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Motomag.com : Vous dites souhaiter que la sécurité routière reste un dossier interministériel, pourquoi ?

Frédéric Péchenard : Les causes d’accident sont multifactorielles. La sécurité routière relève de l’action sur les véhicules, avec l’ABS, l’amélioration de la tenue de route, l’airbag ; mais il faut également agir sur les infrastructures routières et, enfin, sur le comportement des conducteurs, avec un volet préventif et un volet répressif. Ce travail inclut un nombre considérable de ministères : Justice, Intérieur, Ecologie, Education… Cette politique ne peut avoir de chance d’aboutir que si elle est interministérielle.

Motomag.com : Le rattachement de la Direction à la sécurité et à la circulation routières (DSCR) au ministère de l’Intérieur signifie que la répression prime ?

Frédéric Péchenard : Pas du tout, mais c’est l’Intérieur qui a en main les leviers prioritaires : police et gendarmerie. Au sein de la délégation interministérielle, nous ne faisons pas de répression mais de la prospective et de la prévention. Les forces de l’ordre, par leur présence sur la route, font également de la dissuasion. Une politique de sécurité routière doit être équilibrée entre prévention, répression et éducation. Ce sont les trois piliers.

Motomag.com : Il va y avoir de nouveaux radars sur les routes, jusqu’à 4.250 en 2013. Constituent-ils l’essentiel du dispositif de sécurité routière en France ?

Frédéric Péchenard : Il n’y a pas de solution unique. Nous ne déployons pas les radars à l’infini, nous modernisons le parc. Les premiers appareils, installés en 2003, sont vieillissants. Les nouveaux sont plus performants. Les radars discriminants permettent de distinguer une voiture d’un poids-lourd. Or, les poids-lourd représentent un danger important. Quant aux radars tronçons, ils évitent, dans une zone dangereuse, le coup de frein avant la cabine et l’accélération après.

Motomag.com : On reproche aux radars tronçon un problème d’homologation…

Frédéric Péchenard : Il nous a été reproché, à l’été, de ne pas avoir diffusé l’homologation au Bulletin officiel. Or, nous l’avons fait dans un délai de 2 mois, alors que le délai légal est de 4 mois. Nous étions dans les temps.

Motomag.com : Toutes les immatriculations enregistrées par ces radars, cela va-t-il constituer un fichier supplémentaire ?

Frédéric Péchenard : Non, les données relatives aux véhicules qui ne sont pas en excès de vitesse ne seront pas enregistrées. Nous avons obtenu l’autorisation de la Cnil(Commission nationale informatique et liberté) sur ce dispositif.

Motomag.com : Vous êtes vous-même motard. Sur quelle machine roulez-vous ?

Frédéric Péchenard : Sur un scooter Yamaha X-Max 125. J’ai le permis A, j’ai possédé un tas de motos et j’ai réussi l’habilitation moto de la Police Nationale, à l’école de Rungis (94)

Motomag.com : Quel modèle vous a particulièrement marqué ?

Frédéric Péchenard : La Yamaha XT500. C’était ma moto, mais on me l’a volée. Avec l’argent de l’assurance, j’ai acheté une 250, que j’ai gardée quelques années et ensuite je suis passé au scooter. Compte tenu du fait que je travaille en costume, c’est plus pratique.

Motomag.com : Venons-en aux mesures propres aux deux-roues motorisés (2RM). Quand sera légalisée la circulation inter-files ?

Frédéric Péchenard : Je ne vais pas vous faire beaucoup de confidences aujourd’hui. Comme vous le savez, le préfet Régis Guyot a été chargé d’une mission relative à la circulation inter-files. Il rendra son rapport à la fin du mois d’octobre. Je ne sais encore ce qu’il contient. Mais la concertation a été menée très sérieusement. Donc, je m’appuierai sur ce document pour proposer au CNSR (Conseil national de sécurité routière), puis au CISR (Comité interministériel de sécurité routière), un certain nombre de décisions.

Motomag.com : Très bien, mais pensez-vous qu’il y ait une volonté politique d’aboutir sur ce dossier ?

Frédéric Péchenard : Sans aucun doute. Je ne suis pas anti-2-roues. Dans une ville comme Paris, le 2-roues c’est la liberté face aux embouteillages. Il n’en demeure pas moins un moyen de transport extrêmement dangereux. Il faut trouver des moyens de faire baisser cette accidentalité. Je n’ai pas d’a priori, j’observe. Nous attendons le rapport du préfet Guyot, et la décision appartient aux politiques.

Motomag.com : Autre mesure sensible, le port d’un brassard rétro-réfléchissant, obligatoire en janvier 2013. Comptez-vous abroger le décret ou repousser la mesure, comme l’éthylotest ?

Frédéric Péchenard : Le décret est mis en application. Au 1er janvier, il faudra porter un brassard rétro-réfléchissant. Je ne suis pas inquiet : la plupart des vêtements spécifiques, voire des vêtements de pluie, portent une petite bande réfléchissante, ce qui pourra suffire.

Motomag.com : Mais le décret va rester ? Vous ne craignez pas les manifestations de motards ?

Frédéric Péchenard : Il va probablement rester. Dans mes précédentes fonctions, j’étais attaché au dialogue social. Là, je serai attaché au dialogue avec les associations. C’est pour cette raison que nous réactivons le CNSR (Conseil national de sécurité routière). Son président sera nommé par le ministre de l’Intérieur. Pour les motos, je vous donne un scoop, il y aura deux voix, la Fédération Française des Motards en Colère (FFMC) et AXA-Club 14.

Motomag.com : Quand se réunira-t-il ?

Frédéric Péchenard : Avant la fin de l’année, j’espère. Nous créerons des groupes de travail et proposerons des solutions, même si je ne suis pas favorable à la multiplication des mesures. Regardez l’obligation de l’éthylotest, c’était une mesure réfléchie, mais nous repoussons la verbalisation.

Motomag.com : Cette obligation n’est-elle pas le fruit du lobbbying des fabricants d’éthylotest ?

Frédéric Péchenard : Il y a en permanence des professionnels et des associations qui défendent leur bifteck. Mais la décision a été prise par un comité interministériel de sécurité routière (CISR). Nous ferons une nouvelle évaluation de cette mesure. Si elle est efficace nous la garderons, si elle ne l’est pas, le ministre de l’Intérieur décidera de l’abroger. L’éthylotest, ce n’est pas très contraignant.

Motomag.com : Le brassard rétro-réfléchissant l’est plus pour les motards…

Frédéric Péchenard : Oui, sauf si le réfléchissant est intégré à un vêtement. La plupart des équipementiers l’ont compris. Peut-être pourrait-on dire : « c’est ça ou un gilet jaune dans la moto ». Le problème de visibilité du motard ne se situe pas quand on roule, mais quand on est arrêté sur la bande d’arrêt d’urgence, en cas de panne ou d’accident. Il y a beaucoup de drames à moto, l’intérêt des conducteurs est d’être vu et de porter des équipements adaptés afin de réduire les risques de blessure. Nous évaluons l’obligation de porter un équipement ou d’inciter fortement à porter un équipement. Pour l’instant, rien n’est arrêté en ce qui concerne les 2-roues.

Motomag.com : Qu’entendez-vous par « forte incitation » au port d’un équipement ?

Frédéric Péchenard : Cela peut être une incitation financière avec une réduction de la TVA ou une réduction sur la prime d’assurance.

Motomag.com : Vous travaillerez sur ces mesures avec les associations, en 2013 ?

Frédéric Péchenard : Des mesures devraient être décidées lors d’un CISR qui devrait se tenir au premier semestre 2013.

Motomag.com : Le poste de délégué sécurité routière du gouvernement est-il une sanction, après votre fonction précédente ?

Frédéric Péchenard : J’ai été policier pendant trente ans, j’ai terminé ma carrière par le plus beau poste dont un policier puisse rêver, directeur général de la Police Nationale, durant cinq ans. Le président Nicolas Sarkozy m’avait nommé pour des raisons qui lui appartenaient. Pour des raisons qui lui appartiennent, le nouveau président n’a pas souhaité que je continue dans mes fonctions. Le ministre de l’Intérieur m’a demandé ce qui m’intéressait, j’ai sollicité la Direction à la sécurité routière. Le sujet m’intéresse, de même que le caractère interministériel. Désormais, je ne suis plus policier mais préfet. J’ai encore dix ans de carrière, mon premier poste de préfet sera celui de délégué interministériel à la sécurité routière, et cela me plait beaucoup.

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