 20 000 km). Les vibrations conséquentes du LC8 peuvent malmener les soudures d’échappement (collecteur fendu) ainsi que la visserie, parfois dispersée sur la route…

Points faibles :

Dans toutes ses déclinaisons, le « Katoche » pâtit d’un rayon de braquage démesuré et d’une hauteur de selle importante (Adventure 88 cm, Super Moto 86,5 cm, Super Duke 85 cm), ce qui ne facilite ni les manœuvres, ni les évolutions en milieu urbain.

Quel que soit le modèle, les utilisateurs sont unanimement (et intimement…) agacés par le rembourrage « en béton armé » de la selle. Si les qualités dynamiques ne sont pas critiquées (voir Points forts), de nombreux utilisateurs déplorent que l’abondance de réglages rende complexe les accords des trains roulants et regrettent de ne pas avoir trois ou quatre configurations préréglées à disposition pour faciliter les manipulations (par exemple : route, sport, duo, montagne…). Cela leur éviterait aussi d’être confrontés à des imprécisions parasites de la tenue de route (surtout sensibles sur les Super Moto et Super Duke).

L’instrumentation des premières versions déplaît, tant pour son manque de lisibilité que pour son côté « jouet de pacotille ». Le manque d’aspects pratiques n’est sans doute pas le principal critère de raillerie des propriétaires. Mais à l’épreuve du quotidien, l’exiguïté du compartiment sous la selle ou l’implantation des silencieux qui limite les possibilités de chargement deviennent plus que de simples détails…

Points forts :

Quelle que soit la version, les qualités louées par les utilisateurs restent constantes. Le moteur, à la fois souple, vif et puissant, rallie tous les suffrages. La tenue de route est elle aussi l’un des atouts de l’autrichienne. La précision du châssis (bien réglé, voir Points faibles) permet en effet toutes les excentricités, tant sur route que sur circuit pour les nombreux amateurs qui tentent l’expérience. Le freinage est unanimement apprécié, surtout par les possesseurs de SuperDuke qui le jugent « carrément diabolique » (disques Ø 320 mm, étriers à 4 pistons).

Quelques bûcherons vosgiens s’avouent ravis des aptitudes en TT de l’Adventure (les plus musclés ont même craqué pour la très confidentielle 950 Super Enduro !). Enfin, chacun se plaît à souligner la qualité « perçue » que dégage leur engin, jusque dans les moindres détails. Un équipement de qualité (sabot moteur, guidon Magura, durites de frein tressées, axes de roues en aluminium, suspensions WP…) et une finition léchée qui font l’unanimité. Cette satisfaction n’est d’ailleurs pas seulement subjective car elle se confirme par la bonne résistance au vieillissement constatée (voir « À surveiller »).

Au baromètre de l’occasion :

Faiblement diffusés mais profitant d’une image de marque en hausse, les twins KTM sont assez recherchés et la tendance n’est pas à la sous-cote. Le phénomène est accentué par la tendance stunt sur la Super Duke (jusqu’à +15 %). Les meilleures affaires se font donc sur l’Adventure, plus ancienne et moins courue que la Super Moto. Toutefois, la cote reste un plancher de négociation difficile à percer !

Délai de revente : 1 à 2 mois

Premier prix en occasion : 6 200 €

Exemplaires immatriculés : 1 265

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