Les usagers en deux-roues n’ont pas tardé à réagir à la campagne répressive dont ils font l’objet sur le périphérique ceinturant la capitale. L’antenne parisienne de la FFMC organise une manifestation, samedi 26 mars. Les Motards en colère répondent au commandant…
Forte de ses compétences juridiques, la FFMC apporte également une réponse réglementaire aux affirmations du commandant Tiran. Celui-ci expliquait, dans une interview exclusive à Motomag.com, qu’il ne faisait « qu’appliquer le Code de la route ». Jean-Raphaël Altabef, un avocat spécialisé membre de la Commission juridique de la FFMC et de la FFMC-PPC, répond point par point aux autorités, dans une lettre ouverte adressée à la préfecture de police de Paris.
Ses principales observations sont les suivantes (lire la lettre ouverte, en photos ou à télécharger - colonne de droite) :
Aucun texte n’interdit la pratique de la circulation entre les files.
Le Code de la route n’envisage à aucun moment qu’il ne puisse y avoir qu’un seul véhicule par voie de circulation.
Verbaliser le dépassement par la droite, dans le cadre de la circulation des 2RM entre les files de 4RM, est illégal.
Pas un véhicule ne respecte la distance de sécurité sur le périphérique. En effet, d’après le Code de la route, elle est de 28 mètres, pour tout véhicule roulant à 50 km/h. En conséquence de quoi, ne verbaliser que les 2RM pour cette infraction relève d’une forme de discrimination.
"la FFMC apporte également une réponse réglementaire aux affirmations du commandant Tiran" Arf ! Vraiment bien nommé, le chefaillon flic du périf... Ca s’invente pas !
Communiqué de la FFMC du 23/03/11
Le 21 mars, le ministre de l’Intérieur a reçu les associations dites de « sécurité routière ». N’étant pas considérée comme telle malgré ses trente années d’actions et son expertise reconnues pour améliorer la sécurité des usagers casqués, la Fédération française des motards en colère (FFMC) n’a évidemment pas été invitée… mais les motards ont été ciblés, comme d’habitude !
Ça suffit ! En annonçant toujours plus de répression, en feignant d’ignorer les travaux en cours au sein de la concertation nationale sur le deux-roues motorisés (2RM) à laquelle la FFMC participe activement, en se montrant aux côtés d’associations qui ont fait de la criminalisation des conducteurs leur fond de commerce, le nouveau ministre de l’Intérieur Claude Guéant est à côté de la plaque ! Comme ses prédécesseurs, il choisit d’appliquer la manière forte en mettant les conducteurs sous une pression policière et judiciaire de plus en plus intolérable sans pour autant obtenir de résultats puisqu’il paraît que les bilans de sécurité routière ne sont pas bons.
Sur le terrain, les forces de l’ordre menées aux quotas de PV à dresser à l’encontre des usagers à cyclomoteur, à scooter et à moto multiplient les verbalisations abusives. Les points de permis sautent pour des motifs mineurs sans rapport avec les risques routiers réels, et alors que nos propositions concrètes pour améliorer notre sécurité ne sont toujours pas prises en compte… Quand la mortalité routière baisse, on nous dit que c’est grâce aux radars et quand elle ne baisse plus, on nous dit que c’est parce qu’il n’y a pas assez de radars…
Au final, seuls comptent la culture du chiffre et les effets d’annonces de politiciens en campagne, gaz à fond pour leur réélection. Ça suffit ! Si Claude Guéant cherche la confrontation, il va l’avoir. Le 26 mars prochain, les antennes FFMC de la région parisienne organiseront des rassemblements… d’autres formes d’actions sont d’ores et déjà programmées sur l’ensemble du territoire.
Monsieur Guéant ne veut pas nous écouter, mais il va nous entendre.
Maître Altabef s’appuie, pour étayer son propos, sur les cas qu’il défend, avec succès, devant les juridictions de Paris et de la proche banlieue. Car, et c’est là un problème, il est conseillé aux usagers « pris par la patrouille » de contester devant un tribunal. S’ils sont conseillés par un avocat spécialisé dans ces questions, ils ont de grandes chances d’obtenir l’annulation de leur amende.
« Comment peut-on se contenter de répondre à une situation aussi sensible juste en agitant le Code de la route », s’interroge France Wolf, membre du bureau national de la FFMC. « Surtout qu’à lire notre avocat, les tribunaux n’en ont pas la même interprétation ! Monsieur Tiran veut-il bien nous expliquer ce qu’il se passerait demain matin, si tous les 2-roues qui circulent entre les files ne le faisaient plus ? Si chacun d’eux prenait sa voiture ? Va-t-il nous répondre, comme le fit Madame Merli (déléguée du gouvernement à la Sécurité routière), que nous n’avons qu’à prendre les transports en commun ? »
Le commandant Gilles Tiran affirmait, dans l’interview, qu’il visait les comportements excessifs des conducteurs à deux-roues. « Il en est de même dans les files ou lors des changements de file de la part de 4 roues ou plus, répond France Wolf. Les motards prennent en compte, depuis longtemps, les excès de certains d’entre eux. Pour cette raison, nous prônons la légalisation de la circulation inter-files. Elle pourrait ainsi être enseignée dans les auto et les moto-écoles. Cela fera prendre conscience des risques inhérents à cette pratique aux ignorants. La seule répression n’enseigne rien à celui qui en est "victime". Au contraire… et ça fait 30 ans que nous le disons. »
Enfin, la FFMC demande à ce qu’on accélère la fameuse expérimentation de circulation inter-files. « L’expérimentation, elle a lieu tous les jours sur le périph et ailleurs, et elle nous démontre notamment que rouler dans la file est très dangereux pour nous, car comme chacun le sait, aux heures de pointe, il est utopique de parler de distances de sécurité sur le périphérique, explique France Wolf. Lorsqu’un 2 roues est suivi par une voiture ou un camion à 3 mètres, il est facile d’imaginer ce qui se passera en cas de freinage brusque. »
« On nous dit qu’on ne peut modifier le Code de la route sur un point qui fait débat, note France Wolf. Mais le Code de la route vient d’être modifié pour les cyclistes ! Ils "grillaient" les feux en tournant à droite parce que c’était moins dangereux pour eux ; ils le font désormais dans le respect du Code de la route. Pourquoi deux poids et deux mesures ? Cette répression aveugle, sans prendre en compte les contraintes réelles, ne supprimera pas la circulation inter-files. Elle va créer un mouvement de révolte que la FFMC soutiendra et organisera. »
Samedi 26 mars, les motards seront aux côtés des FFMC locales pour dénoncer cette répression qui ne résout rien et stigmatise les 2RM qui, dans les embouteillages urbains, ne sont pas un problème mais une solution !
Verbalisé pour "remontée de file" sur le périph ? Faites valoir vos droits et conservez la lettre de Maître Altabef dans votre portefeuille ! Lettre à télécharger (PDF, 3 pages) dans la colonne à droite de l’article, dans "Compléments".
Nicolas Grumel - 23/03/2011
Les premiers décrets tombent pour imposer les Zapa dans plusieurs villes tests. Interdisant les motos et scooters anciens dans les centres villes. Grenoble fait partie des villes concernées. La FFMC locale suit le dossier de près et s’oppose à l’expérimentation… et en découvre de biens belles !
La circulation inter-files, vous pratiquez depuis des années ? Eh bien le gouvernement, lui, met des années à envisager la légalisation de cette pratique sur les voies urbaines. Du coup, les tenants de la sécurité routière, risquent de ne jamais voir le résultat de leur travail...
C’est parti ! Deux décrets concernant le projet Zapa (zones d’aménagement prioritaires pour l’air) ont été publiés le 20 février dernier. À la clé, des interdictions de circulation dans certaines villes pour les véhicules les plus polluants, dont les deux-roues motorisés d’avant 2004. Restons mobilisés !
L’autorisation de la circulation interfiles revient dans l’actualité, relancée par des propos positifs du ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, le 10 novembre. Attention, cette autorisation, si elle intervient, ne sera pas sans contrepartie…
Le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, était auditionné, le 12 octobre à 17h30, par la mission d’information parlementaire sur les accidents de la route. Surprise, il a indiqué que la circulation interfiles des motards méritait d’être regardée avec intérêt.