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motomag.com
Défense de la moto

Inauguration du premier radar automatique

Deux ministres ont procédé, le 27 octobre 2003, à la surréaliste inauguration du premier des 70 radars automatiques fixes, sur la N20 à La Ville-du-Bois (Essonne), devant une foule de photographes. Attention, la caméra est orientée vers l’arrière, et flashera aussi, à partir du 1er novembre, les motos.

 
 
Inauguration du premier radar automatique

Nicolas Sarkozy, ministre de l’Intérieur, Gilles de Robien, ministre des Transports et Rémy Heitz, délégué interministériel à la Sécurité routière, s’étaient donné rendez-vous, le 27 octobre 2003 en fin d’après-midi, sur le bord de la Nationale 20 à La Ville-du-Bois (Essonne), pour une sauterie organisée en l’honneur d’une jolie boîte métallique toute neuve...
- Ils avaient invité des amis, préfets et autres directeurs de service technique de l’Etat, et quelques photographes ou cameramen pour immortaliser l’instant.
- L’événement à l’origine de cette conférence de presse surréaliste valait-il un tel « ramdam » ?
- C’est que la boîte métallique star d’un jour contient le premier des 70 radars automatiques fixes installés sur le bord des routes de l’Hexagone avant la fin de l’année 2003.

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On peut dire que les radars permettent d’économiser des vies humaines car la mortalité a été divisée par deux depuis l’implantation du premier radar. En sachant qu’un mort coûte 120 000 € à l’état (au contribuable) un radar ne coûte que 60 000€, on ne sait pas toujours où est la pompe à fric annoncée par (...)

Les zones d’implantation

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Les radars seront implantés dans des zones « accidentogènes », mais ne serait-il pas judicieux d’améliorer l’infrastructure de ces zones ? Pour rappel un radar automatique coûte 80.000 Euros

« Les radars étant destinés à sauver des vies, ils seront mis en place dans des zones accidentogènes », s’est empressé de préciser Nicolas Sarkozy. Selon le dossier de presse remis lors de l’inauguration du premier d’entre eux, quatre critères en déterminent l’emplacement, le nombre d’accidents et le taux en fonction du volume et du trafic, les sites à risques particuliers, notamment les tunnels, et une énigmatique « logique de répartition des contrôles sur les grands axes ».

Logiques, les contrôles ? Peut-être. Mais si un nombre élevé d’accidents sur un point précis est dû à une mauvaise infrastructure, ce n’est pas en verbalisant qu’on résoudra le problème. La preuve, avec la description du site accidentogène de la N20 à La Ville-du-Bois, le dossier de presse explique que « cette nationale, avec un trafic de 60 000 véhicules/jour, présente un profil hétérogène, avec une section à caractéristique autoroutière incluant des chaussées séparées, mais avec une zone urbaine, de nombreux accès riverains et plus loin des feux tricolores ».

Il est même précisé que « l’on y constate de nombreux excès de vitesse commis par des motards ». Pourquoi fustiger là une population d’usagers particulière ? Cette remarque est discriminatoire. Mais à aucun moment on n’envisage que l’infrastructure en elle-même soit modifiée. Pourquoi ne pas transformer la N20 en véritable voie rapide (limitée à 110 km/h) protégée ou, au contraire, de créer de vraies intersections à feux tricolores ? Evidemment, dans cette optique, l’Etat dépenserait plus d’argent qu’il en gagnerait..

En Angleterre, les réactions des conducteurs locaux sont beaucoup moins "soft" qu’en France. Il est vrai qu’ils sont beaucoup plus pressurés avec 4000 radars automatiques !

voirspeedcam.co

Pour lire les réactions de la FFMC

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Radars - Radars - Sécurité
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Les voilà donc, ces fameux radars automatiques, destinés selon le gouvernement à améliorer la sécurité routière. Une boîte métallique « blindée et sécurisée à l’aide de mécanismes anti-intrusion et anti-vandalisme », explique le dossier de presse. De chaque côté de la boîte est aménagée une fenêtre pour la sonde de mesure, une autre pour la caméra et une dernière pour le flash. Installée sur un terre-plein central d’autoroute, elle peut ainsi contrôler les deux sens de circulation. Le radar de la N20 est, lui, placé à droite de la chaussée, derrière un pilier de pont et orienté de manière à prendre l’arrière des véhicules dans le sens Paris-Province. Les motards ne seront pas épargnés.

Le dispositif développé par la société SAGEM fonctionne selon le principe Doppler : un radar mesure la vitesse du véhicule et le compare à un seuil. Si le seuil est dépassé, la photo est prise, puis directement envoyée par liaison numérique à un central. L’identification du propriétaire par la plaque d’immatriculation se fait automatiquement et l’amende est envoyée par courrier au titulaire de la carte grise. Le seuil de vitesse a été fixé, sur la N20, à 75 km/h pour une vitesse limitée à 70 km/h. « Les radars automatiques auront une tolérance de 5 % pour les limitations de vitesse supérieures à 100 km/h, et de 5 km/h pour les limitations inférieures à 100 km/ », explique Rémy Heitz. Ainsi, pour 130 km/h sur autoroute, il ne faudra pas dépasser 136,5 km/h, ce qui ne laisse pas beaucoup de marge ! Le système fonctionne de jour comme de nuit, mais on ne connaît ni la cadence maximum de prise de vue (en cas de trafic dense), ni la qualité des clichés en cas de pluie ou de neige. La plaque sera-t-elle lisible dans ces cas-là ? Pour l’instant, mystère.

« Ce n’est pas un piège. L’objectif n’est pas de piéger les usagers puisque la carte d’implantation des radars est dévoilée, expliquait Nicolas Sarkozy. « Il s’agit bien d’un dispositif de sécurité routière. » Dans le principe du contrôle-sanction automatisé, le piège ne se situe pas au niveau du radar mais du principe de consignation, c’est-à-dire que le titulaire de la carte grise doit régler son amende avant de pouvoir protester. La Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) a émis un avis favorable au projet, même si elle a recommandé que le titulaire du certificat d’immatriculation du véhicule en infraction puisse avoir accès, dès la réception de l’avis de contravention, à l’ensemble des informations le concernant, y compris le cliché représentant le conducteur. Ce ne sera pas toujours possible, certains radars flashant par l’arrière. Mais, le supposé contrevenant ayant de toutes façons payé avant de contester, il sera difficile pour lui de le faire ensuite, là est la redoutable efficacité du système mis au point.

1 000 radars automatiques fixes seront mis en place d’ici à 2005. Et les gendarmes, que feront-ils s’ils ne sont plus occupés à observer le trafic derrière leurs jumelles ? « Les hommes seront redéployés vers d’autres types de contrôles, comme l’alcoolémie, le port de la ceinture de sécurité ou l’utilisation du téléphone au volant », précise encore Rémy Heitz.

Comme le montre la couverture médiatique de cet « événement », le gouvernement a réussi à focaliser l’attention sur ce qui ne reste qu’un simple dispositif de contrôle. Pendant ce temps, peu de médias évoquent la carence de moyens pour la sécurité routière à l’école, la prévention ou l’aménagement d’infrastructures dangereuses. C’est plus complexe que d’installer une grosse boîte sur le bord de la route.

Nicolas Grumel

Opérationnels dès le vendredi 31 octobre !

Le radar de la N20 fonctionne depuis lundi 27 octobre mais des tests sont effectués jusqu’au vendredi 31 et les premiers PV seront envoyés à partir du samedi 1er novembre 2003. D’autres dispositifs seront opérationnels le même jour sur l’A12 à Bois d’Arcy et à Rocquencourt (Yvelines) et, en province, sur l’A10 à Poitiers, sur une autoroute urbaine lilloise ainsi qu’à Amiens. 70 radars seront installés avant la fin de l¹année. La carte d’implantation de ces dispositifs de contrôle fixes est disponible sur le site Internet de la Sécurité Routière. Petit conseil, ne pas prêter attention qu’aux seuls radars automatiques fixes. 30 véhicules banalisés équipés en matériel numérique circuleront en France avant la fin de l’année. Quant aux fameuses « jumelles » posées sur des trépieds, très pratiques pour se cacher derrière un buisson ou un panneau de signalisation, les gendarmes ne les abandonneront pas de sitôt, même si priorité sera donné aux contrôles d’alcoolémie. Certaines brigades cacheront peut-être un tel dispositif de contrôle quelques centaines de mètres après le radar automatique fixe signalé par un panneau. Gare, donc, à la remise de gaz intempestive après avoir respecté la limitation..

Nicolas Grumel - 29/10/2003

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