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Classification des véhicules : version 2012 Classification des véhicules : version 2016 Les vignettes Crit’Air, deuxièmes du nom Les vignettes Crit’Air, premières du nom

Paris est habituée aux embouteillages, elle va s’abonner bientôt à un étonnant cafouillage, né de dissensions politiques entre son équipe municipale et celle du ministère de l’Environnement ! D’un côté la Ville de Paris maintient son souhait d’interdire la circulation aux deux-roues motorisés (2RM) au 31 mai 2000 dès le 1er juillet 2016 ; de l’autre le ministère de l’Environnement n’a toujours pas publié le nouvel arrêté de classification des véhicules en fonction de leurs émissions polluantes.

Confusion sur les dates de mise en circulation
Petit rappel. Comme Motomag.com l’annonçait le 18 février, le ministère de l’Environnement souhaite revoir la classification des véhicules à moteur en fonction de leurs émissions polluantes, et jeter aux orties celle du 31 mai 2012… sur laquelle la Ville de Paris s’est appuyée pour mettre en place son propre plan d’interdiction !

La nouvelle classification envisagée par le ministère range dans une seule et même catégorie tous les 2 et 3-roues à moteur antérieurs au 31 décembre 2006 (répondant à la norme Euro 2 et avant). A contrario, la nomenclature de 2012 faisait un distinguo entre les deux-roues antérieurs au 31 mai 2000 (groupe 1 étoile) et ceux mis en circulation entre le 1 juin 2000 et le 30 juin 2004 (groupe 2 étoiles).


Ce Four sera interdit de droit de cité dans 3 mois selon les dires de Paris.

Confusion sur les vignettes
La coexistence de ces deux nomenclatures pose de très sérieux problèmes, ayant une incidence directe sur les vignettes écologiques Crit’Air sur lesquelles les pouvoirs publics comptent s’appuyer pour faire appliquer les interdictions de circulation.

En lieu et place des sept vignettes initialement prévues, correspondant à la classification de 2012, le ministère de l’Environnement vient de publier sur son site une série ne comportant plus que quatre vignettes, correspondant à sa nouvelle nomenclature. Comme si celle-ci était déjà actée alors qu’aucun règlement n’est signé…

« On l’attend depuis des mois », regrette la Ville de Paris. Car, en l’absence de vignette, comment savoir à quelle classe appartient tel ou tel véhicule et s’il a ou non le droit de circuler… Là est le cafouillage !

Petite indication au passage : les vignettes, qui permettront aux forces de police d’identifier la classe de chaque véhicule, seront offertes lors des six premiers mois de leur mise en service. Beau cadeau. Ensuite il faudra débourser 5 euros pour en avoir une !

Interdiction de circuler maintenue à Paris
Paris va-t-il pour autant freiner ses ardeurs en matière de restriction de circulation ? Pour l’instant, l’interdiction de circulation au 1er juillet 2016 est à l’état de vœu émis par le Conseil de Paris. Il faut le transformer en décret ou arrêté municipal pour qu’il puisse être appliqué, ce qui peut être très rapide.

Les élus parisiens, Anne Hidalgo et son adjoint chargé des Transports Christophe Najdovski en tête, souhaitent aller vite voir leur plan antipollution mis en place comme ils l’entendent, au 1er juillet. Il en va de leur crédibilité politique. Et tant pis pour les vignettes !

« Dès lors que le décret de la Ville sera signé, nous mettrons en place les interdictions même si nous préférerions avoir les outils (les vignettes) qui ne seront sans doute disponibles qu’en 2017, souligne un employé de la mairie de la capitale. Nous avons déjà mis en place les restrictions pour les autocars et les camions (en 2015). Comme quoi, même sans vignette ça reste possible. »

Certes, sauf qu’en l’absence de ces autocollants, bien chanceux le policier qui saura faire la différence entre une moto « infractionniste » datant de 1999 et une moto légaliste de 2001. D’autant que de nombreux modèles, produits au tournant du siècle, ne se distinguent en rien visuellement alors même qu’ils ne répondent pas aux mêmes normes antipollution. On pense par exemple au Honda CB 500, mais aussi au Monster, au NTV, au SV…

Contrôles de carte grise
La Ville de Paris évoque alors des « contrôles aléatoires de carte grise » pour faire respecter ses restrictions de circulation. La municipalité compte également sur la « responsabilité des usagers parce qu’on ne peut évidemment pas mettre un policier derrière chaque motard ou automobiliste ».

17 euros d’amende
De son côté le ministère parle d’un « téléservice » pour l’obtention de sa vignette, téléservice que nous ne sommes pas parvenus à dénicher sur la Toile. Un seul point semble avoir réellement avancé depuis février : le montant de l’amende pour les contrevenants. Il devrait être, selon la Ville de Paris, de 17 €.

Une information que la préfecture de police n’a pourtant pas été en mesure de confirmer. « Rappelez-nous à 15 jours de la date butoir (sic !) pour avoir des précisions, répond-elle. Pour l’instant c’est trop tôt. Évidemment nous préfèrerions avoir connaissance de cette information dès aujourd’hui. Ce serait quand même plus commode pour nous aider à mettre en place ce dispositif. »

Appel à manifester
Le cafouillage est donc réel et, dans l’attente d’une entente entre ministère et municipalité, les motards pourraient voir l’interdiction, planant donc désormais sur les motos d’avant 2007, reportée à Paris. Mais ce n’est pas ce qu’ils souhaitent. Ce que demande la Fédération Française des Motards en Colère (FFMC), c’est que motos et scooters soient tout simplement exclus des interdictions de circulation. Son antenne parisienne a expliqué pourquoi dans un courrier au Premier ministre, Manuel Valls.

Les Motards en colère montrent une détermination sans faille pour lutter contre cette forme d’« écologie punitive ». Ils appellent à manifester les 16 et 17 avril prochain.

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